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1 octobre 2021 - 08:00

Selon un sondage de Manufacturiers et Exportateurs du Québec

Chaudière-Appalaches: 1,8 G $ de pertes dans le secteur manufacturier

Sylvio Morin

Par Sylvio Morin, Chef des nouvelles

Au cours des deux dernières années, le secteur manufacturier de Chaudière-Appalaches aurait laissé 1,8 milliard de $ sur la table à cause de pertes de contrats, de pénalités de retard et de décroissance reliés à la pénurie de main-d’œuvre.

C’est du moins le constat alarmant qu’a fait la présidente-directrice générale de Manufacturiers et Exportateurs du Québec (MEQ), Véronique Proulx, lors d'un entretien avec EnBeauce.com, à la suite du dévoilement des résultats de la consultation et d'un sondage menés par son organisme. Les données du sondage ont été récoltées entre le 19 mai et le 24 juin 2021 auprès de 401 entreprises  manufacturières québécoises.

Parmi les faits saillants de l'enquête touchant la région de Chaudière-Appalaches, soulignons : 

→ 1 883 millions de dollars en pertes estimées aux cours des deux dernières années.

→ Le territoire se classe au 3e rang des régions affichant les plus grandes pertes financières. 

→ 74 % des entreprises sondées ont dû refuser des contrats et/ou accumuler des retards de production dans les deux dernières années à cause de la pénurie de main-d’œuvre. 

→ 36 % des entreprises sondées ont envisagé de déménager une partie de leurs activités à l’étranger ou de donner davantage de contrats en raison de la pénurie de main-d’œuvre.

« La pénurie de main-d’œuvre est un frein à la relance économique. Combien d’argent le  gouvernement est prêt à perdre dans les prochaines années? Combien d’entreprises devront  refuser des contrats, délocaliser une partie de leurs activités à l’étranger ou réduire leur  croissance ou fermer avant que l’on s’attaque à la pénurie de main-d’œuvre dans le secteur  manufacturier avec des mesures qui ont de l’impact? Sans actions tangibles de la part du gouvernement pour résoudre cette crise, les chances d’avoir une relance structurante de l’économie apparaissent faibles », a fait savoir Mme Proulx.

Des pertes préoccupantes, des besoins criants sur le terrain
Le constat est d’autant plus préoccupant du fait que la situation est généralisée à l’ensemble  de l’industrie, indique la porte-parole de l'organisme.

En effet, 98,5 % des entreprises sondées affirment avoir besoin de main d’œuvre et 70 % d’entre-elles disent refuser des contrats ou payer des pénalités de retards  de production. Plusieurs doivent d’ailleurs ralentir leurs activités et certaines songent même  à déménager leur entreprise.  

Près d’une entreprise sur quatre a besoin de combler 20% ou plus de sa main-d’œuvre. Dans les  faits, ce sont les postes aux salaires entre 20 à 29 $ de l’heure qui sont le plus en demande  dans le secteur manufacturier (49%). Parmi les postes les plus difficiles à combler se  trouvent les postes de journaliers, d’opérateurs, de soudeurs, de machinistes, de  manœuvres, d’assembleurs, de techniciens, de mécaniciens et d’ingénieurs. 

Rappelons que le secteur de la fabrication au Canada, au deuxième trimestre de 2021, a  65 905 postes vacants, dont 25 330 seulement au Québec, un record. Il y a ainsi 5 935 postes  vacants de plus dans le secteur de la fabrication qu’au deuxième trimestre de 2019. 

« Le bassin actuel de travailleurs actuel ne suffit tout simplement pas. Le gouvernement doit  proposer des mesures spécifiques pour pallier la pénurie de main-d'œuvre dans le secteur  manufacturier et aligner ses programmes au manufacturier pour avoir une vision  d’ensemble concertée et cohérente qui aura un réel impact. C’est le temps d’agir! », d'expliquer  la P-dg de l'association. 

D’ailleurs, dans le sondage de MEQ, deux entreprises sur trois croient que le gouvernement du Québec pourrait en faire beaucoup plus pour aider à régler le problème de pénurie de main d’œuvre. 

Un objectif clair pour le gouvernement
Ainsi, MEQ demande au gouvernement du Québec de revenir au même nombre de postes  vacants dans le secteur manufacturier qu’avant la pandémie. Il faut ainsi passer de 25 330  postes vacants (2e trimestre de 2021) à 16 425 (4e trimestre de 2019) et donc de diminuer  d’au moins 8 905 le nombre de postes vacants dans le manufacturier québécois, d’ici un an. 

L’Association propose ainsi 13 mesures pour pallier la pénurie de main-d’œuvre dont : 

- Accès plus important aux travailleurs étrangers 

o Augmenter les seuils d’immigration économique permanente et accélérer le  processus d’admission, en tenant compte des besoins du secteur  manufacturier. Des délais de 18 mois sont également demandés. 
o Accélérer l’arrivée des travailleurs étrangers temporaires en faisant passer le  délai moyen de traitement des dossiers à 9 mois.
o Mettre en place, par région, des missions de recrutement international au sein  des pays de la francophonie pour des emplois en demande dans le secteur  manufacturier.  

- Formation et rétention de la main-d’œuvre 

o Mieux appuyer et outiller les PME manufacturières qui font de la formation à  l’interne. 

- Promotion et image du secteur manufacturier 

o Mieux faire connaître le secteur manufacturier auprès des clientèles éloignées  du marché du travail.
o Attirer les jeunes dans le secteur manufacturier 

- Automatisation et robotisation 

o Accentuer le soutien financier et l’accompagnement technique des entreprises  manufacturières en matière d’automatisation et de robotisation. 

« Le premier ministre Legault nous dit qu’il veut augmenter le volume de produits fabriqués  au Québec. Pour ce faire, nous demandons au gouvernement de prendre des actions  concrètes, spécifiques au secteur manufacturier, et ce, dès maintenant. Il faut aligner les  programmes gouvernementaux sur les besoins des manufacturiers si nous voulons  augmenter notre empreinte manufacturière », a conclu la présidente-directrice générale.

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