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Jusqu'en 1955, la 2e avenue était le prolongement de la route nationale 23 (aujourd'hui 173). C'était donc l'artère qui permettait de traverser la ville dans l'axe Lévis-Jackman, ce qui occasionnait un trafic intense. Le 1er janvier 1929, la route en question a reçu officiellement le numéro 23 du réseau routier de la Province, qui en comptait alors 46. En 1930, elle croisait en plein centre-ville la route 24 (maintenant 204) qui va d'est en ouest, de Mégantic à Saint-Jean-Port-Joli. La photo illustre bien la situation puisqu'on y voit tous ces panneaux d'affichage indiquant toutes les directions possibles, tant pour les véhicules y circulant que pour ceux qui montaient ou descendaient la rue Saint-Antoine (aujourd'hui 120e rue): Armstrong, Jackman, Mégantic, Saint-Prosper, Lac-Frontière, Lac-Etchemin, Québec et encore d'autres qu'on ne voit pas pour ceux qui descendaient la rue en direction ouest.
Deux des principales intersections de Saint-Georges se trouvaient sur cette rue: le coin 1e avenue/rue Saint-Antoine et le coin 2e avenue/rue Saint-Antoine. C'étaient l'enfer pour les camions, car en plus d'être des rues étroites, ceux arrivant de la première avenue devaient faire un arrêt au coin de la 2e avenue et repartir sans reculer pour ne pas heurter ceux se trouvant derrière, en plus d'avoir parfois à tourner vers la gauche (vers Québec) dans un angle très prononcé.
En 1950, il y avait autant, sinon plus, de commerces sur la 2e avenue que sur la 1re: tous les concessionnaires d'auto: deux GM (J.W. Morin et National), Ford, Chrysler, Datsun (Nissan) etc. Plusieurs hôtels importants: National, Continental et Hermandi. De nombreux restaurants: Café Royal, Café Paris, Le Monaco, le Lunchoennette, restaurant Jos S. Poulin (devenu Bon Accueil) etc. Et toutes sortes d'autres commerces de tous genres, épiceries, vêtements, etc.
L'ouverture du viaduc sur le boulevard Lacroix en novembre 1955 sonna le début du déclin de cette vénérable avenue. La diminution du trafic fut radicale. Au début des années '60, les commerces commencèrent à déménager sur la 1re avenue qui devint pratiquement un centre d'achat à ciel ouvert, avec l'arrivée de Farmer, Peoples, A.L. Green, Davis, Roger Carrier et tous les autres qui s'y greffèrent. Les vendeurs d'autos suivirent la marche peu après pour aller s'installer dans le nouveau secteur commercial de la Station et les hôtels mentionnés précédemment furent tous trois détruits par des incendies, l'Hermandi en 1965, le National en 1977 et le Continental en 1981. L'âge d'or de la 2e avenue était terminé, aujourd'hui c'est vraiment plus tranquille qu'à l'époque. Notre ville est en perpétuel changement et les transformations sont spectaculaires d'une génération à l'autre. Et ce n'est jamais fini. C'est la vie...
Photo fonds Claude Loubier. Texte et recherches de Pierre Morin.
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