Avec le CISSS Chaudière-Appalaches
À Saint-Georges, des élèves découvrent les métiers de l’ombre du réseau de la santé
À l’Hôpital de Saint-Georges, une journée carrière organisée ce vendredi 23 janvier par le CISSS de Chaudière-Appalaches a permis à des élèves du secondaire de la Beauce de découvrir des métiers de la santé moins connus, mais essentiels au fonctionnement du réseau.
L’initiative visait à faire connaître, sur le terrain, les professions liées aux services diagnostiques, dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre et de choix de carrière imminents pour plusieurs jeunes de la région.
Invités à participer à un parcours immersif, les visiteurs ont pu circuler à l’intérieur du centre de prélèvement, des laboratoires et des différents secteurs d’imagerie médicale, incluant l’échographie, la radiologie, le scanner, l’IRM et la médecine nucléaire. L’activité s’adressait d’abord aux élèves du secondaire, mais aussi aux personnes en réflexion ou en reconversion professionnelle.
Pour Mélanie Bernard, directrice adjointe au sein de la direction de la cancérologie, des soins palliatifs et des services diagnostiques, l’objectif était clair. « Ce sont des métiers qui ont beaucoup moins de visibilité que d’autres. Ce sont des travailleurs qui travaillent dans l’ombre, comme les technologistes médicales dans les laboratoires », explique-t-elle. Selon elle, il est crucial d’intervenir avant l’entrée au cégep. « On souhaitait travailler en amont du choix de carrière. Si on travaille auprès des cohortes qui sont déjà à l’étude au cégep, il est trop tard. On veut rejoindre les jeunes du secondaire pour leur faire connaître ces métiers essentiels, mais moins connus que les médecins ou les infirmières. »
Les professions mises de l’avant touchaient cinq techniques distinctes: technologiste médicale (analyse biomédicale), technologiste en radiodiagnostic, technologue en échographie médicale, technologue en médecine nucléaire et technologue en électrophysiologie médicale. « Ce sont tous des métiers qui s’inscrivent dans le grand giron des services diagnostiques. Sans eux, il serait difficile pour les médecins d’établir un diagnostic optimal », souligne Mélanie Bernard.
Des jeunes déjà interpellés
Sur place, plusieurs élèves du secondaire ont pris part à la visite, dont Nathan, élève de secondaire 3 à Beauceville. « J’ai toujours aimé ce qui est médical, être dans les hôpitaux, aider le monde. J’ai vraiment aimé la visite, en particulier la radiologie. J’aime ça être sur les grosses machines, les ordinateurs, donc ça ressemblait pas mal à ce que j’aime », raconte-t-il, ajoutant qu’il envisage toujours de devenir médecin ou chirurgien.
Kaila Pepin, élève de secondaire 5, était quant à elle en pleine réflexion pour son choix de programme au cégep. « Le domaine de la santé m’a toujours intéressée. Ce que j’ai préféré, c’est le laboratoire, quand on a vu un cerveau et le fœtus. Je n’en revenais pas », confie-t-elle. Cette visite l’a aidée à préciser son intérêt. « Ça m’a vraiment permis de savoir que si je devais choisir un domaine, ce serait celui de la recherche sur le cœur. »
Pour le CISSS de Chaudière-Appalaches, cette journée s’inscrit dans une stratégie plus large de recrutement. « On a une pénurie de personnel dans ces techniques-là. Pour être en mesure d’avoir un roulement sain et suffisant pour répondre à une demande qui est toujours en croissance, il faut faire connaître ces métiers », explique Mélanie Bernard. Elle souligne aussi que ces professions offrent des avenues différentes pour les jeunes. « Le service à la clientèle, ce n’est pas pour tout le monde. Quelqu’un qui veut contribuer au réseau sans être constamment au front peut très bien s’épanouir dans un laboratoire. »
Une activité inclusive, ouverte à la reconversion
La journée ne visait pas uniquement les élèves. Mélanie Cayouette, conseillère en ressources humaines à la direction RH de Santé Québec, précise que l’événement se voulait inclusif. « On a beaucoup fait de publicité auprès des écoles, mais on a aussi invité les personnes qui sont à la recherche d’une nouvelle carrière ou d’une reconversion. »
Créer un déclic demeure l’objectif central. « Ce qu’on souhaitait, c’est créer l’étincelle. Ce ne sont pas des métiers que les jeunes connaissent, non pas par manque d’intérêt, mais parce qu’ils ne sont pas exposés à ces professions-là, explique-t-elle. On veut leur montrer qu’on peut travailler dans le domaine de la santé, en équipe, pour les patients, même si on n’est pas nécessairement à l’avant-plan. »
Cette première édition semble avoir trouvé son public. L’engouement observé sur place laisse entrevoir un potentiel de répétition pour les prochaines années, alors que la Beauce et Chaudière-Appalaches cherchent à assurer la relève dans des secteurs clés du réseau de la santé.

