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3 octobre 2021 - 18:00 | Mis à jour : 23:24

Un billet de Sylvio Morin

Quarante ans d'information

Sylvio Morin

Par Sylvio Morin, Chef des nouvelles

Toutes les réactions 9

Il y a 40 ans aujourd'hui, j'entamais ma carrière de journaliste, fraîchement diplômé d'un baccalauréat en communications sociales obtenu à l'Université d'Ottawa.

Cela se passait au journal La Gazette de Maniwaki, un petit hebdo distribué gratuitement dans la région de la Haute-Gatineau en Outaouais québécois.

Au moment de mon arrivée en 1981, cette ville, qui s'était principalement développée par l'industrie forestière, commençait à en arracher économiquement avec les soubresauts de la CIP, une entreprise de pâtes et papier qui fournissait une très large partie des emplois de l'endroit. Une situation vécue par bien d'autres municipalités au Québec qui ont vu le jour basées sur un seul employeur.

Maniwaki, c'était aussi la réserve algonquine Kitigan Zibi, dont le plus célèbre membre fut sans contredit William « Billy » Commanda, un aîné algonquin, chef spirituel et promoteur de l'intendance environnementale connu internationalement. Son message écologiste précède de plusieurs décennies celui de Greta Thunberg. Commanda a été chef de la bande de 1951 à 1970. C'est d'ailleurs à ce peuple que j'ai consacré mes pensées, jeudi dernier, lors de la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation car c'est la toute première communauté autochtone que j'ai côtoyée dans ma vie. 

Pour en revenir au journal, les installations se trouvaient dans le sous-sol de la résidence commerciale du propriétaire, Théo P. Gargantini, un hommes d'affaires aux origines italo-montréalaises qui aurait très bien pu passer pour un vrai Beauceron, tellement il était travaillant et entreprenant.  Pas facile à endurer comme patron mais je l'ai toujours respecté pour le coeur à l'ouvrage qu'il avait. Aussi, je me suis vite accommodé du fait que les gens m'apostrophaient en me disant que je travaillais pour le « journal à Théo »  plutôt que pour La Gazette de Maniwaki.

Au bureau, je me revois dans ce sous-sol, penché comme un vieil homme pour y circuler du haut de mes six pieds cinq pouces alors que le plafond était à 6 pieds tout juste!

Je tapais mes textes sur une « dactylo » électrique vert olive de marque IBM. Je pourrais la dessiner les deux yeux fermés tellement j'ai passé des heures à la faire ronronner.

À ce moment-là, on était encore très loin de l'ère numérique et des ordinateurs. Les photos se prenaient sur pellicule noir et blanc 36 poses 400 ASA et il fallait se restreindre quant au nombre pour ne pas défoncer le budget de développement et d'agrandissement en chambre noire. Pour les catastrophes de dernière minute, on s'en remettait à une caméra Polaroid qui n'était même pas couleurs!

Quarante plus tard, les techniques de production ont bien changé et le rythme du traitement de l'information aussi. En 1981, c'était la radio qui était le média le plus rapide pour diffuser une nouvelle.

Aujourd'hui, ce sont le sites Internet qui ont pris la pôle position, dont EnBeauce.com qui a été un des premiers quotidiens Web à voir le jour sur la territoire québécois.

Je suis bien fier de faire partie de cette organisation comme chef des nouvelles. J'essaie de faire profiter au maximum notre équipe de journalistes de toutes ces années d'expérience que j'ai accumulées.

Bien sûr, je ne vais pas pouvoir poursuivre pour encore 40 ans mais je fais la promesse que d'ici la fin de ma carrière, je continuerais de garder ma rigueur professionnelle pour donner au public lecteur une information vérifiée, véritable et crédible. C'est d'abord et avant pour cela que je fais ce métier que je considère comme honorable.

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Toutes vos réactions

9 réactionsCommentaire(s)
  • Bravo, cher Sylvio. Belle carrière. Tu as toutes les raisons d’être fier de toi.
    Amitiés
    Daniel

    Daniel lessard - 2021-10-03 19:12
  • Félicitations et bravo pour les 40 ans de carrière. Oui, il faut continuer. Merci pour les bonnes ou mauvaises nouvelles.

    Francine Maheux - 2021-10-03 21:24
  • Bravo et longue vie. Très intéressant.

    Josette Labbé - 2021-10-03 21:27
  • Bonjour! Maniwaki,je connais bien! Ma tante vendait de la crème glacé ,elle avait des chalets et j’y allais avec ma famille . Je voyais des amérindiens mais on ne les connaissait pas.Dommage!
    Merci et félicitations pour votre beau travail!

    Madeleine Desormeaux - 2021-10-04 07:13
  • Salut Sylvio. Je me souviens du début des années 80, fin du CEGEP, où nous nous sommes tous quittés pour poursuivre notre scolarité et entreprendre notre vie active, c'était une belle époque. Tes années de journalisme ont fait de toi ce que tu es, Un homme honnête, consciencieux et professionnel. Merci mon ami, d'être revenu en Beauce, ce fut un bonheur de te voir revenir là où tout a commencé..

    Robert Maheux

    Robert Maheux - 2021-10-04 08:44
  • Salut Sylvio. Les conditions de travail que tu décris dans ce texte sont en tout point semblables à celles que j'ai connues comme journaliste à l'Éclaireur-Progrès, dont les bureaux ont été très longtemps situés à l'étage d'un ancien salon mortuaire, sur la 1re Avenue à Saint-Georges. Nous développions nos pellicules photos dans le bain qui servait, disons, à "préparer" les corps des défunts. Je te félicite pour ta belle carrière et au plaisir de te croiser à nouveau.

    Michel Roy - 2021-10-04 08:47
  • Bravo pour les 40 ans passées et bonne continuité.

    Louisette g Fouquet - 2021-10-04 16:00
  • Sylvie, bravo! Le métier de journaliste fait partie de ces fonctions nobles et essentielles dans un État démocratique. La démocratie, ça reste fragile et il faut des gens comme toi pour relater la « vie qui bat en société » et en protéger les fondements. Bonne poursuite de tes activités et félicitations pour le travail accompli.

    Armand Dubois - 2021-10-04 19:07
  • Sylvio Morin, le journaliste compétiteur avec qui j'ai eu le plus de plaisir à travailler. Le patron du journal La Gatineau, Oneil Grondin, compétiteur de La Gazette, était furieux que je donner des "lifts" au journaliste de Théo. Quelle période de ma vie.

    Georges Lafontaine - 2021-10-06 08:53