Nous joindre
X
Rechercher
Publicité

Rencontre avec le papa de Philou

« Aujourd'hui, la vie me redonne beaucoup » — Vincent Rodrigue

durée 18h00
14 octobre 2023
ici

commentaires

ici

likes

 

vues

imprimante
Germain Chartier
email
Par Germain Chartier, Journaliste

Vincent Rodrigue est un Beauceron de 42 ans ayant vécu un drame que l'on ne souhaite à personne. Aujourd'hui devenu conférencier et désormais auteur d'un livre sur son histoire, EnBeauce.com est allé à la rencontre du « papa de Philou ».

« Avant la chute, la vie était si belle que je me prenais à extrapoler des rêves d'avenir, au lieu de vivre simplement la vie », c'est par cette phrase que débute le livre  Le papa de Philou, écrit par Vincent Rodrigue. 

Vivant une vie plus que correcte, avec un bon travail, une belle carrière, de l'argent et une très belle famille, le Beauceron n'avait jamais imaginé un jour voir tout ça disparaître. 

Pourtant, dès 2014, la vie de Vincent Rodrigue et de sa famille tourne au cauchemar. « Alors que j'étais au chalet en famille et que j'allais mettre mon bateau à l'eau, j'ai eu un accident vraiment bête. Je mettais mon quai à l'eau et j'ai reçu un crochet sur le côté de la tête. S'en est suivi une fracture du crâne ouverte avec lésions au cerveau et traumatisme crânien qui a changé ma vie », a-t-il raconté lors de son entrevue avec EnBeauce.com.  

À partir de là, Vincent Rodrigue a dû entamer une très longue réadaptation de 18 mois, afin de récupérer tout ce qu'il avait perdu à son réveil. 

« J'ai pu être opéré et j'ai ensuite eu une longue réadaptation, car quand je me suis réveillé, j'étais complètement paralysé du côté droit. Je ne pouvais plus parler, je n'étais plus capable de lire et d'écrire. Ça a été le premier deuil de ma carrière, car je n'étais plus capable de reprendre le travail ».

Un premier accident puis la descente aux Enfers

Deux ans plus tard, alors que Vincent est à peine remis de son accident, le couple vit la pire chose à vivre pour des parents, la perte d'un enfant. 

 « La veille, nous avions reçu des amis au chalet familial, et j'avais couché mon petit bonhomme sur le divan-lit, car ça faisait plusieurs fois qu'il se réveillait et se levait. J'ai donc réussi à l'endormir sur le divan-lit et le lendemain matin, il n'était plus là, » a-t-il complété.

« Le rôle d'un papa, dans ma tête à moi, c'était de veiller sur sa famille et là, je n'avais pas réussi. Je m'en voulais énormément et je me sentais très coupable. »

Retrouvé dans l'eau, le jeune garçon a rapidement été pris en charge par les secours puis transféré d'urgence à l'hôpital de Saint-Georges. C'est dans cet établissement que le coeur du petit Philou est reparti. Il a ensuite été amené au Chul de Québec pour y recevoir les premiers diagnostics sur son état. 

« Une fois sur place, ils ont essayé de le sauver en faisant plusieurs tests. Tout était correct, mais pas son cerveau. On nous a expliqué son état et les séquelles qu'ils y auraient s'il se réveillait. Il y avait 93 % des chances qu'il reste dans le coma. Puis s'il se réveillait, il aurait été atteint très lourdement. On a donc dû prendre la pire décision de notre vie. Ça a été très dur et on a choisi de le débrancher et de le laisser partir ». 

Une épreuve trop difficile pour le couple

Aucun mot et aucune phrase n'est assez puissants pour décrire les sentiments que peuvent ressentir des parents dans une telle épreuve. Pour Vincent et sa femme, il a fallu essayer de trouver la force de continuer de vivre.

« On est arrivé à la maison et on avait encore nos deux belles filles. En les regardant, j'ai su qu'il fallait que je trouve la force, pour elles, de continuer à vivre et à être là pour elles. »

« J'ai aussi eu beaucoup d'aide durant mon accident et j'ai compris que même si mes blessures physiques allaient mieux, j'avais encore des blessures intérieures. Il fallait que j'en parle et que je travaille sur ça. J'ai beaucoup appris à parler de mes émotions, à méditer avec mes thérapeutes. »

Le couple, qui était déjà très touché par l'accident de Vincent, n'a pas pu résister à cette épreuve et chacun est allé faire son deuil de son côté. 

