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L'épierreuse ou arrache-pierre d'autrefois et d'aujourd'hui

L'épierreuse ou arrache-pierre d'autrefois et d'aujourd'hui
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LA SOCIÉTÉ HISTORIQUE SARTIGAN

Notre région est bien connue pour la beauté de ses superbes terres agricoles, qu'on peut admirer quand on prend le temps de circuler sur la route 173, qui offre une vue panoramique sur nos vastes champs bien alignés dans la vallée de la Chaudière. Mais n'allez pas imaginer que ces magnifiques champs sont un don dont la nature nous a gratifiés au moment de l'arrivée des premiers colons il y a plus de 200 ans. Il a d'abord fallu déboiser, dessoucher et défricher, ce qui était déjà un travail très laborieux. Pire, la majorité étaient des «terres à roches», parsemées de pierres parfois très grosses, comme en témoigne un article paru dans le journal local en septembre 1910, dans lequel un monsieur de Compton invite les cultivateurs de la Beauce à aller s'installer dans la région des Cantons de l'Est sous prétexte qu'à cet endroit, les terrains étaient moins «rocailleux et infertiles» (photo 3). Heureusement, nos agriculteurs de la Beauce ont persévéré. Il en a fallu du temps et du courage de la part de nos ancêtres pour cultiver de telles parcelles de terrain. Ce fut un travail de longue haleine, qui s'est échelonné sur plusieurs générations. L'épierrage est important car les roches aggravent l'usure des outils et gênent la germination des cultures et le développement de leurs racines. Au départ, cette tâche était faite pratiquement à la main. On le faisait en famille, l'agriculteur réunissait toute la famille une journée par ci et par là, homme, femme et enfants, pour ramasser les roches et les mettre dans la charrette tirée par les chevaux. On en faisait ce qu'on appelait des «digues» ou des tas alignés le long des clôtures, parfois sur toute la distance de la terre. On a même inventé un genre de voiture hippomobile imposante, érigée avec de gros madriers visant à soulever et enlever les grosses pierres. La 1re photo, prise à Saint-Georges en 1937, nous offre une vue spectaculaire d'une semblable machine. Il y en avait une identique (peut-être même était-ce celle de la photo) à l'ancien Musée des Défricheurs de Saint-Prosper il y a environ 20 ans. Elle doit exister encore, conservée quelque part dans la région. Une autre machine du même genre a été inventée, avec chaines et roues dentées, comme on le voit à la 2e photo qui aurait été prise dans le secteur du rang Saint-Gabriel à Sainte-Marie. Elle a aussi servi aux mêmes fins: arracher et se débarrasser de toutes ces roches qui nuisaient à l'ensemencement et endommageaient les machines agricoles servant à la récolte. Il y a 60 ans, on voyait des digues et des tas de roches le long des clôtures sur beaucoup de terres agricoles (photo 4). On les a fait disparaitre au fil des ans en les enfouissant avec des bulldozers ou des pelles mécaniques. Quand même , il faut prendre garde aux roches dissimulées à fleur de la surface, qui peuvent encore briser les machineries agricoles. On a remplacé les vieux ramasses-pierres des deux premières photos et on fabrique depuis quelques années des épierreuses mécaniques en acier beaucoup plus sophistiqués, solides et efficaces, tel le Rock Monster qu'on voit à la 5e photo, conçu et distribué par un fabricant québécois. Plusieurs entreprises en fabriquent d'autres de modèles différents. Wow, c'est là qu'on réalise à quel point nos aïeux ont dû trimer dur pour arriver à obtenir de si belles terres agricoles. Et, même débarrassé des roches, le travail reste considérable pour la production agricole dans un pays froid comme le nôtre, sans oublier que les étés peuvent parfois être trop secs, ou au contraire, trop pluvieux. Chapeau pour ceux et celles qui persévèrent en ce domaine.

Photo 1 du fonds Claude Loubier. Photo 2 du fonds Claude-Félix Pomerleau.
Photo 5 de la compagnie S. Houle. Texte et recherches de Pierre Morin.


 Fondée en 1992, la Société Historique Sartigan est un organisme à but non-lucratif,
financé par les dons, dont la mission est la protection, l'interprétation, la valorisation
et la diffusion du patrimoine de Saint-Georges et de ses environs.

 


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www.shsartigan.com  -  shsartigan@hotmail.com

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