Projet InnovHaus
Une maison écologique comme projet de fin d'études pour deux Georgiens
Depuis quelques années, on entend de plus en plus parler des maisons écologiques et écoénergétiques. Elles sont pourtant encore bien rares dans le décor québécois et ce sont souvent des particuliers qui vont se lancer dans le projet. Etienne Nadeau et Nicholas Turcotte, originaires de Saint-Georges, ont décidé avec leur équipe pour leur projet de fin d’études au Bac en génie mécanique à l’Université de Sherbrooke d’en construire une.
Depuis près de deux ans, les deux hommes de 24 ans font partie d’une équipe de 11 étudiants afin de concrétiser ce projet qui a débuté par des simulations énergétiques pour s’assurer que lorsque la maison sera construite, elle donnera le meilleur rendement possible. Leur but était de démontrer que « l’habitation écologique c’est accessible pour tout le monde, parce que finalement il y a un retour sur l’investissement chaque mois parce que la facture énergétique est plus faible que l’augmentation de l’hypothèque », explique Etienne Nadeau.
À la différence de ceux qui s’autoconstruisent, les étudiants ont ajouté des capteurs dans tous les espaces de la résidence ainsi, ils seront en mesure de calculer si elle est aussi écoénergétique que ce qu’il était prévus. Également, ils seront en mesure de calculer le confort des occupants.
Ils estiment que cela devrait coûter aux habitants 8 $/mois de chauffage et 0 % d’augmentation des mensualités. Cela représenterait sur 75 ans moins 225 tonnes de CO2 et moins 2 millions de litres d’eau par personne.
Un geste communautaire
En plus, de tenter de sensibiliser les gens sur les enjeux écologiques et faire avancer la science, l’équipe de l’Université de Sherbrooke a décidé de remettre la maison à l’organisme canadien Habitat pour l’humanité.
« Nous autres en décembre on leur a donné la maison, et eux autres, ça fait partie de leur mission de vendre une habitation à une famille à faible revenu, mais sans intérêts. L’organisme prend en compte leurs salaires, ils ne vont jamais payer trop. »
Actuellement, la résidence est terminée à 95 %, car il reste encore la finition extérieure et le terrassement. Les futurs occupants pourront s’installer au printemps de cette année. Les 11 étudiants n’auraient pas été en mesure de la construire sans l’aide des élèves du centre professionnel en charpenterie-menuiserie de Sherbrooke, des bénévoles et de la cinquantaine de commanditaires. Au total, c’est près de 200 personnes qui ont participé à ce projet.
Concours Inventer le monde de demain (IMMD)
Etienne Nadeau et son équipe sont finalistes au concours Inventer le monde de demain (IMMD) dans la catégorie « Engagement » avec leur dossier intitulé Projet InnovHaus. Ce concours réunit différents domaines en génie que ce soit des professionnels ou des étudiants. Deux autres équipes sont en liste contre l’équipe de Sherbrooke.
D’ailleurs, les gens sont invités à voter pour leur projet favori sur ce lien jusqu’au 24 janvier et les gagnants seront connus le soir du 30 janvier.
De la sensibilisation à faire au Québec
Etienne indique que la tendance des maisons écologiques est en montée au Québec, mais qu’entre autres « les prometteurs ne sont pas intéressés par ça parce qu’il faut que cela soit le moins cher possible ».
Selon lui, les différentes raisons qui expliqueraient un intérêt pour ce type de maison sont : « les gens sont de plus en plus conscients de l’environnement. Dans le temps, on chauffait au bois et il n’y avait pas de problème. On ne mettait pas d’isolation, on n’en faisait pas un cas avec ça. Comme les gens sont de plus en plus conscients de l’environnement et aussi par l’argent et bien là ça revient à la mode, mais il n’y en a pas beaucoup qui se font. »
De plus, à la différence des maisons actuelles celle du Projet InnovHaus pourra se fier aux données recueillies par les capteurs afin d’améliorer la résidence.
Nicholas Turcotte (1er) et Etienne Nadeau (4e) à partir de la droite, lors de l’expomegageniale de l’Université de Sherbrooke
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