Entrevue avec Albert Cliche, Angelik Gagné et Justin Maheux
Du Mercredi étudiant à un premier album: l’histoire de L’autruche et la poule
Huit pièces, aucune parole et près de deux ans de soirées passées dans un sous-sol. Albert Cliche, Angelik Gagné et Justin Maheux, trois jeunes étudiants de la région réunis sous le nom de « L'autruche et la poule », dévoilent ce vendredi 9 octobre D'une minute à l'aube, leur premier album, disponible dès aujourd'hui.
Le trio est passé par le studio d'EnBeauce.com pour raconter la façon dont ce projet est né, ce qu'il a fallu apprendre en chemin et pourquoi un nom aussi étrange leur colle finalement très bien à la peau.
Tout remonte à 2023. Albert et Justin, qui avaient fait leur secondaire ensemble sans jamais vraiment se parler, se retrouvent au cégep, l'un au piano, l'autre à la guitare. Il leur reste une vingtaine de minutes avant leur audition pour le Mercredi étudiant et ils n'ont aucune chanson à présenter. Ils en composent donc une en marchant vers la salle, puis cherchent un titre en chemin. Au moment de s'inscrire, on leur demande le nom du groupe. « C'est juste Justin qui a dit : L'autruche et la poule », a lancé Albert Cliche en rigolant.
La pièce est retenue, puis remporte le coup de cœur du public à Cégep en spectacle. Le duo a pourtant failli ne jamais monter sur scène. « Moi, je suis vraiment le gars qui va chicken out direct », reconnaît Albert, qui avait fini par convaincre Justin de laisser tomber. À la générale technique, l'une des responsables de l'activité a refusé d'entendre parler d'un désistement. « Elle nous a forcés à y aller. » Le numéro a été remanié en vitesse, et la journée est restée gravée dans sa mémoire. « Je pense que c'est une des plus belles journées de ma vie. »
L'année suivante, Petit jour obtient le même prix. L'idée d'un album commence alors à s'imposer, sans que personne ne sache vraiment comment s'y prendre. « Ça faisait deux ans que moi puis Albert, à chaque été, on se rencontrait pour composer des trucs dans mon studio », se rappelle Justin. « On se voyait, puis ça marchait moyen. On avait de la misère. »
D'un duo à un trio pour être plus complet
Angelik, arrivée au cégep un an après eux, avait vu le duo jouer à deux reprises sur la scène de Cégep en spectacle. « J'avais vraiment tripé sur leur créativité », se rappelle-t-elle. Quand Justin et Albert lui ont proposé de composer avec eux, la réponse a été immédiate. « Oui, certain, ça me tente de composer avec eux autres. » Justin n'en démord pas. « Il manquait quelque chose, quelqu'un. Cette chose-là, c'est une personne. C'est Angelik. C'est grâce à Angelik qu'on a pu aller plus loin. Sans elle, on n'aurait pas pu faire cet album-là, c'est sûr et certain. »
Albert, lui, ne tarit pas d'éloges sur la violoniste. Elle reprend à l'oreille, en quelques secondes, les mélodies qu'on lui fait entendre. « Je n'ai jamais vu une violoniste aussi bonne. »
Piano, violon, guitare, basse, percussions, tout cela sans un mot chanté. Les huit pièces de l'album s'inscrivent dans un registre néoclassique, plus minimaliste que celui d'artistes comme Jean-Michel Blais ou Alexandra Stréliski, dont le trio se réclame, avec des mélodies qui restent très pop. On leur a aussi souvent comparé leur travail à celui de Yann Tiersen ou de Patrick Watson, mais sans les paroles. Les durées varient beaucoup, d'une pièce qui frôle les cinq minutes à une autre qui n'atteint même pas la minute. Le résultat a une teneur cinématographique, et la réaction des auditeurs revient souvent, rapporte Justin. « Il me semble que j'ai ça dans un film, dans une émission, dans une publicité. Ça confirme le feeling qu'on a quand on écoute notre musique. »
Pour peaufiner le résultat, le trio s'est entouré. Le mixage a été confié à Marius Larue, qui a travaillé avec Hubert Lenoir, et la finition à Benoit Fecteau, qui a collaboré avec Sara Dufour et Hubert Lenoir. Le mixeur, rapportent-ils, a d'ailleurs peaufiné les pièces en regardant des images, comme il le ferait pour un film.