« On a pris deux chemins différents, moi, je parlais beaucoup de Philippe, car j'en avais besoin, mais elle ne pouvait pas, ça lui faisait trop mal. Ça faisait déjà deux ans que notre couple battait de l'aile à cause de mon accident. Au bout de quelques mois, on ne se parlait plus du tout. Six mois après le départ de Philippe, on se séparait, » a détaillé Vincent Rodrigue. 

S'ouvrir aux autres pour se reconstruire

Malgré la succession de ces épreuves, Vincent Rodrigue n'a jamais renoncé grâce à l'accompagnement de ses thérapeutes et de ses proches. Il a commencé à remonter la pente en se servant de ses blessures comme une force, et non comme une faiblesse.

« On m'a offert une retraite en silence, chose que je ne connaissais pas du tout. Puis je m'y suis rendu, car il y avait un thème sur la force du pardon. J'ai trouvé que ça me parlait vraiment. J'ai passé une fin de semaine extraordinaire et j'ai compris que la personne la plus importante dans la vie, c'était moi. Si je voulais que mes deux filles soient heureuses, il fallait que moi, je le sois, » a ajouté le père de famille. 

Avec son retour aux sports, notamment comme entraîneur de hockey à l'école Jésus-Marie de Beauceville, Vincent Rodrigue a provoqué plusieurs événements qui l'ont amené à découvrir le domaine de la conférence. 

« Avec un programme de la Caisse Desjardins, j'ai pu être accepté comme conférencier et intervenir dans les écoles, auprès des élèves. La première a été à l'école Jésus-Marie. Après cette première, je me suis senti tellement bien et tellement fier d'avoir pu partager mon parcours ».

Des conférences à l'écriture d'un livre 

Après les nombreuses conférences, aussi bien en milieu scolaire que dans les entreprises ou organismes, le Beauceron s'est intéressé à l'écriture. L'idée de mettre son histoire sur papier a alors mûri dans sa tête.

« Avec la portée de mes conférences, une écrivaine, du nom de Gwen Bobée m'a contacté et m'a offert ses services pour écrire mon livre. Mais je ne pensais pas aller plus loin que ça. Un de mes amis m'a aidé financièrement pour lancer le projet et on a conclu le contrat en juin 2023 ».

« Quelques mois plus tard, j'ai eu la belle surprise de voir « Le papa de Philou » début septembre. Je suis tellement fier de présenter le livre de mon petit bonhomme et je suis très fier de ça ».

Afin de pouvoir fêter la sortie de son livre, Vincent Rodrigue et ses filles invitent toutes les personnes de la région à venir à sa rencontre lors d'un 5 à 7 au Golf de Beauceville, pour le lancement de son ouvrage, le 19 octobre. 

« Aujourd'hui, la vie me redonne beaucoup. Je sais que mon petit bonhomme n'est plus là physiquement, mais il est avec moi tous les jours, il est présent comme jamais et c'est une belle aventure qu'on fait tous ensemble. Ça m'aide et si je peux aider les autres, c'est mission accomplie, » a-t-il conclu.

commentairesCommentaires

0

Pour partager votre opinion vous devez être connecté.

RECOMMANDÉS POUR VOUS


20 juillet 2024

Quarante ans de vie municipale pour Paul Morin

Le Beaucevillois Paul Morin a consacré toute sa carrière professionnelle au service de la localité qui l'a vu naître, et voilà maintenant 40 ans que dure son aventure municipale. Après ses études collégiales au Cégep de Rivière-du-Loup, il a fait son entrée à la Ville de Beauceville en 1984, comme technicien en loisirs pour un stage à temps ...

19 juillet 2024

« Je ne manque pas de choses à faire dans ma journée et j’adore ça! »

La Scottoise Marianne Felteau, âgée de 18 ans, est passionnée par le tir et c’est justement ce qui a fait d’elle une cadette aussi investie.   Il y a quelques semaines, elle a été promue au poste de cadette adjudante-maître pour les cours d’introduction au tir de précision et d’instructeur de tir à la carabine à air comprimé au Centre ...

12 juillet 2024

Nathan Chatigny : un jeune footballeur de 16 ans à la conquête des États-Unis

Âgé de seulement 16 ans, Nathan Chatigny, jeune joueur de football originaire de Saint-Georges, a choisi de tenter l’aventure aux États-Unis afin de pouvoir continuer son secondaire tout en poursuivant son développement dans le football. Après avoir fait une demande à l’école Saint-Andrew (Saint-Andrew’s School) située à Boca Raton en Floride, le ...