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Pier Dutil

Le «cash» de moins en moins utilisé

durée 17h00
6 mars 2023
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Par Pier Dutil

LE «CASH» DE MOINS EN MOINS UTILISÉ

Vous réglez vos achats avec de l’argent comptant? Eh bien vous risquez de passer pour un dinosaure. Au Canada, le «cash» est de plus en plus rare et l’utilisation des cartes de crédit et/ou de débit devient la norme.

88 % DES ACHATS PAR CARTES

Selon des données fournies par la Banque du Canada en décembre dernier, les consommateurs canadiens utilisent des cartes de crédit et/ou de débit pour régler 88 % de leurs achats. En 2017, cette proportion était de 67 %, alors qu’en 2009, on n’en était qu’à 46 %. La croissance a été fulgurante.

À l’épicerie, l’utilisation des cartes est encore plus répandue. Une étude réalisée par l’Université de Dalhousie en Nouvelle-Écosse révèle qu’au Canada, 50 % des clients utilisent une carte de crédit, 42 % une carte de débit et 8 % paient comptant. Au Québec, le portrait est un peu plus prononcé alors que 53 % des consommateurs paient avec une carte de crédit, 41 % avec une carte de débit et seulement 5 % utilisent de l‘argent comptant.

L’utilisation des cartes entraîne des frais, ce que plusieurs ignorent. Il y a d’abord les frais payés par certains utilisateurs de cartes et il y a également les frais payés par les commerçants aux compagnies émettrices des cartes de crédit. Chez les commerçants, il ne fait pas de doute que ces frais sont calculés et ajoutés au moment de fixer le prix des produits vendus. C’est finalement le consommateur qui paie la note.

LES CARTES DE CRÉDIT : OUTILS OU PIÈGES

L’existence des cartes de crédit remonte à 1958. C’est la chaîne de magasins Sears qui a créé cet outil. Depuis, le nombre de cartes s’est multiplié et, aujourd’hui, la très grande majorité des consommateurs canadiens disposent d’une, voire même de plusieurs cartes de crédit dans leur portefeuille.

Les cartes de crédit les plus utilisées sont Master Card, Visa et American Express, mais plusieurs autres entreprises, dont la plupart des banques, ont développé leurs propres cartes.

Au Canada, la moyenne mensuelle des dépenses payées par carte de crédit est de 2 370 $. Si chaque consommateur est en mesure de rembourser son solde mensuel au complet, la carte de crédit est un excellent outil. En effet, elle nous permet de bénéficier d’un crédit gratuit.

Par contre, le consommateur qui n’est pas en mesure d’acquitter en entier son solde mensuel s’expose à payer des frais d’intérêt élevés. Le taux d’intérêt minimum de la plupart des cartes se situe à 19,99 %.

En date du 1er août 2022, chaque détenteur d’une carte de crédit se devait de payer un minimum de 3 % % de son solde, ce qui est relativement peu. Et à chaque année, au 1er août, le montant minimum passera de 3 % à 5 % d’ici 2025.

Un détenteur d’une carte de crédit dont le taux d’intérêt est de 19,99, % qui a un solde de 2 370 $ et qui se contenterait de ne payer que le montant minimum mensuel aurait besoin de 12 ans et 10 mois pour parvenir à payer le tout. Et tout au long de cette période, il aurait payé 1 998 $ en frais d’intérêt, ce qui porterait son paiement total à 4 368 $. Et cela à condition qu’il n’ait plus utilisé sa carte les mois suivants pour augmenter son solde.

Dans une telle situation, il ne fait pas de doute que la carte de crédit est passée d’outil à piège qui risque d’entraîner son détenteur dans une courbe d’endettement inquiétante.

RISQUE DE FAILLITE

Selon l’Association des banquiers canadiens, au moins 30 % des détenteurs de cartes de crédit ont des soldes impayés. Quand cela se produit sur plus d’une carte pour un même détenteur, ce dernier se retrouve pris dans un engrenage qui risque fort de l’entraîner vers la faillite.

En 2022, plus de 100 000 consommateurs canadiens se sont retrouvés face à un dossier d’insolvabilité, dont 25 433 au Québec. On en arrive là lorsque l’on n’est plus en mesure d’acquitter ses dettes.

Si l’on se fie aux dernières données publiées récemment, la situation est loin de s’améliorer. En effet, en janvier dernier, le nombre de Canadiens qui ont déposé un dossier d’insolvabilité a augmenté de 33,7 % par rapport à janvier 2022. Avec l’inflation qui perdure et l’augmentation des taux d’intérêt, rien n’indique que la situation ira en s’améliorant.

Heureusement, tous ces mauvais dossiers ne conduisent pas automatiquement à la faillite. 75 % des dossiers d’insolvabilité aboutissent à une proposition par laquelle le débiteur s’engage à payer une partie de l’ensemble de sa dette dans un délai précis à ses créanciers qui acceptent la proposition plutôt que de perdre toute leur créance. Malheureusement, les autres 25 % aboutissent à une faillite.

NIVEAU D'ENDETTEMENT

Au Canada, en 2022, le taux d’endettement des ménages canadiens atteignait 181,7 %. Cela signifie que pour chaque 100 $ de revenus, un ménage doit 181,70 $. La majeure partie de cette dette est reliée à des dépenses hypothécaires. 

Selon une étude réalisée par Equifax Canada, la dette moyenne par consommateur, abstraction faite de la dette hypothécaire, atteint un niveau record de 21 188 $.

Finalement, peu importe que vous payiez comptant ou par carte, l’important c’est de vous assurer d’être en mesure d’acquitter vos dépenses dans les délais prévus. Ça aide à bien dormir.

 Visionnez tous les textes d'opinion de Pier Dutil


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