Pier Dutil
Le cellulaire en classe
LE CELLULAIRE EN CLASSE
Dans ma naïveté de septuagénaire, j’étais convaincu que le cellulaire en classe était interdit. Et je n’étais pas le seul à penser ainsi.
Eh bien, sachez que nous étions dans le champ! Nos chers petits peuvent avoir près d’eux en classe leur cellulaire, appareil dont ils ne peuvent se séparer.
Motion rejetée
J’ai appris cela par le biais d’une nouvelle dans les médias qui faisait état d’une motion présentée à l’Assemblée nationale par le PQ. La motion en question visait à encadrer l’utilisation du cellulaire en classe. Il n’était pas question d’encadrer l’utilisation du cellulaire à l’école. Non. Tout simplement en classe, durant les cours.
Croyez-le ou non, cette motion a été rejetée par la majorité de nos élus.
Pourtant, lors d’un sondage récent effectué par la Fédération des Syndicats de l’Enseignement auprès de 7 000 enseignantes et enseignants du Québec, 92 % appuyaient l’interdiction du cellulaire en classe.
Il me semble qu’il aurait été de mise de tenir compte de l’opinion de celles et ceux qui, quotidiennement, prennent place devant les élèves pour leur transmettre des connaissances.
Le rôle de l’élève
Lorsqu’il se présente en classe, l’élève est en droit de s’attendre à ce que le prof soit bien préparé pour lui transmettre des connaissances nouvelles qui lui serviront tout au long de son parcours scolaire et même au-delà.
En retour, le prof est en droit de s’attendre à ce que les élèves devant lui soient attentifs. Comme le décrivait le chroniqueur Stéphane Laporte dans lapresse+ samedi dernier : «Le rôle de l’élève est d’abord d’écouter ce que dit le prof et, dans la mesure du possible, de le comprendre.»
Mais comment capter l’attention d’un élève qui, pendant un cours, consulte son cellulaire, surfe sur Facebook, Instagram, Tik Tok et autres réseaux sociaux, envoie des textos à ses amis et ainsi de suite.
Je sais que les jeunes d’aujourd’hui sont super intelligents, du moins si j’en crois leurs parents, mais il est difficile de se concentrer sur deux interlocuteurs en même temps.
Une dépendance inquiétante?
Si nos jeunes ne sont pas capables de s’abstenir de consulter leur cellulaire durant 50 minutes, ils ont un sérieux problème de dépendance.
Lorsque l’on parle d’encadrer l’utilisation du cellulaire, il n’est pas question de l’interdire. Et lorsque l’on parle de l’encadrement en classe, il n’est pas question de l’interdire à l’école.
En laissant leur cellulaire dans leur casier durant les cours, les élèves pourront facilement en retrouver l’usage durant la récréation et sur l’heure du dîner.
L’utilisation du cellulaire n’est pas une question de vie ou de mort. Comme le mentionnait Stéphane Laporte dans sa chronique de samedi dernier : «C’est un cellulaire, pas un pacemaker.»
L’exemple des parents
Malheureusement, je dois admettre, à la défense des jeunes, que l’utilisation souvent abusive du cellulaire par leurs parents leur sert d’exemple.
Dans ma chronique du 14 novembre dernier, je traitais de la dépendance au cellulaire qui est devenue assez importante pour qu’on lui attribue une appellation particulière : la nomophobie.
Il s’agit là de l’habitude prise par quelqu’un qui ne peut se passer de son cellulaire et qui éprouve une peur démesurée à la simple idée d’en être séparé ou de ne pouvoir s’en servir, ne serait-ce que durant une brève période.
Si, à l’âge du primaire et/ou du secondaire, les élèves sont victimes de nomophobie, comme le dit l’expression, «Ca va mal à la shop.»
Comprenez-moi bien; je ne suis pas contre l’usage du cellulaire. C’est une très belle invention, susceptible de devenir un outil capable de nous faciliter la vie.
Mais il ne faudrait pas oublier qu’un outil est au service de l’humain. Lorsque l’humain devient esclave d’un outil, il y a un problème.
En conclusion, en rejetant la motion visant à encadrer l’utilisation du cellulaire en classe, les élus de l’Assemblée nationale ont raté une belle occasion de rendre service tant aux profs qu’aux élèves.
Pensée de la semaine
Je dédie la pensée de la semaine aux parents dont les enfants possèdent un cellulaire :

RECOMMANDÉS POUR VOUS

Une drôle de campagne, mais pas une campagne drôle
Au jour 26 de la campagne électorale au Québec, tout nous indique que les jeux ne sont pas encore faits. On peut déceler certaines tendances, mais le troisième débat à venir mercredi et les 13 jours qui restent avant le vote pourraient nous réserver des surprises. Malgré un vaste choix entre les cinq principaux partis qui feront ...
LIRE LA SUITE
Histoire surprenante d'une vieille maison
LA SOCIÉTÉ HISTORIQUE SARTIGAN Vous vous souvenez de cette vieille maison que l'on apercevait autrefois à chaque fois que l'on circulait sur le boulevard Lacroix, en face du restaurant Chez Charles, près du feu de circulation? (photo 1). Elle faisait partie du paysage et semblait figée dans le temps. Son dernier propriétaire, Laurent Fortin, ...
LIRE LA SUITE
Le 11 septembre 2001 a changé le monde
Dans notre vie, il y a de rares évènements qui s’enracinent profondément dans notre mémoire au point de se souvenir ce que nous faisions, où nous étions à un moment précis, plusieurs années auparavant. Personnellement, j’ai en mémoire deux de ces évènements : l’assassinat du Président John Kennedy le 22 novembre 1963, il y a ...
LIRE LA SUITE