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Quatre objectifs et 23 cibles

Les pays parviennent à un accord à la COP15 pour préserver la biodiversité

durée 15h00
19 décembre 2022
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Temps de lecture   :  

4 minutes

Par La Presse Canadienne

Les pays participants de la COP15 à Montréal sont parvenus à un accord pour arrêter et inverser la destruction de la nature d’ici 2030, au dernier jour officiel de la conférence onusienne sur la biodiversité. 

La conclusion d’un accord entre les nations réunies comportant quatre objectifs et 23 cibles a été annoncée tôt lundi matin. 

Les objectifs comprennent la protection de 30 % des aires terrestres et marines de la planète d’ici 2030, ainsi que la mobilisation d’au moins 200 milliards $ par an en financement national et international lié à la biodiversité, provenant tant du secteur public que privé.

L’entente prévoit également un engagement à réduire les subventions jugées nuisibles à la nature d’au moins 500 milliards $ d’ici 2030. Les nations développées s’engagent aussi à fournir aux pays en développement au moins 20 milliards $ par an d’ici 2025 et 30 milliards $ par an d’ici 2030.

Le nouvel accord porte le titre de «Cadre mondial de la biodiversité Kunming−Montréal» en référence aux villes hôtes officielles de la Chine et du Québec.

Entente «ambitieuse»
Vers 3 heures 30 lundi matin, le ministre chinois de l’Environnement, Huang Runqiu, a donné un coup de marteau symbolique et déclaré que l’accord devait être conclu, provoquant une ovation dans une salle où les délégués des 196 pays étaient réunis.

«C’est un moment historique», a déclaré Huang Rungiu.

Le ministre fédéral de l’Environnement, Steven Guilbeault, a pour sa part indiqué que la conclusion de ces pourparlers représente un moment aussi marquant dans l’histoire que celui de l’Accord de Paris sur le climat, en 2015.  

«Nous avons une entente qui est ambitieuse sur la protection de la biodiversité, sur la restauration, sur la mobilisation des fonds. Il y a six mois, on ne pouvait que rêver de ça, et là, nous avons réussi collectivement à atteindre ce but», a−t−il déclaré aux journalistes.

À la veille du dernier jour officiel de la COP15, il affirmait que certains pays demandaient toujours l’inclusion d’objectifs numériques plus ambitieux, tandis que d’autres négociateurs des pays du Sud continuaient de réclamer davantage de financement.

Quelques objections
Le coup de marteau symbolique du président de la COP5, le ministre Huang Rungiu, est intervenu quelques minutes après que le représentant de la République démocratique du Congo (RDC) a indiqué que son pays ne pouvait pas soutenir l’accord, en raison d’inquiétudes concernant la manière dont le financement fonctionnera.

«La RDC n’est pas en mesure de le soutenir dans son état actuel», avait déclaré le représentant du pays.

Cela a conduit un certain nombre d’autres délégués africains, notamment de l’Ouganda et du Cameroun, à s’y opposer. Le représentant de l’Ouganda a accusé Huang Rungiu d’un «coup d’État» contre les pourparlers sur la biodiversité.

Le délégué du Cameroun a déclaré que le ministre Huang avait «tordu la procédure» et fait passer tout l’accord par la force.

Un conseiller juridique de la procédure a déclaré que parce que les commentaires de la RDC ne représentaient pas une «objection formelle», il n’y avait rien de mal à ce que le président de la COP15 déclare l’accord conclu, ce qui a incité le délégué de la RDC à revenir et à dire que son objection était formelle.

En conférence de presse lundi matin, le porte−parole du Secrétariat de la Convention sur la diversité biologique a tenu à apporter des précisions sur la notion de consensus.

«Le consensus ne signifie pas qu’un seul parti peut bloquer le processus. Pour arriver à un consensus, il y a des consultations, des discussions, il y a la reconnaissance des différentes opinions, et dans le cas où il y a des objections fortes, il est possible de les reconnaître dans le rapport, de les noter dans la décision, et de continuer le processus», a indiqué David Ainsworth, en précisant que la présidence de la COP prend note des inquiétudes de la RDC. 

«D’un point de vue procédural, l’adoption de la déclaration est complètement légale», et la RDC «n’a formulé aucune objection formelle», selon le porte−parole de l’organisation onusienne.

L’accord n’est pas juridiquement contraignant et tout pays peut choisir de ne pas suivre les objectifs s’il ne le souhaite pas.

Victoire majeure
Le Réseau action climat Canada (RAC) voit dans l’accord final une «victoire majeure» pour la justice en matière de biodiversité. 

«Ce cadre mondial représente une obligation de résultat pour le Canada pour qu’on s’attaque aux causes sous−jacentes des crises de la biodiversité et du climat. Avec les extinctions massives auxquelles nous assistons, la disparition rapide des lieux et des espèces qui nous tiennent à cœur et dont nous dépendons, l’accord Kunming−Montréal doit nous mener vers une nouvelle ère de transformation et de solidarité», a commenté le directeur de la diplomatie climatique internationale, Eddy Pérez, dans un communiqué. 

Le RAC autant que le WWF appellent la société civile à continuer de se mobiliser pour s’assurer de la mise en œuvre des engagements par les gouvernements. 

«Après des années d’élaboration, le Cadre mondial pour la biodiversité s’est enfin concrétisé, le monde a accepté d’arrêter et d’inverser la perte de la nature d’ici 2030. Fondamentalement, les résultats de la COP15 à Montréal ne font pas seulement un engagement fort pour protéger et restaurer les terres de la planète et protéger ses eaux, il le fait en reconnaissant les droits, le titre, les connaissances et l’intendance des peuples autochtones », a déclaré Megan Leslie, présidente et chef de la direction du Fonds mondial pour la nature (WWF) pour le Canada.

L’accord final est intervenu après près de deux semaines de négociations entre 196 pays qui font partie de la Convention des Nations Unies sur la biodiversité. Ceux−ci travaillaient sur un nouvel accord pour arrêter la destruction humaine de la nature et commencer à restaurer ce qui a déjà été perdu.

Les Nations unies affirment que les trois quarts des terres du monde ont été altérés par les activités humaines et qu’un million d’espèces risquent de disparaître au cours de ce siècle.

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