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Voici une photo de ce qu'était autrefois le centre-ville de Saint-Georges, en 1912-13 (photo 1). C'était alors un quartier commercial typique regroupant magasins, restaurants, barbiers et autres. On dirait presque un décor de vieux film. Wow, quelle superbe photo d'il y a plus de 100 ans! Une rangée d'édifices commerciaux. À gauche le salon de barbier de Raphaël Sirois. Le restaurant de Joseph Fortin et le magasin P.T. Légaré. Le barbier et salle d'amusement Alfred Ferland. Le gros immeuble était celui d'Arthur Rodrigue. Le photographe Alfred Poulin. L'avant-dernière bâtisse à droite est celle d'Onésime Vaillancourt. Le dernier bâtiment (qu'on voit en partie) était alors la salle Murtha, aujourd'hui le Grand Hôtel.
Remarquez le plus gros immeubles de trois étages vers le centre de la photo. Avant 1909, c'était le site de hangars pour le magasin P.T. Légaré, mais M. Arthur Rodrigue les a acquis en vue d'y ériger un nouvel immeuble. Ils furent donc détruits le 6 avril 1909 pour faire place à l'imposant édifice de trois étages qu'on voit à la 1re photo. Il logeait des commerces au rez-de-chaussée et des chambres et appartements aux étages supérieurs. À l'époque, c'était le secteur équivalent aujourd'hui aux édifices situés entre la Banque de Montréal et le Roch Café (photo 2).
Sur la 1re photo, on voit au centre une bâtisse portant une enseigne au nom de P.T. Légaré, que j'ai agrandie à la photo 3. Malgré son apparence modeste, il ne s'agissait pas d'un quelconque petit magasin local, mais bien de l'une des succursales de cette compagnie qui était un véritable empire commercial au Québec. Au début du 20e siècle, cette entreprise avait des magasins dans 25 villes de la province. On y vendait de tout: des meubles, des poêles, des tapis, du prélart, des laveuses et même des instruments aratoires, en plus de vendre par catalogue ce qu'on n'avait pas sur place.
Comme ce commerce faisait d'excellentes affaires, Il fut décidé de se reloger dans un immeuble plus grand et mieux situé. Au cours de l'été 1915, il déménagea dans un édifice flambant neuf (photo 4), imposant et direct en face du premier pont de fer érigé en 1912, comme on le constate à la 5e photo; on voit bien l'annonce de P.T. Légaré sur la façade. Les propriétaires de ce commerce ont eu une prémonition en décidant de quitter leur premier emplacement (celui de la 1re photo) à l'été 1915, car ils ont ainsi évité de justesse d'être victimes du grand incendie qui a éclaté dans la nuit du 21 novembre 1915 et qui s'est propagé à la vitesse de l'éclair, détruisant 50 immeubles du centre-ville, dont tous ceux apparaissant à la 1re photo, incluant l'ancien local où avait logé P.T. Légaré. Miraculeusement, le Grand Hôtel (le dernier à droite sur la rangée) a survécu. M. Arthur Rodrigue a toujours prétendu que c'est un chambreur négligent qui a mis le feu avec sa cigarette, causant des dommages inimaginables.
Concernant le magasin P.T. Légaré de la 4e photo, il fut acquis en 1935 par M. J. Adalbert Gagné, qui a enlevé l'annonce et l'a remplacée par la sienne, à son nom «J. A. Gagné» (photo 6).
Photos 1, 3, 4, 5 et 6 du fonds Claude Loubier. Texte et recherches de Pierre Morin.
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