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Chronique Pier Dutil, par

1 mars 2021 - 18:00

Lettre à la COVID-19

1 Commentaire(s)

LETTRE À LA COVID-19


Maudite COVID-19,

D’entrée de jeu, je tiens à te laisser savoir que tu ne dois pas t’attendre à une lettre d’amour.

Voilà un an que tu es apparue et, en quelques mois seulement, tu as chamboulé nos vies en te répandant à l’échelle de la planète à une vitesse vertigineuse. Plus de 113 millions de personnes ont été victimes de ton maudit virus et plus de 2,5 millions sont décédées. Et pendant que tu accaparais pratiquement toute l’attention du monde médical, d’autres personnes voyaient leur santé se dégrader parce que l’on ne pouvait leur fournir tous les soins appropriés.

DES IMPACTS POUR LONGTEMPS

À cause de toi, même s’ils n’ont pas contracté ton virus, des Terriennes et Terriens ont perdu leur emploi alors que d’autres ont vu leurs entreprises menacées. Les études de notre jeunesse ont été perturbées et plusieurs ne parviendront pas à passer au travers. De leur côté, des travailleurs se retrouvent devant un écran d’ordinateur à la maison, alors que ceux qui peuvent se déplacer au boulot doivent se soumettre à une foule de mesures tout aussi dérangeantes que nécessaires.

D’autres entreprises ont effectué un virage sur un dix cents pour transformer leur production afin de fabriquer des masques, des désinfectants et des vêtements de protection pour le personnel hospitalier, démontrant ainsi leur grande capacité d’adaptation.

Des pans entiers de notre économie ne parviendront probablement pas à survivre à ton passage. Je pense aux restaurants, aux hôtels, au secteur du tourisme et des voyages pour ne nommer que ceux-ci.

Pour venir en aide à leurs commettants soudainement dans le besoin, les Gouvernements ont mis en place de nombreux programmes qui, bien que fort utiles, contribueront à créer des déficits abyssaux qui hypothéqueront les prochaines générations.

En tant qu’individus, nous avons vécu un confinement forcé plus ou moins sévère selon les pays. Plus question d’aller quelque part en public sans être affublé d’un masque. C’est rendu qu’aller faire son marché est considéré comme la grande sortie de la semaine. Prendre un petite «ride» de char nous excite presque.

À cause de toi, même plus moyen de visiter la parenté et les amis, de partager ensemble un bon repas ou tout simplement de socialiser un peu. Nous sommes réduits à faire des tchin-tchin via FaceTime. C’est mieux que rien, mais pas question de se contenter de si peu pour le reste de nos jours.

DES EFFETS POSITIFS

Aussi étrange que cela puisse paraître, ton passage parmi nous aura aussi eu des effets positifs.

Tu nous auras permis de découvrir la vraie nature des humains que nous sommes. Certains ont su faire preuve d’une grande solidarité, se conformant aux consignes mises de l’avant pour réduire les impacts de la crise et se sont portés volontaires pour prêter assistance à celles et ceux qui en avaient besoin. 

Par contre, d’autres ont démontré leur égoïsme en se concentrant sur leur nombril, refusant d’adopter les mesures de protection requises au risque d’être contaminés et de transmettre le virus à leurs proches. Les plus radicaux se sont même permis d’étaler leur ignorance en refusant de voir la réalité en face et en élaborant des théories de complots qui ne reposent sur aucun argument plausible.

Tu nous aura également donné l’occasion d’apprendre de nouveaux mots comme coronavirus, Covid, confinement, déconfinement, variants, complotistes, covidiots, etc. On a aussi appris à faire la différence entre épidémie et pandémie.

Autre impact positif, la présence dans nos médias d’une foule de scientifiques et spécialistes comme les épidémiologistes, les infectiologues, les immunologues, les microbiologistes, les virologues, etc. Alors que ces gens se retrouvent généralement confinés (sans jeu de mots) dans leurs cabinets ou leurs laboratoires, voilà que la pandémie les a propulsés dans l’actualité quotidienne et qu’ils ont grandement contribué à vulgariser les données scientifiques de façon à ce que le commun des mortels puisse y comprendre quelque chose.

Soudainement, les Horacio Arruda, Caroline Quach-Thanh, Karl Weiss, Benoît Mâsse, François Marquis, Diane Lamarre et Alex Carignan, pour ne nommer que celles et ceux-ci, sont devenus des habitués de nos écrans de télévision sur une base quasi quotidienne. Personnellement, ça me rassurait de voir tant de compétences disponibles.

Du côté financier, alors que les consommateurs étaient confinés et que la grande majorité des commerces étaient fermés, on a constaté une amélioration du taux d’épargne des Canadiennes et Canadiens et une diminution du niveau de dette moyen. Il sera intéressant d’observer si cette tendance survivra à un éventuel retour à la normale.

Finalement, la virulence de ton virus et sa forte propagation ont servi de stimulants à l’industrie pharmacologique qui a accompli des prouesses pour développer rapidement des vaccins efficaces qui nous permettront probablement de te pousser dans tes derniers retranchements et de retrouver peu à peu une vie normale.

Je ne te dis pas «Au revoir!», mais plutôt «Adieu!» en espérant que tu disparaisses à jamais. Ne crains pas, on ne s’ennuiera pas.
 

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  • J'aimerais bien dire ''Adieu'' moi aussi au COVID, mais j'en suis incapable. Incapable parce que ce virus reviendra et assez rapidement, croyez-moi. Nous parlons ici du Coronavirus, une famille de virus de la biodiversité. Voyez, déjà on nous parle de variants qui proviennent tous du coronavirus. Suivez-moi, je vous explique..c'est très facile à comprendre.
    Depuis des dizaines d'années on nous explique les changements climatiques, du réchauffement de la planète, de pollution, etc.. Nous n'avons jamais laissé le temps à la nature de se renouveler. Que dire de la disparition des abeilles ? de la fonte du permafrost, également appelé pergélisol en français, pourrait s'avérer catastrophique. Outre l'accélération du réchauffement climatique, son dégel pourrait "ramener à la vie" des virus disparus dont nous ne savons rien. Il y a plus de dix ans Radio-Canada a fait un excellent reportage sur le permafrost dans son émission ''Découverte).. vous étiez où ?
    Le problème c'est que l'être humain surconsomme en utilisant, exploitant et jetant à la poubelle le sol, l'eau et l'air. Tous les êtres vivants sont en relation vivante avec la nature, notamment l'homme qui agit en roi et maître dominant la nature. Tôt ou tard, il était évident que la nature reprendrait ses droits.J'espère simplement que nous n'ayons pas atteint le point de non-retour.
    Vous n'êtes pas sans savoir que tout ce qui vit meurt un jour. Alors il nous faut agir rapidement, sinon nous mourrons tous étouffés comme des imbéciles. Nous n'avons plus le choix, nous devons changer notre mode de vie !
    Voilà pourquoi je ne dis pas ''Adieu'' au COVID ..mais ''à bientôt''.
    ''Au cours des 50 dernières années, la population humaine a été multiplié par deux, l’économie mondiale quasiment par quatre et le commerce mondial environ par dix. Aujourd’hui, il faudrait 1,75 planète pour répondre aux demandes de l’être humain à la nature et plus d'espèces sont menacées d’extinction que jamais auparavant.''
    Paul - 2021-03-05 21:52