Centre-Femmes de Beauce
L’éducation des enfants : est-ce qu’on sait ce qu’on fait?
Il était une fois, une femme qui disait, que quand elle serait mère, elle, « ça marcherait comme ça et c’est tout ». Toutes les autres mères riaient, mais elle ne comprenait pas pourquoi. Un jour, cette femme devint mère et c'est là qu'elle comprit, devant ce petit être qu'elle aimait déjà tant, qu'elle ne savait absolument rien au fond.
Ça vous dit mon petit début d'histoire? C'est parce que malheureusement, les enfants ne viennent pas avec un mode d'emploi. On les élève du mieux qu'on peut compte tenu de nos ressources personnelles, matérielles et financières. La majorité du temps, on ne sait absolument pas ce qu'on fait.
Mais saviez-vous que, dépendamment si vous avez eu un garçon ou une fille, vous allez l'élever différemment simplement parce que vous avez des préjugés et des prédispositions sexistes ancrés en vous. Et là je ne dis pas que c'est de votre faute. La société dans laquelle vous avez été élevé a contribué à intégrer les préjugés tellement creux en vous que vous ne les voyez plus. Pensez seulement à la dernière fois que vous avez acheté un cadeau pour une nouvelle maman. La maman a eu une fille? Vous avez tout de suite pensé à un petit pyjama rose ou une poupée, j'en suis presque certaine. Elle a eu un garçon? Pourquoi pas un camion ou une chemise à carreaux?
Mais si vous êtes passé chez une amie et que son fils vous a offert son délicieux thé dans une petite tasse en plastique tout en promenant son bébé en poussette, il vous a probablement dit qu'il ne joue pas à la maman : il joue au papa.
Si ça vous choque de voir un petit garçon jouer à la poupée ou prendre le thé, vous avez encore des préjugés sexistes ancrés. C'est le temps que ça change. Nos filles et nos garçons méritent d'avoir exactement les mêmes chances dès la plus tendre enfance ; ils doivent apprendre les mêmes bases. Pourquoi les cantonner à des rôles? Pourquoi leur dire ce qu'ils peuvent ou ne peuvent pas faire? Les possibilités devant eux sont infinies. Ils peuvent être et devenir ce qu'ils veulent.
Mais tout ça, ça passe par l'éducation. C'est à nous, les parents, de leur montrer l'exemple. Si nos garçons voient leur papa dans la cuisine faire de bons petits plats, ils voudront probablement l’imiter et ils comprendront que la cuisine n'est pas exclusive à maman. Si nous les habituons tôt à faire leur propre lavage, ils ne deviendront pas dépendants de leur future compagne (ou encore de leur mère à 40 ans) pour faire cette tâche à leur place. Si nous montrons à nos filles à se servir de tous les outils de la maison, et que nous leur disons qu'elles sont capables, elles arrêteront de se sentir inférieures aux hommes en se disant qu'elles ne peuvent rien réparer par elles-mêmes dans la maison et qu’elles ont besoin d’eux.
Sur ce, allez faire une douzaine de biscuits avec vos enfants, faites partir une brassée de lavage à votre ado, et n'oubliez pas de dire à votre chum de passer l'aspirateur au passage. Soyez proactif. Achevez les clichés de l’homme pourvoyeur et de la femme responsable de toute la charge mentale (oui, ça existe encore en 2023!) Créons ensemble une société qui n'oriente plus les rôles de chacun sur leur genre.
Vous avez besoin de vous confier ? Vous pouvez discuter en toute discrétion avec une intervenante du Centre-Femmes au 418 227-4037 poste 2.

RECOMMANDÉS POUR VOUS

Ça y est, on est en guerre!
Ne paniquez pas à la lecture du titre de cette chronique. Le Canada ne sera pas envahi par une armée étrangère, on ne verra pas passer des chars d’assaut dans nos rues et nous n’assisterons pas à des bombardements d’avions ou de drones. La guerre à laquelle nous devons faire face est beaucoup plus insidieuse, surtout qu’elle provient ...
LIRE LA SUITE
Les églises de 1831 et de 1862 à Saint-Georges
LA SOCIÉTÉ HISTORIQUE SARTIGAN La première église, qu'on aurait pu appeler une chapelle, dura à peine 30 ans, de 1831 à 1862. On n'en détient aucune photo. En 1935, le frère Adjuteur (Frères de la Charité) a rédigé un «Précis Historique sur la paroisse de St-Georges». De 1933 à 1935, il a interviewé plusieurs personnes âgées pour ...
LIRE LA SUITE
La criminalisation du contrôle coercitif
Depuis le 18 juin dernier, après avoir obtenu la sanction royale, le contrôle coercitif est devenu un crime au Canada. Il s’agit d’une grande avancée pour les femmes victimes de violence conjugale. La loi C-16 contient de nombreux changements au Code criminel qui portent sur la violence conjugale, notamment la question du féminicide, du ...
LIRE LA SUITE
