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7 septembre 2018 - 09:42 | Mis à jour : 11:12

Les trois candidats veulent défendre la gestion de l'offre

Un premier débat politique en agriculture : des enjeux énormes

Alexandre Poulin

Par Alexandre Poulin, Journaliste

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(Saint-Georges, Québec) Hier soir, au restaurant le Bec-Fin, le Syndicat des producteurs agricoles de Beauce-Sartigan a tenu un débat avec les principaux candidats dans Beauce-Sud au sujet de thèmes inhérents à l'agriculture. Paul Busque (Parti libéral du Québec), Samuel Poulin (Coalition avenir Québec) et Diane Vincent (Québec solidaire) ont y ont pris part devant une foule de producteurs agricoles.

Le débat était animé par Jean-Denis Morin, un agriculteur, qui s'est révélé être un fin connaisseur des enjeux agricoles. La formule du débat était la suivante. Premièrement, chacun des candidats disposait d'une minute pour se présenter. Deuxièmement, chacun d'entre eux, et à tour de rôle, devait répondre à trois questions en cinq minutes. Précisons qu'ils les avaient reçues d'avance afin de bien se préparer. Troisièmement, les producteurs agricoles qui le désiraient étaient appelés à prendre la parole, soit pour émettre un commentaire, soit pour poser une question. Enfin, Jean-Denis Morin a invité les candidats à définir leur programme agricole respectif par cinq mots ou cinq expressions.

Ce débat en quatre temps s'est amorcé à 20 h et s'est conclu aux abords de 22 h. Trois thèmes étaient au menu : fiscalité agricole, relève agricole, moratoire sur les superficies en culture et les milieux humides. Nous ne résumerons que les deux premiers.

Fiscalité foncière agricole

Un programme de crédit de taxes foncières a été instauré il y a plusieurs décennies. En 2007, les producteurs agricoles payaient 25 % de taxes foncières, soit 35,7 millions de dollars. En 2016, ce pourcentage avait augmenté à 30 %, ce qui correspond à 60 millions de dollars. Selon plusieurs, si rien n'est ajusté dans ce programme, si le mode d'évaluation des terres n'est pas revu, les taxes nettes liées au secteur pourraient doubler d'ici 2020 et atteindre 121 millions de dollars, ce qui est  41 % de l'assiette fiscale agricole. Cela représenterait 10 % à 25 % du revenu net de certains agriculteurs en taxes.

Pour Paul Busque, une solution équitable devra être trouvée et discutée entre l'Union des producteurs agricoles (UPA), le gouvernement du Québec et les municipalités. « Dans un prochain gouvernement libéral, le prochain ministre de l'Agriculture, ce sera indéniablement sa priorité au tout début », a-t-il affirmé.

Pour Samuel Poulin, le gouvernement libéral n'a pas agi sur ce plan-là dans les quatre dernières années, ce qui est anormal. « La volonté qu'on doit avoir, c'est celle d'instaurer un nouveau programme qui est fiable, efficace et qui va régler le problème de façon durable. »

Pour Québec solidaire, on ne devrait pas payer pour son outil de travail. La terre est la base du travail des agriculteurs. En 2016, les municipalités québécoises tiraient en moyenne 63 % de leurs revenus globaux des taxes foncières. Le parti de gauche veut aider les aider à tirer des revenus par d'autres moyens que par les taxes foncières. Les municipalités pourraient avoir des points d'impôt sur le revenu pour remplacer les montants qu'ils prélèvent des taxes foncières.

Relève agricole

Le prix des terres au Québec augmente toujours un peu plus. Il s'agit d'un obstacle de taille pour la relève agricole. En 2016, la valeur moyenne des terres en culture était de 21 998 $ par hectare.

Pour Samuel Poulin, il est anormal que de l'argent soit alloué à toutes sortes d'entreprises, par exemple à Ciment McInnis et à Bombardier, mais que la relève ne soit pas prise en compte. La CAQ s'engage à bonifier et à améliorer les programmes d'aide disponibles. Les programmes doivent tenir compte des difficultés des années présentes pour ce qui est des coûts de démarrage.

Québec solidaire et Diane Vincent veulent créer des incitatifs fiscaux pour l'acquisition de terres. La création d'un capital patient est envisagée, qui s'apparenterait à un prêt étudiant. Il n'y aurait pas de remboursement sur le capital pendant quelques années.

Pour Paul Busque, « c'est dans l'avenir qu'on peut agir ». Son parti entend limiter l’achat de terres agricoles par des fonds d’investissement à 100 hectares par année. Cette limitation freinerait la spéculation et favoriserait l'admissibilité de la relève agricole aux fonds gouvernementaux.

5 mots ou expressions à l'aide desquels les candidats définissent leur programme

Diane Vincent (QS) : sécurité financière, assiette saine et produits locaux revalorisés, politique de souveraineté et de sécurité alimentaires, levier de développement agricole, qualité de vie et transition éco-responsable. 

Samuel Poulin (CAQ) : gestion de l'offre, entrepreneur, ruralité, gouvernement près des régions, changement.

Paul Busque (PLQ) : gestion de l'offre, relève, soutien adapté à la réalité d'aujourd'hui, ministère des régions, produits locaux.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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1 réactionsCommentaire(s)
  • Paul Busque fidèle à lui même... évasif... suivant sa ligne de parti comme un mouton...

    Steve - 2018-09-07 11:27