«Un climat de crainte», disent les conseillers
Crise de confiance envers la mairesse de Saint-Alfred
Six mois seulement après avoir été élue pour un tout premier mandat, la mairesse de Saint-Alfred, Marie-Josée Therrien, fait déjà l'objet d'une crise de confiance de la part des six conseillers qui siègent avec elle.
«Depuis le départ à l'été (2024) du précédent maire (Jean-Rock Veilleux) et l'arrivée d'un nouveau directeur général (Michel Lavigne), un vent de nouveau et une synergie s'était (sic) installé autour de la table [...] Nous étions confiants alors de faire avancer la municipalité en amenant chacun nos idées et d'en débattre de façon constructive. Or, depuis les dernières élections, cette harmonie a disparu. L'arrivée de la nouvelle mairesse a laissé place à un climat de crainte et de méfiance. Dans les derniers mois, plusieurs décisions importantes ont été prises sans l'accord du conseil», est-il écrit dans la lettre envoyée à Mme Therrien le 27 janvier, et signée par tous les échevins, dont les deux qui s'étaient présentés avec elle dans l'équipe Ensemble+Fort St-Alfred, Chantal Couture et Jean-Pierre Veilleux.
Dans la missive, qui a été lue par la mairesse elle-même à la séance du conseil municipal d'hier soir, les conseillers signalent qu'il y aurait «une ingérence constante» dans les dossiers relevant du directeur général et même dernièrement, l'utilisation de ressources judiciaires de la municipalité, afin de menacer les membres du conseil ne partageant pas les mêmes points de vue sur certains dossiers. «Ce ne sont que quelques points que nous avons relevés [...] Le manque de transparence sur les dossiers en cours et le climat de travail actuel [...] nous fait remettre en question notre rôle et notre utilité au sein de ce conseil.»
En outre, les conseillers reprochent à Mme Therrien de consulter et de travailler avec des citoyens non élus pour mener les affaires municipales.
C'est pourquoi les six signataires demandent à «l'ensemble des personnes concernées» — il n'est pas spécifié lesquelles, de poser les questions adéquates et d'imposer des mesures afin de corriger la situation actuelle [...] Si aucune évolution ou si aucune mesure n'est prise pour remédier à la situation, nous alors évaluer notre utilité au sein du conseil.»
Rien fait contre Saint-Alfred
Appelé à commenter durant la période des questions de la séance, Marie-Josée Therrien s'est dite surprise de recevoir une telle lettre, après seulement six mois en poste. «Mais il y a (toujours) motif à s'améliorer. Ça peut être (vu comme) constructif», a-t-elle signalé sur un ton calme.
Elle a reconnu qu'elle faisait affaire avec une «équipe externe» de citoyens, qui ne sont pas des élus du conseil, «(des personnes qui) sont peut-être plus à l'affût de ce qui s'est fait dans le passé [...] Je crois que j'ai le droit (de faire ça)», a affirmé la mairesse.
Elle croit que la seule chose qu'on pourrait lui reprocher, «c'est d'aller trop vite», ce qui serait notamment à l'origine du climat tendu avec ses conseillers.
«J'ai toujours été transparente, en tout cas avec les citoyens [...] Présentement, je ne pense pas avoir rien fait qui était contre (la Municipalité de) Saint-Alfred ou contre les citoyens», a fait remarquer la dame.
Hier soir, le conseil a adopté une résolution pour demander au ministère des Affaires municipales et de l'Habitation de tenir prochainement une séance de formation et d'information portant sur le rôle des élus et de la direction générale dans une municipalité.
«S'il y a quoi que ce soit, que je vois que je n'ai pas fait de la bonne façon (après la séance du ministère), vous pouvez être certain qu'au prochain conseil, je vais m'en excuser et je vais vous en faire part», a déclaré Mme Therrien à la quarantaine de résidents qui assistaient à l'assemblée.
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