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Téléréalité « Le lot du diable »

Une expérience de tous les défis pour Karina Grondin

durée 18h00
23 novembre 2022
Gabrielle Denoncourt
durée

Temps de lecture   :  

5 minutes

Par Gabrielle Denoncourt, Journaliste

La Beaucevilloise de 33 ans, Karina Grondin, a vécu une expérience unique et éprouvante en participant à la téléréalité Le lot du diable : la conquête de la mer. Elle nous a partagé son aventure. 

La Beauceronne est une femme bien occupée ayant deux enfants, travaillant sur la ferme familiale avec son père et son frère et étant en processus de transfert de la compagnie de rembourrage de son oncle, cela ne l’a pas empêché de vouloir relever ce grand défi.

Tout a commencé lorsqu’une amie lui a envoyé l’appel d’inscription de l'émission où les participants vivent sur le bord de la mer avec peu de ressources, sans électricité ne pouvant compter que sur eux-mêmes et leur colonie. 

Elle considère que Karina était débrouillarde et manuelle. « J’ai lu un petit peu et ça me tentait le défi de me surpasser, c’est venu me chercher. J’ai dit je vais m’inscrire, juste pour voir. Je n’avais jamais été dans aucune autre émission, je ne savais même pas comment ça fonctionnait les émissions de télé », souligne-t’elle.

Un long processus
Le processus n’a pas été de tout repos et ce fut un vrai parcours pour atteindre la finale. Après avoir fait une petite inscription se décrivant, elle a reçu un appel pour une entrevue téléphonique. Puis, est venu un entretien par vidéoconférence. Elle a dû se déplacer à Montréal avant de savoir si elle était retenue ou non.

Le plus saisissant, c'est que les participants ne l'ont su que deux semaines avant le départ vers Paspébiac, en Gaspésie. 

« C’est sûr qu’après le Zoom quand on va à Montréal ils nous disent de plus parler. On a plus le droit de dire aux gens qu’on s’est inscrit à l’émission, qu’on va peut-être aller au lot du diable. Alors on en parle plus. Quand on est rendu à ne plus parler ça commence à bien paraître. Mais on se dit tout le temps : ça se pourrait que ce soit nous autres. On ne sait pas comment ça fonctionne. C’est sûr que quand j’ai su que j’étais choisie là on a le droit le dire à notre entourage proche. Je n’en revenais pas. Je me suis dit pourquoi moi ? Qu’est-ce qui m’a démarqué des autres ? Dans quoi je me suis embarquée ? On ne le regrette pas, mais on se demande dans quoi qu’on s’est embarqué », nous explique Karina.

Seul son entourage proche avait le droit de savoir les raisons de sa longue absence. D’ailleurs, elle dit en riant que les gens autour d’elle trouvaient bien étrange qu’elle décide de partir un mois en Gaspésie, alors qu’elle ne prend jamais de vacances. 

Début de l'aventure
Les participants sont arrivés à la mi-juin au banc de pêche à la morue en ne sachant absolument pas ce qui les attendait. La première réaction de la Beaucevilloise a été de trouver qu’il faisait tellement froid étant bien loin de la douce température de sa région. 

« Il mouillait, il faisait très froid. Ils nous disent absolument rien. Ils nous tiennent tout le temps à la minute près de ce qui va se passer. On est arrivé là-bas, ils nous avaient dit qu’on allait dormir à un hôtel, mais on ne sait pas quel hôtel, on ne sait pas si l’on va rencontrer les autres candidats. On sait juste qu’on s’en va à Paspébiac un nombre illimité de jours et c’est tout », ajoute l’aventurière.

Une élimination douloureuse
Afin de choisir les douze personnes qui auraient la chance de continuer l’aventure dans une colonie de 1934, ils ont dû participer à un premier défi. Malheureusement, la Beauceronne n’est pas parvenue à se tailler une place. À ce moment même, Karina a eu un sentiment de défaite. « C’est sûr qu’après tout ce long processus qu’on a fait. On est allé à Montréal, on est quand même allé faire d’autres entrevues pour nos vêtements, on a donné beaucoup notre temps et l’on s’était dit qu’on partait un mois là. Après un défi de deux minutes, on est éliminé, on est déstabilisé, on est détruit mentalement en sachant qu’on repart chez nous ».

Après deux longues heures d’attente à se demander comment ils allaient retourner chez eux, effet de surprise, on leur annonce qu’ils restent. « Louis Champagne nous dit qu’on est toujours dans la course pour le 100 000 $. Je te jure, c’est l’euphorie. On est tellement sûr de partir. »

La colonie des rescapés
Ainsi les quatre colons restants sont envoyés dans une petite tente ne sachant toujours rien de leur sort. Toutefois, elle avoue avoir beaucoup apprécié être dans ce camp, car ils n’ont pas à voter pour faire partir une personne, ils n’ont qu’à s’entraider. « On n’a pas le “feeling” d’éliminer quelqu’un et de parler contre quelqu’un d’autre. On est juste content d’être là et de s’aider entre nous autres. »

C’est d’ailleurs ce côté stratégie et individuel qui a été le plus difficile pour la colon qui se décrit plus comme une leader qui apporte son équipe au complet à la victoire. Elle gardait dans sa tête qu’elle avait toutefois sa place : « Je sentais que j’avais ma place parce que si l’on a été choisi c’est parce qu’on avait notre place. Ça, je l’ai compris. Si l’on s’est fait choisir à travers 1 000 candidats il y a quelque chose de moi qui se démarquait. C’est de trouver sa place à travers tout ça. Moi, je ne suis pas trop une fille qui "game".  La petite partie essayer de survivre toute seule ce n’était pas mon meilleur, mais j’avais ma place. Je me suis faufilée », nous dit-elle.

Le confort du monde moderne n’a pas été la chose qui a le plus manqué à Karina, mais bien sa famille : « parce qu’on se rend compte qu’on n’a pas besoin de se laver tous les jours, on va survivre pareil. On n’a pas besoin d’avoir notre petit café le matin, on va survivre pareil. C’est seulement le fait d’être avec des gens que tu ne connais pas. Moi je suis à dix heures de route de chez nous, loin de ma famille. Je n’ai personne pour m’aider. Tout le monde veut gagner le 100 000 $. Alors t’es là, toute seule dans un bout de pays que tu ne connais pas et t’essayes de survivre à travers des gens qui veulent t’éliminer. »

Cela lui a fait prendre conscience que l’on vivait dans une société de surconsommation et qu’à son retour elle a été marquée entre autres par la quantité de linge dans sa garde-robe quand elle a porté les mêmes vêtements pendant un mois. Les participants n’avaient pas de douche, pas d’électricité et pas de téléphone et pourtant ils étaient heureux selon elle.  

Une expérience marquante 
Karina indique avoir vraiment aimé son expérience, mais que si c’était à refaire il y penserait deux fois dit-elle en riant, à notre journaliste. « C’est nous pousser dans nos limites extrêmes, de la fatigue, de la faim, et tous des gens qu’on ne connaît pas avec des forts caractères. On est tous des gens qui ont des compagnies. On est tous des gens qui sont des leaders, tous des entrepreneurs. On met tout ça dans le même paquet, on nous fait pas dormir, on nous fait pas manger ou presque, on n’a pas d’hygiène, on est pas chez nous, c’est vraiment un contexte pour tomber quasiment dans la folie », termine-t-elle l’entretien téléphonique. 

Vous pouvez suivre Karina Grondin tous les vendredis à 20 h sur la chaîne Historia. 

À lire également :
Une Beaucevilloise à l'émission « Le lot du diable »

 

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