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16 octobre 2018 - 14:00

Un Beauceron court plus de 160 kilomètres à Bromont

Maude Ouellet

Par Maude Ouellet, Journaliste

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Le Beauceron Rémy Dufour participait les 6 et 7 octobre derniers à l'Ultratrail de Bromont : une course de 160 kilomètres avec un dénivelé positif de 7000 mètres. Rémy Dufour, ingénieur chez Canam et père de deux enfants, a complété la course en 33 heures et 5 minutes.

Finir cette course est un exploit en soi. Des 107 participants inscrits, 98 étaient sur la ligne de départ et 49 seulement ont complété la course. Dans le monde de l’ultratrail, cette statistique est courante. Enbeauce.com s’est entretenu avec l’ultramarathonien.

D’où le projet de l’ultratrail est-il né ?

R.D. : Initialement, je me suis mis à courir parce que je voulais être meilleur en vélo de montagne. La course en sentier prend désormais plus de place, elle me fait découvrir des montagnes qu’on ne peut pas voir à vélo.

Il y a quatre ans j’ai participé au 10km du Mont Orignal, j’ai ensuite fait un 60km à Saint-Donat. C’est après cette épreuve que l’envie m’est venue de courir 100 miles (160km), une distance standard dans l’ultratrail. Je voulais voir si j’avais les capacités de me rendre au bout d’un telle épreuve.

Sur le plan physique, comment vous êtes-vous entraîné ?

R.D. : Cela s’est fait sur 4 ans, car on ne s’entraîne pas seulement 8 mois avant une course de 160 kilomètres. Le corps doit s’habituer à avoir mal et à se régénérer rapidement. Je me suis entraîné au meilleur de mes connaissances avec les lectures que j’ai fait à gauche et droite. La préparation comprenait des sorties en autonomie complète dont la plus longue était d’une distance de 70 km. En semaine, je faisais entre 3 et 5 sorties. J’allais notamment au parc des 7 chutes, un endroit proche d’où j’habite.

J’estime que je m’entraîne environ une heure et demie chaque jour. Ceci dit, je fais aussi du vélo de montagne. Cela prend une bonne lampe frontale pour aller m’entraîner lorsque les enfants sont couchés.

Une telle épreuve nécessite probablement une préparation mentale, était-ce votre cas ?

R.D. : J’ai lu le livre de Joan Roch, un coureur québécois. Son livre est rempli de récits qui racontent ses premiers ultramarathons. J’ai également écouter beaucoup de témoignage d’utltramarathonien.

Aviez-vous en tête de finir la course ?

R.D. : Oui. Quand j’ai une idée en tête, je la réalise. J’ai fait tout en mon possible au courant de l’année pour me préparer à cette course. Dans une épreuve comme l’ultramathon, il y un bon lot de situations imprévisibles.

Quelles situations imprévisibles avez-vous rencontrées ?

R.D. : Au courant de la nuit, il y a eu beaucoup de brouillard, tout ce que je pouvais voir c’était le faisceau de ma lampe frontale et la vapeur créée par ma respiration. Il était donc plus difficile de m’orienter, je devais donc rester très concentré.

Après le brouillard, il y a eu beaucoup de pluie. Puisque les prévision météorologiques annonçaient une température de 10°C, je n’avais qu’un t-shirt et un coupe-vent. Une fois ces vêtements trempés, il ne faisait plus très chaud.

Dans le monde des ultramarathons, on dit que tout passe. Quand ça va mal, ça finit par passer, mais quand ça va bien, ça finit par passer aussi. Il faut garder le moral et continuer.

Selon vous, est-ce que l’épreuve a été plus difficile mentalement ou physiquement ?

R.D. : L’ultramarathon nécessite un corps entraîné, mais c’est dans la tête que ça se passe. Je me fixais de petits objectifs: un ravitaillement à la fois.

Est-ce que l’expérience vous a semblé pénible ?

R.D. : Non, car je considère avoir un moral d’acier. Ce n’est pas que j’aime souffrir, mais j’aime les défis et l’aventure. En partant pour la nuit avec ma lampe frontale, dans le froid, je me disais que j’allais découvrir des facettes de ma personnalité que je connaissais moins.

Pendant la course je n’avais qu’un seul objectif, c’est-à-dire avoir ma boucle de ceinture, la récompense que l’on donne aux ultramarathoniens.

Quelles facettes de vous-même avez-vous découvert ?

R.D. : Lors d’une telle épreuve, on vit un moment unique, ce qui suscite des émotions inhabituelles. Je ne pleure pas facilement, mais lorsque je suis arrivé au dernier ravitaillement et que j’ai vu ma famille, j’ai senti les larmes monter parce que j’étais épuisé et parce que j’étais allé au bout de moi-même, malgré cela, j’avais encore de l’énergie. On peut toujours aller plus loin, c’est pourquoi j’ai envie de continuer à participer à des épreuves du genre.

La présence de votre famille et de vos amis la journée de la course a-t-elle été aidante ?

R.D. : Absolument. J’ai été chanceux, car mes parents ainsi que ma femme et mes enfants étaient sur place. Ils me suivaient à chaque ravitaillement.

À partir du 121e kilomètre, on avait droit à un pacer (accompagnateur) pour les 40 derniers kilomètres, dans mon cas c’était mon ami Frédéric Caron. Je suis assez solitaire, je me disais donc qu’un accompagnateur, ce serait plaisant mais, sans plus. Le support de Frédéric s’est avéré être une nécessité pour finir la course. Il a été un excellent support moral. J’avais beaucoup de douleur aux mollets; il était très aidant de pouvoir en parler à quelqu’un plutôt que de rester « dans ma bulle ». Frédéric était là pour me convaincre subtilement de manger, parce que passé un certain point, on ne ressent plus la faim, on peut donc s’affaiblir très vite. Ce sont plusieurs petits détails comme ceux-ci qui ont fait en sorte que sa compagnie a été essentielle.

Comment se passe la conciliation travail-famille-entraînement ?

R.D. : C’est demandant, mais j’ai l’avantage d’avoir un horaire de travail fixe. Ma conjointe court aussi, nous faison nos entraînements à relai. Nous allons aussi en randonnée avec les enfants, ce qui compte comme des entraînements. Pendant que les enfants font un parcours plus facile avec ma femme, je fais un parcours plus difficile. Même chose quand nous allons en camping : ma femme et moi allons courir à tour de rôle pendant que l’autre surveille les enfants.

Est-ce que vos enfants sont intéressés par la course aussi ?

R. D. : Oui. Notre participation à des événements les influence de manière positive. Ils ont même participé à une course de 2 kilomètre lorsque nous étions à Bromont. Ils aiment l’aventure et ils aiment aussi courir. On verra s’ils souhaitent s’impliquer davantage, mais ça augure bien.

Après un tel accomplissement, quel est votre rêve sur le plan sportif ?

R. D. : Mon objectif à court terme c’est de continuer à découvrir des sentiers et à garder un équilibre entre la famille, travail, et l’entraînement.

J’aimerais courir un ultra avec l’un de mes enfants un jour. On ne forcera pas la chose, mais si cela les intéresse, ce serait un beau moment à vivre.  

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1 réactionsCommentaire(s)
  • Je ne te connais pas , mais j'aimerais bien .
    Tu es un athlète hors pair...! Bravo pour ce gros défi. Je te lève mon chapeau.

    Klaud B - 2018-10-16 17:09