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Pier Dutil

Manquez-vous de temps?

durée 18h00
12 janvier 2026
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Par Pier Dutil

Suite à ma chronique du 29 décembre dernier qui traitait du temps, à savoir qu’il paraissait long pour certains et qu’il passait vite pour d’autres, vous avez été nombreux à m’aborder lors de mes sorties pour partager des expériences concernant la gestion du temps.

Si je me réfère à vos commentaires, presque tout le monde semble manquer de temps, même les retraités qui, pourtant, ont tout leur temps.

Le temps au travail

Pour plusieurs, le temps consacré au travail semble trop long. Pourtant, aujourd’hui, la semaine de travail est de plus en plus courte.

Dans les années 1950, plusieurs travaillaient six jours par semaine. Oui, on travaillait le samedi. La semaine de travail à l’époque pouvait accaparer les travailleurs durant 48 heures.

Peu à peu, on est passé à une semaine de 44 heures, la semaine prenant fin le samedi midi. Puis, on a éliminé la sixième journée complètement et la semaine de travail de 40 heures est devenue la norme.

Aujourd’hui, rares sont ceux qui travaillent encore 40 heures par semaine. Selon les types d’emplois, plusieurs ne consacrent plus que 35 ou 37 ½ heures au travail par semaine.

De plus, grâce aux nouveaux outils mis au point par la technologie moderne, le travail exige de moins en moins d’efforts physiques de la part des travailleurs. Et l’arrivée de l’intelligence artificielle aura un impact important sur le temps que l’on consacrera au travail.

Tout au long de sa vie, l’être humain consacre en moyenne 28 % de son temps au travail. Cela tient compte du temps consacré à l’enfance, aux études, au sommeil et à la retraite. 

Pourquoi, alors, trouve-t-on si long le temps consacré au travail? Allez savoir pourquoi.

Des besoins en croissance

Il y a des millénaires, l’être humain travaillait pour satisfaire ses besoins primaires à savoir se nourrir, se vêtir et se loger. Il consacrait alors bien peu de temps au travail.

Avec les années, l’être humain s’est développé des besoins toujours plus nombreux : une belle et grande maison, une ou deux autos par couple, un voyage dans le sud à l’hiver, la piscine dans la cour arrière, etc. Et, pour satisfaire tous ces besoins, ça prend de bons revenus provenant du travail.

Ces besoins, autres que les besoins primaires, l’être humain a fini par se les imposer comme absolument nécessaires. Pourtant, ce n’est pas le cas.

Parallèlement à cette croissance des besoins, certains ont adopté des modes de vie faisant appel à plus de modération. Vous comme moi avez entendu parler des adeptes de la simplicité volontaire qui prônent une vie plus près de la nature destinée à résister à la forte consommation. Mais, on s’est vite rendu compte que les adeptes de la simplicité volontaire étaient généralement des gens relativement bien nantis qui pouvaient se permettre une pause dans la croissance de leurs besoins souvent déjà satisfaits.

La seule justice sur terre

Je comprends très bien que le temps peut sembler long à certains et court à d’autres.

Pourtant, que l’on soit riche ou pauvre, jeune ou vieux, en santé ou malade, il y a une chose dont nous disposons toutes et tous de façon égale : le temps.

Pour chacun de nous, il y a toujours 60 minutes dans une heure, 24 heures dans une journée, sept jours dans une semaine et ainsi de suite. À mes yeux, c’est la seule chose juste sur la planète.

La seule différence entre celles et ceux qui accomplissent beaucoup de choses et celles et ceux qui ne font rien ou presque réside dans la façon d’utiliser le temps dont ils disposent.

Je remarque souvent que ce sont presque toujours les gens les plus occupés qui trouvent du temps pour se dévouer pour leur communauté. Les autres, qui ne font rien ou presque, répondent toujours la même chose lorsque l’on fait appel à leur aide : «Je n’ai pas le temps.»

Je suis conscient que la société dans laquelle nous vivons roule à vive allure et que l’on a souvent l’impression de courir après le temps. Mais on n’a pas à blâmer les autres pour cette situation, car, ce rythme de fou, c’est nous qui nous l’imposons et parfois, nous tentons même de l’imposer aux autres.

Prendre LE temps VS prendre DU temps

Depuis que je suis à la retraite, je dispose de temps pour observer nos comportements et j’ai réalisé un phénomène qui affecte presque tout le monde, à savoir que tout doit se faire rapidement.

Et cela m’a amené à me dire que l’on devrait faire la différence entre prendre LE temps et prendre DU temps.

Prendre LE temps signifie que, pour accomplir certaines tâches ou fabriquer certains produits, cela nécessite d’y accorder LE temps nécessaire. On ne peut gravir l’Everest en une journée. Il faut y consacrer une longue préparation et l’ascension doit se faire lentement, étape par étape. 

Prendre DU temps signifie que l’on étire le temps nécessaire à l’accomplissement de certaines tâches. Alors qu’une activité pourrait s’accomplir en quelques heures, on étirera le temps indûment. Cela revient à perdre DU temps.

Finalement, notre gestion du temps devrait être avant tout une question d’équilibre. Il nous appartient d’utiliser intelligemment les outils que la technologie moderne met à notre disposition plutôt que d’en devenir les esclaves.

En ce début d’année 2026, je vous souhaite du bon temps.

Courage

Il ne reste que 1 120 jours au mandat de Donald Trump.

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