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LETTRE OUVERTE | Rétablissons les faits : mise en marché du sirop d’érable québécois

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13 avril 2015
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Julio Trepanier
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Par Julio Trepanier, Journaliste multimédia

Dans une lettre ouverte intitulée, « Rétablissons les faits : mise en marché du sirop d’érable québécois », le président de la Fédération des producteurs acéricoles du Québec, Serge Beaulieu, souhaite remettre les pendules à l’heure quant à la commercialisation de l’or blond.

« Rétablissons les faits : mise en marché du sirop d’érable québécois »

Par Serge Beaulieu

Chaque année, les Québécois attendent avec impatience le retour de la saison des sucres. Et chaque année, ce retour s’accompagne malheureusement de discours libertariens quant à sa mise en marché… et force est de constater que de nombreux chroniqueurs ne font que répéter la chanson sans analyser ces sérénades. Alors encore une fois, la Fédération des producteurs acéricoles, représentante des quelque 7 300 entreprises acéricoles du Québec, se doit de rétablir les faits.

Tout d’abord, il existe trois principaux canaux de vente pour la mise en marché du sirop d’érable au Québec, et non un seul, comme beaucoup se plaisent encore à répéter.

Le premier canal est celui de la vente directe au consommateur en contenant de moins de 5 litres, dont fait partie la fameuse canne de sirop. Tous les producteurs, sans aucune exception, qu’ils soient gros, moyens, petits, détenant ou pas un contingent, peuvent utiliser sans aucune limite ce canal de vente, et ce, sans aucun contrôle ou droit de regard quelconque de la Fédération. Selon les estimations conservatrices, ce canal représente environ 10 millions de livres de sirop d’érable annuellement ou plus ou moins 10 % de la production annuelle québécoise.

Un deuxième canal est celui de la vente aux intermédiaires (par exemple en épiceries) toujours en contenants de moins de 5 litres. Les quelques 7 300 producteurs détenant du contingent peuvent utiliser ce canal et ces ventes sont calculées dans la comptabilisation de leur contingent annuel. Dans ce canal, la Fédération n’intervient aucunement dans la fixation du prix. C’est au producteur de développer son lien d’affaire avec son épicier du coin afin de mettre en valeur son produit. Environ 4 à 5 millions de livres de sirop d’érable sont ainsi écoulées chaque année au Québec.

Le troisième canal est celui de la vente en vrac en contenants de 5 litres et plus, principalement en barils, qui est le canal de vente privilégié par la majorité des 7 300 détenteurs de contingent. Par ce canal, l’acériculteur a le choix de livrer son sirop d’érable à l’un des quelque 60 acheteurs autorisés de la province ou encore à la Fédération. Celle-ci est tenue de négocier, avant la récolte, le prix du sirop d’érable livré en vrac avec l’ensemble des acheteurs.

Parlons ensuite de la fameuse étude économique réalisée par la firme Forest Lavoie Conseil qui semble faire actuellement les délices de certains adeptes du libre marché, des libertariens et autres « Free Rider » de ce monde. Il est d’abord important de rappeler que c’est la Fédération elle-même, en partenariat avec l’association des acheteurs, qui a commandé cette étude. Ces deux parties ont par ailleurs créé un comité mixte qui a le mandat d’identifier les stratégies gagnantes qui permettront non seulement de conserver les marchés actuels, mais de les développer davantage. La Fédération est loin de s’asseoir sur ses lauriers!

Toujours à propos de cette étude, les fameux détracteurs du système actuel n’ont retenu qu’un seul point, soit la diminution progressive de la part du Québec dans le marché mondial du sirop d’érable au cours des dix dernières années. La Fédération n’a jamais nié ce fait, mais ne considérer que ce seul élément de l’étude est profondément incomplet et malhonnête. D’ailleurs, la première conclusion de l’étude est la suivante : « Le système québécois de mise en marché a démontré son efficacité à stabiliser les prix et l’offre de sirop », Forest Lavoie, 2014

Mais cette conclusion, peu de chroniqueurs et d’éditorialistes l’ont soulevée. Également, la Fédération aimerait faire remarquer que la demande mondiale de sirop entre 2000 et 2015 est passée de 90 millions à plus de 150 millions de livres et le nombre d’entailles québécoises, pour faire face à cette demande, a augmenté de 30 % (de 33  à 43 millions) pendant la même période. En outre, plus de 380 nouvelles entreprises ont démarré entre 2007 et 2010 grâce à un programme spécial d’émission de nouveau contingent. Aussi, depuis 2009, on constate une croissance annuelle des ventes de l’agence de vente de sirop d’érable de 9,8 %, une croissance annuelle des exportations canadiennes de produits de l’érable de 7,6 % et une croissance annuelle des paiements aux producteurs de 8,5 %. Pas si mal quand même pour une Fédération qu’on accuse d’immobilisme!

En terminant, si la tendance actuelle se maintient, la récolte de sirop d’érable pourrait être relativement modeste cette année. Ce qui nous amène à la fameuse réserve stratégique, associée par certains à un outil maudit, parce qu’elle permettrait à la Fédération de maintenir les prix artificiellement élevés. Rappelons que la réserve a un rôle de stabilisation de l’offre pour stabiliser les prix. À cet effet, notons que le prix de la fameuse canne de sirop d’érable à l’épicerie a continuellement diminué depuis 2010, passant de 8,32 $ à 8,02 $ en moyenne, alors que les prix de l’alimentation sont en hausse supérieure à l’inflation depuis ce temps. Ainsi, si l’existence de la réserve stratégique a permis de stabiliser les prix versés aux producteurs à la suite des récoltes record des deux dernières années, elle permettra aussi de stabiliser les prix payés par les consommateurs québécois à la suite de la récolte 2015. C’est aussi à cela que sert la fameuse réserve stratégique.

Lors de la tournée des régions effectuée durant l’hiver dernier, la très grande majorité des producteurs acéricoles présents se sont de nouveau montrés non seulement satisfaits, mais fiers du travail effectué par leur Fédération au cours des dernières années, ce qui leur permet de vivre décemment de leur production et de contribuer à hauteur de trois quarts de milliards de dollars au produit intérieur brut canadien. Cependant, lorsque certaines personnes bardées de diplômes et leurs chroniqueurs associés véhiculent des faussetés pour servir leurs idéologies, il apparait nécessaire à la Fédération, au nom des 7 300 entreprises qu’elle représente, de rétablir les faits.

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