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12 octobre 2019 - 13:00

LA MANUFACTURE ST. GEORGE WOOLLEN MILLS LTD

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LA SOCIÉTÉ HISTORIQUE SARTIGAN

C'est le nom d'origine, en anglais, qui fut longtemps utilisé pour désigner cette première entreprise manufacturière de l'histoire de notre ville. En 1928, comme partout ailleurs, l'emploi était rare à Saint-Georges. Un groupe de citoyens, voulant établir une industrie, allèrent trouver Édouard Lacroix pour lui proposer de se joindre à eux. Ce qu'il accepta, à la condition d'être le principal actionnaire. Voici donc les noms des fondateurs: Édouard Lacroix, Eugène Roberge, Béloni Poulin, J-Édouard Poulin, Georges Thibaudeau, Philippe Thibaudeau, Arthur Godbout et le notaire Adélard Gilbert. Ceux-ci investirent 60,000$ (équivalant aujourd'hui à plus de 600,000$) comme capital de départ, Lacroix en détenant 60%. Sa fondation marqua le début d'une ère d'industrialisation à Saint-Georges. C'était une filature, on l'appelait «la manufacture de laine», construite près du ruisseau d'Ardoise (photo 1). L'entreprise débuta modestement, avec 50 employés, dans un bâtiment de 60 par 260 pieds. La manufacture fut agrandie à plusieurs reprises au fil des ans (photo 2). En 1931, on comptait 160 ouvrier(e)s, et on employa jusqu'à 300 personnes dans les meilleures années, pendant la guerre (photo 4, d'octobre 1943), incluant plusieurs femmes (photo 3, Mme Ruth Fortin Bernard vers 1950). La mise sur pied de l'entreprise fut difficile car on n'avait pas sur place la main-d'oeuvre spécialisée capable de mettre au point la production. On a dû importer de l'étranger les experts dont on avait besoin. En 1931, on engagea quatre experts d'Angleterre, dont le surintendant était George Sheard. Quand il quitta en 1937, Édouard Lacroix se rendit en Écosse et recruta le chimiste Thomas Comrie, qui est devenu directeur-gérant et a énormément contribué au succès de la Woollen pendant 36 ans. Il est décédé ici en 1979 à l'âge de 89 ans. Dans les débuts, on achetait la laine des cultivateurs de la région qui élevaient des moutons, mais on se tourna ensuite vers les producteurs d'Australie. La laine arrivait en matière brute et recevait à l'usine même tous les traitements requis pour la transformer en tissu. L'équipement utilisé pour les opérations était des plus modernes et la production se comparait avantageusement aux meilleurs tissus anglais et écossais. Le produit était de la plus haute qualité, de très beaux lainages qui servaient à la fabrication d'étoffes à paletots pour hommes et garçons. On vendait aux plus gros fabricants partout au Canada. Les tissus de la Woollen servaient même à fabriquer «les paletots de curés quasiment de toute la province». À partir des années '50, la mode changea et il y avait maintenant des tissus synthétiques. Au début des années '60, la production de tissu diminua progressivement, puis cessa complètement à la Woollen Mills. En 1963, Georges Lacroix, petit-fils du fondateur, prit charge de l'entreprise. Il fonda la compagnie Saint-Georges International qui regroupait trois usines différentes de tapis. Aujourd'hui, l'édifice est toujours là, solide et bien entretenu. L'usine est maintenant connue sous le nom de Tapis Venture et est dirigée par l'arrière-petit-fils du fondateur de 1928, Alexandre Lacroix (fils de Georges). Entreprises demeurées dans la même famille depuis quatre générations.

Photo 1 du fonds Claude Loubier. Photo 2 du fonds Hélène Bilodeau. Photo 3 courtoisie de Marilyn Bernard. Texte et recherches de Pierre Morin. 


 Fondée en 1992, la Société Historique Sartigan est un organisme à but non-lucratif,
financé par les dons, dont la mission est la protection, l'interprétation, la valorisation
et la diffusion du patrimoine de Saint-Georges et de ses environs.

 


Centre culturel Marie-Fitzbach (4e étage)
250,18e Rue, CP 6
St-Georges (Qc) G5Y 4S9

418 227-6176
www.shsartigan.com  -  [email protected]

facebook.com/shsartigan

 

 

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2 réactionsCommentaire(s)
  • Jasaphat Poulin y fut pour beaucoup le responsable du succès de cette entreprise et il était un gars d'ici qui travaillait avec des gars d'ici . Il dirigeait dans les deux langues , ce que M. Comrie ne faisait pas parfaitement. Mérite à ce beauceron pur " laine " , .Ne l'oublions pas . Chapeau à mon père, fils de Beloni et neveu Édouard Lacroix et bras droit de M. Comrie

    YVES Poulin - 2019-10-13 09:24
  • J'y ai travaillé à 2 reprises.
    En 1976 et en 1980 Alexandre venait travailler lui aussi.
    Son père avait fait un jeûne,ce qui a guéri un petit problème au dos.

    Serge Baillargeon - 2019-10-13 16:30