Stéphanie Giroux a couru pour la vie lors du Défi Beauceron 2015
Stéphanie Giroux lors du sprint avec son père.
Une athlète originaire de Saint-Gédéon, Stéphanie Giroux, a couru 21,1 kilomètres lors du Défi Beauceron 2015 dans le but d'amasser de l'argent pour le Centre de prévention du suicide.
Il faut dire que la jeune femme âgée de 24 ans a été durement touchée par ce fléau alors que son grand-père et sa mère se sont enlevé la vie dans les deux dernières années.
La Beauceronne qui en était à sa deuxième participation au Défi Beauceron s'est inspirée d'Audrey Paquet qui avait couru pour la vie en 2013. « J'ai repensé à ce qu'elle avait fait en mars dernier et j'ai décidé de contacter l'organisme “Courir pour la vie” pour savoir si je pouvais m'associer avec eux pour la cause. Quand j'ai annoncé à ma famille lors de la fête de Pâques que je relevais le défi, mon frère Pier-Alain a décidé de me suivre, et ce, même s'il n'avait jamais couru de sa vie », affirme-t-elle.
Il faut dire que la famille de l'athlète a été très participative. « Mon autre frère a embarqué par la suite et finalement nous avons été 11 à participer au Défi Beauceron et nous avions tous le même but, soit d'amasser de l'argent pour prévenir ce fléau et si possible l'enlever. Il y a beaucoup trop de suicides au Québec, la moyenne est de trois par jour selon les statistiques. C'est quelques choses qui est très douloureux à vivre pour les proches des gens qui s'enlèvent la vie. La vie est difficile et c'est vrai, mais il faut surmonter les épreuves, car la vie mérite d'être vécue. Il n'y a aucun problème qui n'a pas de solution », raconte la sportive avec émotion.
Si la courageuse jeune femme s'entraîne intensément en crossfit depuis déjà belle lurette, celle-ci avoue qu'elle a dû s'entraîner très fort pour réaliser son objectif de demi-marathon. « J'avais une bonne endurance grâce à mon sport, mais je devais améliorer ma course en général. Je courrais quatre à cinq fois par semaine pour être prête et quand j'avais moins le goût, je pensais à ma mère et elle me parlait pour que je continue vers mon objectif. Je crois que je n'avais jamais fait plus de 13 kilomètres à l'entraînement », dit celle qui raconte que chaque membre de la famille s'entraînait de son côté. « On s'encourageait beaucoup par Facebook toutefois », ajoute-t-elle.
La préparation et le jour J
La dernière semaine de préparation et le matin, de la course a été difficile pour l'athlète. « J'étais très nerveuse, j'avais mal partout et j'étais toujours essoufflée lors de mes dernières courses. Je me demandais comment je ferais pour réaliser mon objectif », avoue Giroux.
Si les deux premiers kilomètres ont été plus difficiles, l'adrénaline et l'aide de toute la famille l'ont propulsée. « J'ai repris le contrôle de moi et je ne pouvais pas abandonner, il y avait trop de choses en jeu pour que j'arrête. C'était un combat physique, mais surtout mental. J'avais une photo de ma mère accrochée sur mon gilet dans le dos et celle-ci m'a botté les fesses tout le long du trajet. J'ai réalisé un bon temps, soit deux heures cinq minutes pour mon premier 21,1 kilomètres », déclare-t-elle avec fierté.
Comment Giroux s'est-elle sentie lorsqu'elle a franchi la ligne d'arrivée ? « J'ai vu mon père aux derniers kilomètres et je me suis mise à pleurer et mon père m'a dit, continue, ma fille et il s'est mis à courir avec moi, lui qui n'a jamais couru de sa vie. Le sprint final a été très émotif alors que toute la famille m'attendait avec des pancartes sur lesquels il y avait une photo de ma mère et de mon grand-père. Quand j'ai franchi la ligne, je me suis effondrée en larme et plusieurs sont venus me voir pour me dire que je leur avais fait vivre de grandes émotions et beaucoup de larmes », raconte-t-elle la gorge nouée en avouant qu'elle vit encore sur un nuage depuis cette course.
Il faut dire qu'elle et son frère ont amassé 2105 $ pour le Centre de prévention du suicide. « Merci à tout le monde qui nous a encouragés. C'est inexplicable ce que j'ai vécu. Je suis fière de l'avoir fait avec ma famille », dit-elle avec un sourire communicatif. Une édition 2016 est déjà prévue pour Stéphanie et Pier-Alain qui espère ramasser 5000 $ lors du prochain événement.
L'inspirante coureuse a tenu à conclure avec un message pour les deux membres de sa famille qui se sont enlevé la vie. « Je vous remercie de m'avoir supportée tout le long de ma course et vous serez toujours dans mon coeur. J'aimerais tellement vous serrez dans mes bras, je vous aime », conclut Stéphanie Giroux en retenant ses larmes.
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