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On sait que le Centre Culturel Marie-Fitzbach (qui loge notre bibliothèque municipale) a été autrefois le couvent du Bon-Pasteur. Cet édifice a plus de 100 ans, ayant été construit en 1923-24. L'immeuble actuel a remplacé l'ancien couvent, érigé en 1881. Beaucoup plus imposant, celui-ci a été détruit par un gigantesque incendie dans la nuit du 3 au 4 janvier 1923. Heureusement, les archives des soeurs du Bon-Pasteur ont été sauvées des flammes. Nous détenons ainsi beaucoup d'informations sur l'histoire de ce premier couvent.
Peu après le feu de 1923, la Supérieure locale d'alors, Soeur Saint-Théodore, a rédigé un récit détaillé décrivant cette terrible nuit du 4 janvier 1923. Elle mentionne entre autres «À 7 heures, il ne reste plus rien du couvent... le kiosque, le pas de géant, tout est disparu...». Or, nous avons à la Société Historique Sartigan deux illustrations exceptionnelles du kiosque dont elle parle. La première photo, rarissime, date des environs de 1915 (photo 1). 57 élèves entourent trois prêtres qui sont assis à l'avant. Et la 2e date de 1905, comme l'indique le panneau tenu par un jeune enfant assis sur la première rangée.
J'ai aussi réussi à trouver une autre photo où on voit le couvent au complet à la même époque (photo 3). Examinez-la bien, on aperçoit à l'extrême gauche une partie du kiosque en question. Il était situé dans la cour de l'école, près du cimetière.
Soeur Supérieure parle aussi du «pas de géant». Le pas-de-géant était un jeu extérieur où les participants, suspendus à une poignée ou un anneau métallique accroché au bout d'une chaine ou une corde, s'élançaient en courant pour tournoyer autour du mât central, de sorte qu'ils étaient soulevés pour quelques pas par la force centrifuge, mais revenaient ensuite vers le sol, y poussaient alors par les pieds pour remonter sans cesse. On appelait ce jeu «pas-de-géant» parce qu'ils pouvaient parcourir une bonne enjambée (équivalant à plusieurs pas) avant de redescendre. D'où le nom de «pas-de-géant».
Désirant avoir une photo du pas-de-géant, j'ai examiné longuement la photo 1 et j'ai découvert qu'on voit une partie de ce jeu à droite de la photo. J'ai agrandi cette section pour qu'on distingue mieux ce manège, à la photo 4. On y voit bien la partie supérieure. Et pour qu'on comprenne mieux, j'ai réussi à trouver une ancienne photo (qui n'est pas de Saint-Georges) illustrant le fonctionnement de ce divertissement pour les enfants (photo 5).
Les ainés se souviennent qu'il y avait autrefois, dans les années '50, un jeu de ce genre au Camp Jociste, comme on appelait alors le Parc des 7-Chutes.
Ce divertissement est disparu partout il y a longtemps, car il y avait trop souvent des participants qui s'y blessaient. Un jeu aussi risqué ne serait plus toléré de nos jours.
Photo 1 (et 4) courtoisie de Bernard Poulin. Photo 2 et 3 du fonds des Soeurs du Bon-Pasteur. Recherches de Pierre Morin et de Paulin Poirier. Texte de Pierre Morin.
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