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17 août 2018 - 11:24 | Mis à jour : 11:50

La gratuité scolaire, mais à quel prix ? se demande l'IEDM

Par Nady Larchet, Journaliste

À l’approche des élections, plusieurs débats de société refont surface dans les programmes des différents partis électoraux. Mis un peu à l’écart depuis la crise de 2012, la question de l’abolition des frais de scolarité est bien présente, entre autres, dans le programme du Parti Québécois, qui parle d’un effacement progressif de ces frais qui ont tant fait crier le Québec. Il est certain qu’un retour de ce débat risque de faire couler beaucoup d’encre, multipliant les diverses analyses promouvant ou diminuant le désir des partis à mettre en place de telles mesures. C’est notamment le cas de l’Institut économique de Montréal (IEDM), un « think tank » indépendant, visant à alimenter le débat sur les politiques publiques. Il a publié, hier, un texte d’Alexandre Moreau, qui s'oppose fermement à cette gratuité.

Ce que cette publication mentionne

L’abolition des droits de scolarité et frais afférents au collégial et à l’université coûterait au bas mot 1,1 milliard $ si elle ne s’appliquait qu’aux étudiants québécois, et 1,3 milliard $ si on l’étendait aux étudiants canadiens et étrangers, en supposant que le nombre d’étudiants demeure constant. 

« Le concept de “gratuité” est trompeur. Il est plutôt question de faire financer les études supérieures par les contribuables, au lieu des étudiants qui bénéficient directement du service. Déjà, la contribution financière de ceux-ci sous forme de droits de scolarité et frais afférents ne représente que 16 % des revenus des universités du Québec », explique Alexandre Moreau, auteur de la publication.
« En plus, cela ne favoriserait pas nécessairement l’accessibilité des études supérieures, contrairement à un mythe répandu. La décision des étudiants de fréquenter un établissement d’éducation supérieure dépend avant tout de leurs aptitudes, de leurs intérêts et de leurs environnements familial et social », ajoute M. Moreau.

Ces facteurs et d’autres expliquent d’ailleurs la quasi-totalité de l’écart entre le taux de fréquentation des étudiants issus des milieux moins favorisés et ceux venant de familles mieux nanties. Les contraintes financières, elles, n’en expliquent que 12 %. 

« Le Québec a un autre problème : il est riche en étudiants, mais pauvre en diplômés. La fréquentation des universités est élevée, mais le décrochage des études supérieures l’est aussi. Rendre les études supérieures “gratuites” ne règlerait pas ce problème », souligne M. Moreau. 

En effet, le Québec est, après Terre-Neuve-et-Labrador, la province où les droits de scolarité et frais afférents sont les moins élevés. Pourtant, le pourcentage d’individus de 25 à 34 ans titulaires d’un diplôme universitaire est nettement sous la moyenne canadienne. En comparaison, l’Ontario compte proportionnellement plus de diplômés qu’au Québec dans cette tranche d’âge (68 %, contre 57 %), même si les droits et frais y sont plus du double.

« En plus d’être coûteuse et inefficace, l’abolition des différents droits et frais enverrait un mauvais signal quant au coût et à la valeur de l’éducation supérieure dans une province qui accuse déjà un retard en la matière », ajoute Alexandre Moreau. « Si c’est l’équité et la valorisation de ces études qui est recherchée, une mesure comme la modulation des droits de scolarité en fonction du coût des formations, assortie d’un ajustement correspondant de l’aide financière aux étudiants qui en ont besoin, serait une politique beaucoup plus avisée », conclut-il.

Mais 1,3 milliard, c’est quoi ?

En contrepartie, plusieurs études démontrent les résultats positifs concernant le taux de diplomation en lien avec la gratuité scolaire, alors que plusieurs pays ont mis en place des mesures concrètes pour accéder à cette gratuité. Par exemple, en Europe, un impôt spécial est promulgué aux banques et aux banquiers ; en Australie, ainsi que dans de nombreux pays d'Asie, il y a eu une augmentation des redevances sur l'exploitation des ressources naturelles.

Avec des dépenses atteignant les 103,7 milliards de dollars pour la période budgétaire de 2017-2018 au Québec, la gratuité des études supérieures ne constitue même pas 1 % du budget déclaré. À titre d’exemple, plusieurs projets de constructions ont des coûts largement supérieurs à 1,3 million de dollars à eux seuls.

Voici un aperçu des coûts de certains projets au Québec :

  • Construction du nouveau pont Champlain à Montréal : 4,24 milliards de dollars, soit près de 4 fois le coût de la gratuité scolaire.
  • Construction d’un troisième lien entre Québec et Lévis : estimé entre 4 et 10 milliards de dollars.
  • Construction du centre Vidéotron à Québec : 370 millions de dollars. Quoique cela ne dépasse pas le milliard, il n’en reste pas moins que les coûts de ce centre de divertissement constituent le tiers de ce que l’abolition des frais pour les études supérieures pourrait coûter.

Le Point intitulé « Éducation supérieure : le vrai coût de la “gratuité” » est signé par Alexandre Moreau, en collaboration avec Miguel Ouellette, respectivement analyste en politiques publiques et chercheur à l’IEDM. Vous pouvez lire l’entièreté du texte à l’adresse suivante : http://www.iedm.org/fr/83646-droits-de-scolarite-postsecondaire-vous-avez-dit-gratuit

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