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29 août 2018 - 11:14 | Mis à jour : 12:59

« L'immigration n'est pas la seule solution à nos problèmes », dit Legault

Alexandre Poulin

Par Alexandre Poulin, Journaliste

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(Saint-Georges, Québec) Le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, était de passage à l'École d'entrepreneurship de Beauce ce matin. Tout juste avant son allocution devant une centaine de gens d'affaires de la région, il s'est entretenu avec les médias locaux, dont EnBeauce.com, dans son autobus de campagne. L'entretien s'est déroulé en présence de Samuel Poulin, le candidat du parti dans Beauce-Sud.

Comment régler la pénurie de main-d'oeuvre ?

Selon François Legault, il existe plusieurs façons de régler la pénurie de main-d'oeuvre. La sélection des personnes immigrées doit être faite en fonction du marché du travail. La francisation de celles-ci devrait être une priorité. La CAQ veut leur offrir des cours et leur donner trois ans pour réussir un cours de français. Rappelons que dans l'éventualité d'un échec, un gouvernement Legault refuserait de donner le permis du Québec à des personnes récemment immigrées : celles-ci, dont l'État fédéral devrait s'occuper, seraient plongées dans une zone d'incertitude juridique.

« Actuellement, c'est un échec du gouvernement libéral quand on regarde les résultats. Sur 50 000 immigrants qui arrivent chaque année, il y en a 26 %, donc 13 000, qui quittent le Québec parce qu'ils n'ont pas trouvé un emploi intéressant et parce qu'ils n'avaient pas la formation nécessaire pour certains emplois. Parmi ceux qui restent, le taux de chômage est de 15 %. »
- François Legault, chef de la CAQ

Pendant un certain nombre d'années, un gouvernement Legault réduirait de 10 000 par année le nombre de personnes issues de l'immigration. Le Québec reçoit environ 50 000 nouveaux arrivants bon an mal an, ce qui fait qu'il en recevrait 40 000 dans l'éventualité où M. Legault se hisserait au sommet de l'État. L'idée derrière cette proposition est « qu'on en prenne moins, mais qu'on en prenne soin ». La régionalisation de l'immigration figure également dans les préoccupations du chef de la CAQ, et pareillement pour ce qui est de la lutte au décrochage scolaire.

Avoir des emplois mieux payés

Selon François Legault, il est plus facile de combler un emploi rémunéré à 25 $ de l'heure qu'un emploi dont le taux horaire est de 12 $. Que faire pour avoir des emplois mieux payés ? « Il faut aider nos compagnies manufacturières, financièrement, à acheter des équipements pour augmenter leur productivité, donc augmenter la valeur ajoutée dans les emplois », soutient M. Legault. Les entreprises doivent se spécialiser dans des créneaux, toujours aux dires du député de L'Assomption, qui exigent une formation des travailleurs plus élevée, ce qui aurait pour effet de leur offrir de meilleurs salaires.

 

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3 réactionsCommentaire(s)
  • Il n’existe aucune solution; on s’en va tout droit vers une crise majeure tel qu’il n’y en a jamais eu. Peu importe le gouvernement élu.

    Alex Thibodeau - 2018-08-29 13:18
  • La solution est pourtant fort simple : L’interculturalisme au lieu du multiculturalisme.

    Je m’explique.

    L’interculturalisme consiste à choisir nos immigrants dans les +- 80 pays francophones ou francophiles, de cultures et coutumes différentes, qui ont la langue française en commun avec nous.

    Le multiculturalisme, sans identité ni âme, à la Trudeau, ne vise que la ghettorisation, soit des immigrants qui continuent à vivre, en petits groupes, comme dans leur pays d’origine, sans s’intégrer.

    En pratiquant une politique d’interculturalisme, nous sauverions des millions de $$$ en tentatives de francisation inutiles dans la plupart des cas.

    Michel J. Grenier - 2018-08-29 16:38
  • De seuil optimal, quantitatif, d’immigrants à recruter annuellement, il n’y en a point. Par contre, une logique-rationnelle-cohérente, qualitative et de qualité, d’intégration d’immigration, ça, ça existe ou pourrait exister.

    Par exemple, il n’est quasi pas de limite au nombre d’infirmières françaises pouvant être accueillies, pourvu, bien entendu, qu’elles aient les compétences requises. Parallèlement, ne devrait-il pas y avoir d’opposition non plus, censément, à l’éventuel recrutement de médecins spécialistes ne parlant pas français pour des hôpitaux anglophones.

    Secondement, il y a accueil et accueil. Bien beau, en effet, de recevoir à bras ouverts des immigrants par dizaines de milliers. Encore faut-il être disposés à s’en occuper adéquatement ensuite, e.g. en aidant à franciser ceux ne l’étant pas à leur arrivée. Pour ce, remplir les conditions, toutes, leur permettant de le faire. Par exemple, un parent peut requérir la garde d’enfants pour pouvoir y assister/participer aux séances d’apprentissage du français, sinon c'est irréalisable.

    Ainsi, apparaît-il d’emblée que l’entrée en masse d’immigrants n’a pas pour effet que de combler des manques de main-d’oeuvre, mais en suscite également - des besoins de main-d'oeuvre. Puisqu’elle requiert davantage d’enseignants, de formateurs, d’éducateurs, garderies, fonctionnaires… Etc.

    Qui plus est, alors qu’on serait enclins à penser qu’au moins l’avènement migratoire abaisserait-il, lui, la moyenne d’âge, il n’en est rien eu égard au vieillissement en général de la population, qui reste grosso modo le même, indépendamment qu’il y en ait 20000 ou 60000 nouveaux arrivants par année.

    Si bien que pour «réussir» en cette aire (immigration), importe-t-il d’aussi bien digérer que gérer/diriger les immigrants. Cela se faisant éminemment plus sur mode qualitatif que quantitatif. L’intégration mutuelle requérant temps, encouragements, engagement(s), patience, persévérance, ‘and the like’. «Intégration mutuelle»? Oui. Car, au Québec, c’est l’interculturalisme qui est censé prévaloir. Pour ce, et les immigrants et la société d’accueil doivent y laisser mais surtout y mettre du leur. Si chacun reste sur son quant-à-soi, en soi, entre soi, avec soi seul, pas de ‘convergence’. Pas de rencontre. Pas d’Intégration, bref, quoi. «On est six millions, faut s’parler»? Eh bien, bientôt sera-t-on dix millions. Si on ne se parle pas…

    En français, ‘principalement’, va de soi. Mais pour que cela se puisse, il faudra avoir la décence et l’intelligence d’y mettre le paquet en francisation. Pas que des demi-mesures dont la majorité débouchent sur l’échec et le gaspillage. Si on veut que ça se passe en français, il faut qu’il y ait en termes de francisation non pas seulement autant de contrainte(s) à la Camille Laurin qu’il a dû y en avoir naguère, mais aussi tout ce qu’il faut d’investissement, i.e. de facilités et facilitation, pour qu’ils puissent advenir et demeurer — ce (bon) parler français québécois généralisé et cette francisation… «Quebec way»...

    Denis Beaulé - 2018-09-10 07:42