Après de grosses contestations
Québec recule sur sa directive concernant l'accès d'enfants d'immigrants aux CPE
Le gouvernement Legault suspend en partie sa directive qui aurait expulsé de nombreux enfants d’immigrants détenteurs de permis de travail ouverts des garderies subventionnées et des Centres de la petite enfance (CPE).
Cette directive du ministère de la Famille (MFA), publiée au début du mois, cible les enfants dont les parents ont un permis de travail ouvert. Elle stipule que ces travailleurs étrangers ne peuvent bénéficier du tarif journalier de 9,35 $ pour les services de garde.
Après une levée de boucliers, le MFA a demandé au réseau «de ne pas mettre fin aux ententes des enfants qui ont déjà une place avant la fin des vérifications en cours», a indiqué la ministre de la Famille, Suzanne Roy, sur le réseau social X, vendredi.
Elle a précisé que la directive s'applique toujours pour les nouvelles admissions. «Les parents qui ne sont pas admissibles ne pourront bénéficier d’une place subventionnée», a déclaré Mme Roy.
Plusieurs familles ont dit cette semaine que leurs enfants, qui fréquentent une garderie subventionnée depuis plus d'un an, risquaient l'expulsion.
Réagissant à la contestation de la directive plus tôt cette semaine, la ministre avait mentionné que «le MFA va analyser les dossiers des enfants qui reçoivent déjà des services», avant de poser tout geste.
Le porte-parole de Québec solidaire, Guillaume Cliche-Rivard, s'est dit soulagé par le revirement du gouvernement Legault vendredi.
«C’était la seule chose à faire, a-t-il réagi dans un communiqué. (...) Non seulement ça aurait arraché des enfants à leur milieu de vie, mais on a aussi vu de nombreux exemples dans les derniers jours de parents immigrants qui auraient dû quitter leur emploi dans des secteurs essentiels, comme préposés aux bénéficiaires, et même comme éducatrices en CPE.»
Selon la directive datée du 9 juillet, les travailleurs étrangers titulaires d'un permis de travail fermé, qui mentionne un employeur spécifique et la durée de l'emploi, peuvent inscrire leurs enfants dans le système de garderies subventionnées du Québec. Ceux avec un permis de travail ouvert, qui leur permet de travailler pour n'importe quel employeur au Canada, ne peuvent bénéficier d'une place à contribution réduite.
La directive s'appuie sur le Règlement de la contribution réduite, qui existe depuis 1997. Mme Roy a soutenu mercredi que cette règle «doit s'appliquer» et qu'elle «existe par souci d’équité envers les familles québécoises qui attendent une place».
— Avec des informations Maura Forrest
Frédéric Lacroix-Couture, La Presse Canadienne
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