Nous joindre
X
Rechercher
Publicité

Pier Dutil

Le cellulaire en classe

durée 18h00
5 juin 2023
ici

commentaires

ici

likes

 

vues

imprimante
email
Par Pier Dutil

LE CELLULAIRE EN CLASSE

Dans ma naïveté de septuagénaire, j’étais convaincu que le cellulaire en classe était interdit. Et je n’étais pas le seul à penser ainsi.

Eh bien, sachez que nous étions dans le champ! Nos chers petits peuvent avoir près d’eux en classe leur cellulaire, appareil dont ils ne peuvent se séparer.

Motion rejetée

J’ai appris cela par le biais d’une nouvelle dans les médias qui faisait état d’une motion présentée à l’Assemblée nationale par le PQ. La motion en question visait à encadrer l’utilisation du cellulaire en classe. Il n’était pas question d’encadrer l’utilisation du cellulaire à l’école. Non. Tout simplement en classe, durant les cours.

Croyez-le ou non, cette motion a été rejetée par la majorité de nos élus. 

Pourtant, lors d’un sondage récent effectué par la Fédération des Syndicats de l’Enseignement auprès de 7 000 enseignantes et enseignants du Québec, 92 % appuyaient l’interdiction du cellulaire en classe.

Il me semble qu’il aurait été de mise de tenir compte de l’opinion de celles et ceux qui, quotidiennement, prennent place devant les élèves pour leur transmettre des connaissances.

Le rôle de l’élève

Lorsqu’il se présente en classe, l’élève est en droit de s’attendre à ce que le prof soit bien préparé pour lui transmettre des connaissances nouvelles qui lui serviront tout au long de son parcours scolaire et même au-delà.

En retour, le prof est en droit de s’attendre à ce que les élèves devant lui soient attentifs. Comme le décrivait le chroniqueur Stéphane Laporte dans lapresse+ samedi dernier : «Le rôle de l’élève est d’abord d’écouter ce que dit le prof et, dans la mesure du possible, de le comprendre.»

Mais comment capter l’attention d’un élève qui, pendant un cours, consulte son cellulaire, surfe sur Facebook, Instagram, Tik Tok et autres réseaux sociaux, envoie des textos à ses amis et ainsi de suite.

Je sais que les jeunes d’aujourd’hui sont super intelligents, du moins si j’en crois leurs parents, mais il est difficile de se concentrer sur deux interlocuteurs en même temps.

Une dépendance inquiétante?

Si nos jeunes ne sont pas capables de s’abstenir de consulter leur cellulaire durant 50 minutes, ils ont un sérieux problème de dépendance.

Lorsque l’on parle d’encadrer l’utilisation du cellulaire, il n’est pas question de l’interdire. Et lorsque l’on parle de l’encadrement en classe, il n’est pas question de l’interdire à l’école.

En laissant leur cellulaire dans leur casier durant les cours, les élèves pourront facilement en retrouver l’usage durant la récréation et sur l’heure du dîner.

L’utilisation du cellulaire n’est pas une question de vie ou de mort. Comme le mentionnait Stéphane Laporte dans sa chronique de samedi dernier : «C’est un cellulaire, pas un pacemaker.»

L’exemple des parents

Malheureusement, je dois admettre, à la défense des jeunes, que l’utilisation souvent abusive du cellulaire par leurs parents leur sert d’exemple.

Dans ma chronique du 14 novembre dernier, je traitais de la dépendance au cellulaire qui est devenue assez importante pour qu’on lui attribue une appellation particulière : la nomophobie.

Il s’agit là de l’habitude prise par quelqu’un qui ne peut se passer de son cellulaire et qui éprouve une peur démesurée à la simple idée d’en être séparé ou de ne pouvoir s’en servir, ne serait-ce que durant une brève période.

Si, à l’âge du primaire et/ou du secondaire, les élèves sont victimes de nomophobie, comme le dit l’expression, «Ca va mal à la shop

Comprenez-moi bien; je ne suis pas contre l’usage du cellulaire. C’est une très belle invention, susceptible de devenir un outil capable de nous faciliter la vie.

Mais il ne faudrait pas oublier qu’un outil est au service de l’humain. Lorsque l’humain devient esclave d’un outil, il y a un problème.

En conclusion, en rejetant la motion visant à encadrer l’utilisation du cellulaire en classe, les élus de l’Assemblée nationale ont raté une belle occasion de rendre service tant aux profs qu’aux élèves.
 

Pensée de la semaine

Je dédie la pensée de la semaine aux parents dont les enfants possèdent un cellulaire :

commentairesCommentaires

0

Pour partager votre opinion vous devez être connecté.

RECOMMANDÉS POUR VOUS


durée Hier 8h00

Patin à roulettes à la tour Catellier autrefois

LA SOCIÉTÉ HISTORIQUE SARTIGAN Vous vous souvenez de ces séances de patins à roulettes qui avaient lieu à l'ancienne Tour Catellier de la rue Saint-Moïse (21e rue) à Saint-Georges Ouest dans les années '50? C'était dans l'immeuble qu'on voit à la 1re photo avant qu'il ne devienne un édifice à ...

25 mai 2024

Les faces cachées de l’étranglement

Comme tous les jours de semaine, Chantale rentre du travail et organise la maison. Elle le sait que la demeure doit être impeccable, puisque son conjoint aime que ce soit propre et douillet. Après le souper, alors qu’elle nettoie la vaisselle, elle échappe un contenant en verre et s’empresse de le ramasser en s’excusant.  Lorsque celui-ci se rend ...

20 mai 2024

Y a-t-il de la relève pour nos entreprises?

Selon le Centre de Transfert d’Entreprises du Québec (CTEQ), au cours des dix prochaines années, 34 000 entreprises seront à vendre, leurs dirigeants ayant atteint l’âge de la retraite. Si l’on veut que ces entreprises continuent d’exister, il faudra trouver des gens intéressés et intéressants pour prendre la relève. Il y a là un défi important ...