Le vidéoclip a été réalisé avec Thomas, de Productions Sans Limite. Christian Adam Gilbert, qui travaille notamment avec Bleu Jeans Bleu, leur a aussi expliqué lors d'un appel vidéo comment s'y retrouver dans l'industrie, tandis que Laurence Castera les avait accompagnés dès leurs années de Cégep en spectacle. Pour le trio, côtoyer ces artisans, qui ont pris le temps de répondre à leurs questions malgré des horaires bien remplis, relève presque du rêve.
Le titre de l'album est arrivé tard, environ une semaine avant sa mise en ligne, après une dizaine de changements. Les noms demeurent la faiblesse du groupe, à l'exception de ceux des huit pièces, venus tout naturellement. Quant à celui de l'album, Justin y voit l'esprit dans lequel tout s'est fait. « Comme si le jour allait se lever. Comme si on vivait une nuit de création, puis qu'à un moment donné, le temps nous pressait parce qu'on voulait sortir ces chansons-là. »
Apprendre en le faisant
Le projet s'est monté de façon indépendante, sans modèle à suivre. Entre les cours, le travail et le reste de la vie, il a fallu trouver du temps et de la discipline.
En studio, les moyens étaient limités. « Déjà qu'on n'a pas le matériel tout nécessaire pour que ça soit un bel enregistrement », explique Justin. « Puis ensuite, le nombre de fois que ça prend pour enregistrer quelque chose qui sonne bien. » À cela s'ajoutaient l'organisation, le branding, le design et le budget, de même que la complexité de mettre une chanson en ligne sur les plateformes d'écoute. Le trio a dû repousser plusieurs fois ses échéances, y compris celle de son premier extrait, prévu le 29 mai et soumis en retard à son distributeur.
Pour Albert, la musique instrumentale a l'avantage de rassembler. « S'il n'y a pas de paroles, tu ne peux pas commencer à danser ou à chanter. Donc en même temps d'étudier, ça peut être super le fun. » Il admet être un peu biaisé, mais il compte bien écouter les pièces, même si personne d'autre ne le fait. « Je vais avoir du plaisir à les écouter, puis tant pis pour vous. »
Justin décrit pour sa part un album nostalgique et introspectif, qui s'écoute à tous les moments de la vie. « On sait qu'on est pressé tout le temps, on est tout le temps en train de vouloir aller plus vite. Puis on dirait que cet album-là, ça l'apaise. »
Chaque pièce porte une signification précise pour ceux qui l'ont créée, mais l'intérêt est ailleurs. « C'est ça qui est intéressant, c'est que chaque personne va pouvoir l'écouter dans un autre esprit que nous, puis avoir une différente émotion, une différente histoire derrière ça. »
L'album des trois jeunes musiciens est désormais disponible sur toutes les plateformes. Il est possible de cliquer ici pour le découvrir.
Vous pouvez également écouter l'intégralité de notre entrevue vidéo avec le groupe ci-dessus pour en savoir plus.
RECOMMANDÉS POUR VOUS

Le Beauceron Thomas Chabot devient capitaine des Sénateurs d'Ottawa
Le défenseur originaire de Sainte-Marie, Thomas Chabot, a été nommé capitaine des Sénateurs d'Ottawa. L'équipe de la LNH l'a annoncé le 29 septembre dernier, à l'aube de la nouvelle saison. À 29 ans, il devient le 11e capitaine de l'histoire de la franchise. Chabot évolue au sein de l'organisation depuis plus de 10 ans. Il a disputé son ...
LIRE LA SUITE
Mario Busque, bénévole infatigable, demande de l'aide à son tour
« Peu importe la carrosserie, faut qu'il suive », c'est ainsi que Mario Busque résume, depuis de nombreuses années, sa relation avec son propre corps. À Saint-Georges et dans toute la région, difficile de compter les organismes et les événements auxquels il donne son temps tant il est de toutes les fins de semaine. Sa colonne ...
LIRE LA SUITE
Un Beauceron crée un outil de débat qui défie l'intelligence artificielle
Il y a cinq ou six ans, Mark Zuckerberg et Elon Musk s'envoyaient des pointes sur Twitter (devenu X), et une partie d'Internet rêvait de les voir s'affronter dans un ring. Le combat n'a jamais eu lieu, mais l'idée, elle, ne quittera jamais Mathieu Blanchet-Asselin. « Je me suis dit : ce serait le fun de voir ça en direct, plutôt que d'attendre ...
LIRE LA SUITE
