Église de Saint-Simon-les-Mines: quelle sera la suite?

Par Sylvio Morin, Chef des nouvelles
Environ une quarantaine de personnes ont assisté, jeudi dernier, à une soirée d'information sur l’avenir de l’église de Saint-Simon-les-Mines.
La rencontre avait été convoquée par la Fabrique de la paroisse Saint-Georges-de-Sartigan afin de présenter le carnet de santé du bâtiment, la situation financière de la communauté et le carnet de santé spirituelle établie par l'engagement des bénévoles.
C'est une des administratrices de la fabrique, Rachel Aubé, qui agissait comme présidente d'assemblée, avec le soutien du curé Alain Pouliot. On retrouvait également en avant-scène une autre administratrice de la communauté, Hélène Chabot, pour répondre à certaines questions.
Si le lieu de culte est en «relativement bon état» — l'église daterait de 1928, selon les administrateurs, alors que le Répertoire du patrimoine culturel du Québec indique que la construction aurait eu lieu au milieu des années 1940 — la toiture de tôle de l'édifice doit être repeinte sur les deux surfaces de revêtement. Le projet est estimé à près de 50 000 $ et serait exécuté par le même entrepreneur qui l'avait fait il y a une trentaine d'années.
L'abbé Pouliot a expliqué que pour aller de l'avant avec la réfection, la communauté doit d'abord obtenir l'approbation du diocèse de Québec. «Si vous acheminez une demande, la première question qui va être posée est: "Avez-vous les moyens?" La deuxième question portera sur l'avenir, quel usage souhaitez-vous faire du bâtiment dans cinq à dix ans? », a fait savoir le curé.
Or, la situation financière de la communauté de Saint-Simon est déficitaire depuis plusieurs années, qui a débuté en 2019 après la fusion de 12 paroisses en une seule, Saint-Georges-de-Sartigan. Les états présentés par Rachel Aubé, jeudi soir, ont fait voir un déficit des opérations courantes de 17 363 $, au 31 décembre 2025. Au réel, ce montant est plus élevé, mais 20% de la somme totale est assumée par la grande paroisse.
L'année 2026 ne s'annonce guère mieux, alors que pour des prévisions de revenus sur 12 mois de 28 569 $, déjà 14 845 $ avaient été dépensés au 30 avril.
L'entretien annuel du cimetière est encore plus catastrophique, dans le rouge à 25 039 $.
Le curé Pouliot a indiqué qu'il faudrait entreprendre une campagne de financement dédiée uniquement au projet de réfection pour récolter les fonds, qui ne viendraient pas des campagnes de souscription de la paroisse et des quêtes.
Plusieurs des questions posées par des personnes présentes à la soirée ont porté sur les revenus générés par la vente du presbytère en 2019. On a expliqué que les 100 000 $ obtenus avaient servi à éponger les dettes de la paroisse, ainsi qu'à créer un fonds de prévoyance de 50 000 $ pour des situations d'urgence.
D'autres ont aussi demandé si des mesures avaient été prises pour réduire les dépenses d'opération. «L'hiver, on baisse le chauffage à 55 (degrés) dans l'église et la sacristie lorsqu'il n'y a pas d'activités. On ne paye plus non plus notre organiste pour les services rendus. On fait tout ce qu'on peut pour réduire mais à un moment donné, ça prend un minimum», a fait valoir Hélène Chabot. Des frais fixes sont inévitables comme l'électricité, les assurances, le déblaiement du parking en hiver, l'entretien du terrain en été, etc., de dire la dame.
Cette dernière, comme d'autres bénévoles impliquées avec la fabrique, a indiqué qu'elle quitterait bientôt ses fonctions après avoir consacré plusieurs années dans l'administration de la communauté chrétienne.
Enfin, on a distribué dans la salle un court sondage demandant aux répondants s'ils étaient prêts à souscrire à une campagne dédiée pour les travaux afin de conserver l'église; quel montant ils étaient prêts à verser à ce projet pour les trois prochaines années; et enfin, s'ils étaient prêts à faire du bénévolat pour la paroisse.
Les résultats seront compilés par les administrateurs. Éventuellement, une nouvelle rencontre pourrait être convoquée mais pour l'instant, rien n'est prévisible quant à l'avenir de l'église de Saint-Simon-les-Mines.
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