Pier Dutil
Nos olympiens beaucerons
Par Pier Dutil
Participer aux Jeux olympiques, pour un athlète, c’est un accomplissement. Y participer à plus d’une reprise et récolter une ou des médailles, c’est tout un accomplissement.
Au cours des récents Jeux olympiques d’hiver de Milano-Cortina, deux athlètes beaucerons, Marie-Philip Poulin au hockey féminin et Éliot Grondin au «snow board cross» ont réalisé de tels accomplissements et cela mérite que, collectivement, on s’en réjouisse.
Marie-Philip Poulin
La réputation de Marie-Philip Poulin, la hockeyeuse originaire de Beauceville, n’est plus à faire. Depuis quelques années déjà, elle est considérée comme la meilleure joueuse de hockey féminin au monde. Ce n’est pas rien. Déjà, elle est dans l’antichambre du Temple de la Renommée du hockey où elle sera intronisée dès qu’elle choisira de mettre fin à sa carrière.
Et cette carrière, elle est fort prestigieuse. Parmi ses nombreux exploits, permettez-moi de rappeler qu’elle en était cette année à sa cinquième participation aux Jeux olympiques. Y participer une fois est déjà un exploit; imaginez ce que ça représente que d’y participer à cinq reprises.
Et ses participations ont été marquantes. À chaque occasion, elle s’est illustrée. En marquant les deux buts de la victoire du Canada 2-0 contre les États-Unis à Vancouver en 2010, en marquant le but égalisateur et le but gagnant en supplémentaire à Sotchi en 2014, et ainsi de suite. En 2022, à Pékin, elle a été choisie comme porte-drapeau de l’équipe canadienne, tout un honneur.
Cette année, elle a établi un nouveau record en devenant l’athlète au hockey féminin qui a marqué le plus de buts lors de compétitions olympiques, soit 20, deux de plus que Hailey Wickenheiser.
De ses cinq participations aux Jeux olympiques, Marie-Philip Poulin en ressort avec trois médailles d’or et deux d’argent. Elle était bien triste de devoir se contenter de la médaille d’argent cette année, mais il n’y a rien de déshonorant d’être membre de la deuxième meilleure équipe au monde.
La native de Beauceville s’est également illustrée aux championnats du monde, récoltant 11 médailles, dont trois en or. En 2025, la Fédération internationale de hockey sur glace lui a attribué le titre de joueuse de l’année au monde.
Je pourrais remplir encore beaucoup d’espace pour énumérer ses nombreux exploits, mais je me contenterai de rappeler qu’aujourd’hui, Marie-Philip Poulin bénéficie de l’avantage de pouvoir gagner sa vie grâce à son sport au sein de la Victoire de Montréal qui évolue dans la toute première ligne professionnelle de hockey féminin.
À l’aube de ses 35 ans, le 28 mars prochain, on pourrait s’attendre à ce qu’elle en était à ses derniers Jeux olympiques, mais elle a encore beaucoup de hockey en elle et je lui souhaite de poursuivre sa carrière durant plusieurs années encore.
Éliot Grondin
À seulement 24 ans, Éliot Grondin, natif de Sainte-Marie, en était déjà à ses troisièmes Jeux olympiques. En 2018, à Pyongchang, en Corée du Sud, à seulement 16 ans, il était le plus jeune athlète sur place.
En 2022, à Pékin, Grondin remporte une médaille d’argent individuelle et une médaille de bronze en équipe. Cette année, il décroche une autre médaille d’argent individuelle, à seulement trois centièmes de seconde du vainqueur, l’autrichien Alessandro Haemmerle. Cette infime différence de temps correspond à peine à un clignement d’œil.
Grondin visait l’or et il était quelque peu déçu à l’issue de sa compétition, mais il s’est vite consolé en déclarant : « Le but, c’était l’or. Mais, en même temps, l’argent, après une saison comme ça, je ne peux pas me plaindre.» Il avait raison.
Se positionner comme le deuxième au monde, ça devrait être une occasion de se réjouir.
Il importe de préciser que, comme Marie-Philip Poulin, Éliot Grondin s’est illustré de façon magistrale sur le circuit de la Coupe du Monde, en remportant tant en 2024 qu’en 2025, le Globe de cristal décerné à celui qui a dominé la saison. À seulement 24 ans, Éliot Grondin est un athlète accompli qui retournera sans doute aux prochains Jeux olympiques en France en 2030 où il aura encore l’occasion de s’illustrer.
Un troisième Beauceron
Vous pensiez qu’il n’y avait que deux Beaucerons aux Jeux olympiques de Milano-Cortina? Eh bien vous étiez dans l’erreur.
Au cas où cela vous aurait échappé je vous informe qu’un troisième Beauceron était présent à titre d’entraîneur adjoint de l’équipe de hockey féminin d’Italie.
Et ce Beauceron, c’est nul autre que Pierre-Alexandre Poulin, le frère de l’autre (Marie-Philip). Je n’ose m’imaginer ce qui serait survenu si l’équipe de hockey féminin canadienne avait affronté l’équipe italienne. Quel déchirement pour les parents.
D’excellents ambassadeurs
La présence des athlètes Poulin et Grondin ont de quoi nous réjouir. Avant eux, un seul autre Beauceron avait participé aux olympiques. Il s’agit de Jean-Philippe Maranda, originaire de Sainte-Aurélie, qui a participé aux Jeux paralympiques de Rio en 2016 en fauteuil roulant et qui a ramené en Beauce une médaille de bronze au 4 X 100 mètres en équipe.
Si les performances de nos athlètes beaucerons ont de quoi nous réjouir, je tiens à souligner que Marie-Philip Poulin et Éliot Grondin ne sont pas seulement des athlètes doués. Ce sont également deux personnalités qui ont les deux pieds sur terre, qui s’expriment très bien et qui nous font honneur sur la scène mondiale. Ce sont d’excellents ambassadeurs beaucerons.
Soyons en fiers.
Courage
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