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Enquête EnBeauce.com

Enseignement en ligne : tout est plus compliqué d'après les enseignants du Cégep

durée 18h00
12 décembre 2020
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Léa Arnaud
Par Léa Arnaud, Journaliste

La session d’études qui se termine a aussi été une épreuve pour les professeurs du Cégep Beauce-Appalaches. Les cours en ligne ont été synonymes d’adaptation et de résilience.

Après avoir cédé la parole aux étudiants, EnBeauce.com a rencontré deux professeurs, soit Yannick Lessard, enseignant en Techniques d’éducation spécialisée au campus de Sainte-Marie et Bruno Gilbert, enseignant de Biologie au campus de Saint-Georges pour faire un point sur cette session particulière.

Le rapport aux élèves
Pour Bruno Gilbert qui enseigne depuis presque 30 ans et Yannick Lessard enseignant depuis moins de 10 ans, le plus dur a été de ne plus avoir en face de soi les élèves.

«  On ne peut pas vraiment regarder les élèves, on ne voit que quelques visages sur notre écran, cela ne nous permet pas de lire leurs émotions. Pour moi la relation est un élément déterminant dans le processus d'apprentissage, et là avec la distance c'est difficile », a expliqué monsieur Gilbert.

« Pour moi c'est dur de ne pas pouvoir voir en vrai les étudiants. Quand t'es en classe, tu peux voir s'ils sont fatigués ou si ça ne va pas, etc. Alors que là, je ne peux pas avoir leur pouls, si je peux dire » a ajouté monsieur Lessard. « Ce que j'aime dans mon métier, c'est de voir du monde, être avec les jeunes et pouvoir les lire. En tant que travailleur social, c'est difficile de ne plus voir des gens tous les jours, ce n'est pas ça mon plan de carrière. »

Qui plus est, d’après l’enseignant de biologie, le problème de cette situation c’est que « ceux qui ont de la difficulté vont très probablement en avoir encore plus. » 

Pour contrer la barrière imposée par les cours en ligne, les professeurs se rendent le plus disponibles possible pour les étudiants. Ils font des rencontres individuelles par Zoom et tâche de répondre du mieux qu'ils peuvent à leurs messages. 

Par contre, Yannick Lessard remarque que la situation a apporté quelques avantages, notamment dans les méthodes de travail. 

« Par la force des choses, les étudiants ont dû apprendre à devenir plus autonomes. Ils doivent s’approprier les contenus et s'adapter. Et pour nous, en tant que profs, ça nous a obligés à revoir notre matière. Parfois, on donne un même cours depuis plusieurs années sans le changer, alors que là on a dû le renouveler et le repenser » a soulevé l’enseignement en éducation spécialisé.

D’après eux, les professeurs ont aussi pu améliorer leurs méthodes en étant plus au point de la technologie.

Ils se sont également rendu compte que, finalement, ils pouvaient faire plusieurs choses depuis chez eux, sans être nécessairement dans l’établissement scolaire.

Le rapport aux collègues
Les deux enseignants interrogés dans cette enquête confient avoir besoin de la relation avec leurs collègues, surtout pour le soutien important que cela représente.

« On ne se voit pas beaucoup… Habituellement on peut partager aussi des trucs plus émotifs, des sentiments, parler des défis de l’enseignement, des problèmes personnels, etc. Maintenant, c’est un partage moins fréquent et c’est plus difficile de témoigner notre soutien. On ne peut pas, ne serait-ce que poser notre main sur l’épaule d’un collègue, en signe de compassion », relève Bruno Gilbert à qui ses collègues manquent beaucoup.

Yannick Lessard s'estime chanceux d’avoir aujourd’hui des réseaux sociaux comme Facebook qui permettent de se contacter rapidement.

Tous deux restent proches de leurs confrères et de leurs consoeurs. Cela permet aussi d’échanger sur les contenus de cours ou les méthodes d’enseignements à distance.

Engagement personnel
Pour Yannick Lessard, professionnel dans le domaine du social, les cours en lignes sont c’est très éprouvants, car ils demandent une charge de travail plus importante. 

« La technologie, ça brûle plus facilement que d’être en classe. En plus, pour les examens il faut prévoir que les étudiants puissent faire des captures d’écrans par exemple. Il faut donc sans cesse anticiper et en faire plus, on ne peut pas donner le même examen à deux classes différentes » a-t-il expliqué. « Pour les corrections aussi, il faut trouver comment les annoter. Avant, on écrivait sur des feuilles, c’était plus facile. Pour remettre les notes, il faut encore élaborer de nouvelles méthodes. En somme, tout est plus lourd et plus compliqué. »

Cette période lui a quand même permis de découvrir de nouveaux outils comme Kahoot, qu’il souhaite continuer d’utiliser à l’avenir.

Pour l’enseignant de Biologie, Bruno Gilbert, qui se réjouit d’avoir un peu plus de temps en famille, la conclusion est simple :  « Tout le monde doit continuer de faire ce qu'il faisait, mais en s'adaptant. »

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