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22 mars 2020 - 06:00

LA LAITERIE SAINT-GEORGES DU BOULEVARD DIONNE

LA SOCIÉTÉ HISTORIQUE SARTIGAN

Dans les années '40, trois producteurs de lait s'unissent pour fonder une laiterie du côté ouest de la ville. Ce sont Émile Poirier, Kenneth Pozer et Adrien Veilleux. La Laiterie Saint-Georges Ltée fut incorporée le 6 juin 1944. Les opérations commencèrent le 20 décembre 1945. Elle était située sur le boulevard Dionne, au coin de la rue de la Chapelle (15e rue), là où se trouve aujourd'hui le poste de Police. C'était un édifice de deux étages, en blocs de ciment (photo 1). Le plancher du rez-de-chaussée était en béton poli, pour que le contremaître (M. Saint-Georges Poulin, dont la famille habitait le deuxième étage) puisse le laver au boyau d'arrosage à la fin de chaque jour d'opération. Je le voyais faire régulièrement lorsque j'étais livreur du journal Le Soleil dans les années '50. Pendant l'été, je m'y arrêtais la plupart du temps en fin d'après-midi, pour m'acheter un demiard de lait au chocolat (photo 2 montrant ce format de bouteille). Ils étaient les compétiteurs de la Laiterie Beauceronne dans l'est. Ces derniers avaient appelé leur lait au chocolat «Vi-Co» tandis que la Laiterie Saint-Georges avait un nom différent pour ce produit: le «Krim-Co». En réalité, c'était la même chose. Dans sa publicité de 1958, la Laiterie Saint-Georges se réclame «la première usine de pasteurisation dans la Beauce» (photo 3). Son premier numéro de téléphone était le «8». À l'origine, on distribuait le lait très tôt le matin en voiture à cheval (photo 4, où on voit le livreur Odé Paquet). Les clientes mettaient la pinte de lait vide sur la balcon avec les pièces de monnaie requises (ou plus tard des coupons) et le laitier y laissait à la place une pinte pleine. À l'époque, le lait et la crème n'étaient pas mélangés, la crème se ramassait dans le haut de la pinte et le lait dans la partie basse. Cela causait un problème, tel qu'on le constate à la photo 2: par grand froid, en hiver, le liquide gelait dans la pinte, ce qui le faisait gonfler, il se formait alors un col de crème dépassant sur le dessus, ce qui faisait le délice des chats errants qui le léchaient avidement. Les ménagères devaient donc se hâter de rentrer leur lait avant l'arrivée des chats. Vers 1965, la Ville de Saint-Georges Ouest, alors dirigée par le maire Armand «Mazor» Roy achète le terrain de la laiterie pour y ériger un nouvel hôtel de Ville. En échange, on cède à la laiterie un terrain plus grand, situé face à la 11e rue, où la laiterie a construit un édifice plus grand et moderne pour y aménager son nouveau bâtiment (au 1175 de la 6e avenue). Voyez la dernière photo, illustrant les camions qui ont remplacé les chevaux pour distribuer le lait. En 1967, le président était le Dr Rodolphe Maheux, le vice-président était M. Émile Poirier et le gérant était M. Henri Poirier. Dans les années '80, la Laiterie Saint-Georges fusionna ses activités avec plusieurs autres sous le nom de Uni-Lait. Puis on cessa la production de lait à cet endroit vers 1986. Par après, cet immeuble (celui où on avait déménagé en 1966) fut transformé pour loger des commerces. C'est là qu'on trouve depuis plusieurs années le magasin Jules Maheux Chaussures. Aujourd'hui, il n'existe plus de petites laiteries locales, elles ont toutes été achetées ou fusionnées avec de grandes laiteries provinciales. On en garde quand même un souvenir nostalgique.

Photos du fonds Claude Loubier. Texte et recherches de Pierre Morin.


 Fondée en 1992, la Société Historique Sartigan est un organisme à but non-lucratif,
financé par les dons, dont la mission est la protection, l'interprétation, la valorisation
et la diffusion du patrimoine de Saint-Georges et de ses environs.

 


Centre culturel Marie-Fitzbach (4e étage)
250,18e Rue, CP 6
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418 227-6176
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