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12 juin 2019 - 12:00 | Mis à jour : 13 juin 2019 - 09:23

Des élèves de l'École Jésus-Marie inventent un nouveau terme officiel

Par Nady Larchet, Journaliste

Le jeudi 6 juin en début d’après-midi, une classe de deuxième secondaire  de l’école secondaire Jésus-Marie de Beauceville ne se doutait aucunement qu’elle était maintenant une actrice de l’évolution de la langue française. En effet, quelques membres du personnel de l’école, en compagnie de gens de l’Office québécois de la langue française, attendaient impatiemment les élèves pour leur annoncer que leur proposition avait été sélectionnée afin d’actualiser un terme anglophone dont aucun équivalent dans la langue de Molière n’était officialisé à ce jour.

Au fond de la bibliothèque, le mot « instavidéaste » était inscrit en grosses lettres. Instavidéaste, c'est la proposition qu’ils ont faite afin d’actualiser le mot « streamer », qui est couramment utilisé afin de désigner des personnes qui pratiquent la diffusion de contenu en direct sur internet. Cette annonce s’est fait au terme d’un concours de créativité lexicale qui invitait les enseignants et leurs élèves à émettre des idées pour franciser les termes suivants : athleisure, life hack, streamer et youthquake ; mots couramment utilisés dans le vocabulaire de la jeunesse actuelle. La classe qui a soumis une proposition pour chacun des termes de l’appel s’est vu être sélectionnée par un comité de l’OQLF pour que leur nouveau mot soit maintenant officiel. En plus d’avoir gagner le concours, instavidéaste aura également droit à sa propre fiche dans le grand dictionnaire terminologique de l’Office, qui est consulté près de 13 millions de fois années.

L’enseignante derrière cette initiative du côté de l’école Jésus-Marie se dit extrêmement fière de ce que les jeunes ont réalisé dans le cadre de cette activité.  

« Je suis super fier d’eux, de ce qu’ils ont fait. Je suis contente que leur idée puisse être utilisée partout dans le monde. Ce que j’aime le plus dans tout ça, c’est qu’ils l’ont vraiment fait par plaisir. »

Ce n’est pas seulement leur enseignante qui ressent une grande fierté, les jeunes participants le sont aussi.

« De savoir qu’il y a un mot qui va être utilisé par tout le monde, qui a été créé par notre équipe, bien c’est la gloire », lance un élève au travers des éclats de rire de fierté de ses comparses.

Du côté de l’Office québécois de la langue française, il semble également y avoir une belle satisfaction des retombées de ce concours.

« Ça a vraiment été un plaisir de lire les propositions et de voir la génération actuelle c’est très stimulant », mentionne Annie Galarneau, directrice des travaux terminaux linguistiques.

Le projet en soit, qu’il soit gagnant ou non, semble avoir été bien instructeur pour ces jeunes et a probablement permis de décloisonner leur relation à ce mode de transmission qu’est le langage.

« Avant ça je voyais la langue comme quelque chose qui ne bouge pas et qui reste comme ça. C’est le fun de voir que des jeunes de 14 ans comme nous peuvent la moduler. »

 

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