La contrebande de cigarettes touche nos écoles aussi
Le temps presse d'agir selon Jeannot Boutin et Michel Gadbois.
En plus des impacts financiers tant chez les commerçants que pour les revenus des gouvernements, la contrebande de cigarettes illégales fait aussi des ravages dans nos cours d’école. Un relevé de mégots de cigarettes effectué au printemps dernier dans deux écoles secondaires de Saint-Georges démontre que le taux de contrebande est d’environ 37 %. C’est ce qu’a révélé une étude de l’Association canadienne des dépanneurs en alimentation (ACDA) dévoilée le 23 septembre dernier au dépanneur Accommodation 7-23.
Tant l’ACDA et ses détaillants exigent une action du gouvernement pour freiner cette propagation de contrebande. « Par leurs inactions, nos élus se font les complices des bandits et d’une nouvelle génération de jeunes fumeurs intoxiqués à la contrebande de tabac », a déclaré Michel Gadbois, vice-président principal de l’ACDA-AQPA. Il reprend en partie une citation de Daniel Johnson lorsqu’il avait annoncé une baisse des produits du tabac en 1994.
La solution est si simple selon M. Gadbois. Les gouvernements fédéral et provincial doivent abaisser les taxes sur les paquets de cigarettes pour anéantir le réseau de contrebande.
Un sondage percutant
Commandée par l’ACDA, l’étude 2009 sur la contrebande auprès des jeunes est la troisième du genre réalisé par la firme canadienne Arcus. Celle-ci a sondé 110 écoles secondaires ontariennes et 75 autres au Québec. Ils ont prélevé 28 141 mégots de cigarettes dans les alentours des cours d’école après les heures de fréquentation entre le 22 avril et le 8 juin. En Ontario, 30 % des mégots proviennent de la contrebande alors qu’au Québec c’est en hausse de 4 % pour atteindre 40 %. Pour la population adulte, la proportion est de 50 %. « La région n’y échappe pas », lance M. Gadbois.
Pour la première fois dans la région, la Polyvalente St-Georges et l’École secondaire de Notre-Dame-de-la-Trinité connaissent un taux de consommation de cigarettes illicites respectif de 36 % et 39 %.
Les criminels se servent de la contrebande du tabac qui transite des réserves amérindiennes vers les réseaux de distribution et dans les écoles. « La GRC a dit bien clairement que la distribution se fait par les jeunes de moins de 18 ans. Ils s’en servent beaucoup. Puis comme le Journal de Montréal l’indiquait, après la cigarette, c’est la drogue », commente ce dernier.
Par les écoles, les jeunes ont de la facilité à s’en procurer et c’est de loin plus abordable… « Un paquet de cigarettes illégales est d’un dollar alors qu’un paquet de cigarettes acheté en magasin est de près de 10 $. Acheter un paquet de cigarettes ou de gomme, c’est le même prix c’est aussi banal que cela », remarque M. Gadbois.
« Les dépanneurs ont perdu la moitié de leur marché depuis trois ans. Les gouvernements bougeaient pas même s’il perd des revenus d’un demi-milliard par année et de 1,8 G$. des dépanneurs fermes et les criminels font de l’argent. Qui va faire bouger les gouvernements? Ce sera les jeunes », pense le vice-président de l’ACDA.
« En 2004, lorsqu’on a doublé les taxes qui représentent 75 % du prix au détail. Tu doubles les taxes, tu crées un marché pour la contrebande. Le gouvernement pensait, en doublant le prix que les jeunes ne toucheront pas les cigarettes puisqu’elles seraient trop chères… Statistiques Canada affirme que le taux de fumeurs chez les jeunes étaient en décroissance de 1994 à 2004. Depuis 2004, c’est l’inverse », remarque M. Gadbois.
Il rejette le blâme sur la contrebande. « Les criminels se servent des jeunes comme revendeurs parce qu’ils sont intouchables par la loi. Un revendeur peut se faire jusqu’à 2000 $ par semaine… C’est cela, la réalité. Puis avec de la drogue, il peut se faire plus d’argent », ajoute-t-il.
Une visite s’impose M. Dutil
Jeannot Boutin du Dépanneur Accommodation 7-23 de Saint-Georges a invité personnellement le ministre du Revenu et député de Beauce de voir « Comme Beauceron, on est énormément touché. La personne qui pourrait nous aider le plus est M. Dutil. Vu qu’on a un ministre du Revenu, je crois qu’il devrait nous appuyer dans notre démarche. Je serais prêt à l’inviter sur les lieux de la Polyvalente pour voir ce qui se passe. Il pourrait enfin voir la réalité. Je suis certain que le ministre Dutil pourrait nous appuyer », commente M. Boutin.
La contrebande pour son commerce, cela se traduit par une perte d’environ 100 cartouches de cigarettes par semaine. Même si les profits sur la tabagie ne sont pas faramineux, ces fumeurs ne font plus partie de sa clientèle régulière. En plus des produits du tabac, ils achetaient divers biens lors de cette même visite.
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