Pier Dutil
Voyage vers la lune
Par Pier Dutil
Le 13 mai dernier, lors d’une rencontre publique à Ottawa, le Canadien Jeremy Hansen et les Américains Reid Wiseman, Victor Glover et Kristina Koch, les quatre astronautes de la mission Artemis II, partageaient leurs réflexions suite à la mission qui les a conduits à 406 771 km de la Terre, soit la distance la plus éloignée jamais atteinte par une mission spatiale habitée.
Réflexion choc
Parmi ces réflexions, deux en particulier m’ont frappé par leur évidence. C’est d’abord celle de Reid Wiseman qui s’exprimait ainsi : «On se demande pourquoi la guerre, pourquoi les conflits, pourquoi les disputes, pourquoi autre chose que l’amour et la joie.» La deuxième est la suivante : «La Terre est fragile et les guerres sont inutiles.»
Oui, ces deux réflexions frappent par leur évidence, mais, si tel est le cas, pourquoi une grande majorité de dirigeants politiques les ignorent?
Il m’est venu à l’idée que l’on devrait entasser dans une même capsule tous les dirigeants guerriers de la planète et leur offrir un voyage autour de la Terre pour qu’ils puissent constater, eux aussi, à que point, vue d’au-delà de l’atmosphère, la Terre demeure une petite planète fragile.
Curieusement, pour apprécier quelque chose à sa juste valeur, il faut parfois s’en éloigner pour mieux la voir dans sa globalité, l’apprécier et souhaiter œuvrer à sa préservation.
Être aimé ou Être craint
Nous sommes quelque 8,3 milliards à vivre sur notre planète et il n’y a qu’à peine deux à trois cents dirigeants politiques pour diriger tout ce monde.
Plusieurs de ces dirigeants, j’oserais même dire une majorité, sont parvenus au pouvoir par des voies plus ou moins démocratiques. Par contre, d’autres ont conquis le pouvoir par la force ou par des mesures abusives et s’y maintiennent en exploitant leurs commettants.
Le dilemme de tout dirigeant peut se réduire à deux options : être aimé ou être craint.
Le dirigeant qui vise à être aimé sera généralement porté à adopter des mesures favorables à la population qu’il dessert. Certains pourraient abuser des mesures populaires pour flatter son monde et demeurer au pouvoir, mais, à un moment donné, la réalité le rattrapera et il devra faire preuve d’un esprit responsable, car vouloir le bien de son monde, ça ne signifie pas toujours adopter des mesures populaires.
De son côté, le dirigeant qui vise à être craint est souvent un faible qui, une fois parvenu au pouvoir par divers subterfuges, s’entourera de plus faibles que lui dont le principal atout est d’être totalement loyal à son chef plutôt qu’au peuple.
Pour se maintenir au pouvoir, le dirigeant qui préfère être craint plutôt que d’être aimé développera rapidement un sentiment de paranoïa qui l’amènera à se méfier de tout le monde, même souvent de ses fidèles.
Il travaillera à éliminer toute forme d’opposition, de critique, allant jusqu’à emprisonner voire même tuer ceux qu’il craint. Évidemment, ce dirigeant se tiendra loin de son peuple et ne se préoccupera que de ses propres intérêts. La plupart de ces despotes s’enrichissent aux dépens de leurs commettants.
Plusieurs ont des volontés expansionnistes et n’hésitent pas à déclencher des conflits armés dans le but d’étendre leur territoire et leur pouvoir.
Malheureusement, de ce temps-ci, tout semble indiquer que la tendance des dirigeants politiques évolue davantage vers le désir d’être craint plutôt que d’être aimé.
Si on voulait
Pour revenir à la réflexion de Reid Wiseman sur l’inutilité des guerres et des conflits sur une petite planète comme la nôtre, cela devrait nous inciter à vouloir cheminer ensemble vers un bonheur partagé par l’ensemble des habitants.
Au cours de la dernière année, les dépenses militaires mondiales ont atteint la somme de 2 887 milliards de dollars (2 887G$). À lui seul, le budget militaire des États-Unis (954 G$) représente 34 % des dépenses militaires mondiales, selon WikipédiA. Il est suivi par la Chine (336 G$) et la Russie (338 G$), deux dictatures.
Donald Trump, en même temps qu’il élimine l’aide humanitaire, souhaite une forte augmentation du budget de la défense, notamment pour couvrir les frais de sa guerre avec l’Iran qui, selon des sources américaines crédibles, coûteraient près de 1 G$ par jour.
Si les dirigeants politiques mondiaux acceptaient de consacrer annuellement seulement 10 % des budgets militaires pour transférer ainsi 288,7 G$ à l’aide humanitaire, le sort de millions d’être humains se trouverait amélioré.
Et le jour où le sort de l’ensemble de la population mondiale ne sera plus menacé par la misère, on verra disparaître la plupart des conflits armés. Et la majorité des dirigeants politiques n’auront plus à craindre d’être renversés.
Si, demain, on offrait un voyage, sur la lune, aller seulement, à Donald Trump, Vladimir Poutine, Xi Jinping, Kim Jong-un et leurs semblables, sans doute que l’ensemble de la planète s’en porterait fort mieux.
Je suis conscient que je rêve en couleurs, mais, parfois, dans la vie, tout commence par un rêve.
Hymne national
Lors de la première partie de la série opposant le Canadien aux Hurricanes à Raleigh en Caroline du Nord, l’interprète du «Ô Canada», Mason Greer, a surpris tout le monde en interprétant une partie de l’hymne national en français, ce que l’on n’a pas la décence de faire à Toronto, à Winnipeg, à Calgary, à Edmonton et à Vancouver.
Quelle claque sur la gueule pour ces villes du «ROC» [Reste du Canada] qui persistent à nier qu’il y a deux langues officielles au Canada : le français et l’anglais. Malheureusement, il n’y a qu’à Montréal et à Ottawa où le «Ô Canada» est interprété dans les deux langues lors des parties de la LNH.
Courage
Il ne reste que 971 jours au mandat de Donald Trump.
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Pensée de la semaine
Je dédie la pensée de la semaine à tous les dirigeants politiques du monde :
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