Examen de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique
Le «patriotisme» entrepreneurial a ses limites, estime le député Jason Groleau

Par Sylvio Morin, Chef des nouvelles
À l'issue d'une rencontre de consultation avec des représentants du milieu des affaires de sa circonscription, concernant l’examen à venir de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM), le député fédéral de Beauce, Jason Groleau, estime que le «patriotisme» entrepreneurial qui se manifeste présentement ne pourra pas durer dans le contexte actuel des relations avec nos voisins du Sud.
« Il y a beaucoup de résilience (parmi les entrepreneurs), beaucoup de fierté au travers de ça. Ils en ont passé des tempêtes. Ils trouvent ça "tough", c'est très très difficile. Comme l'un me disait (lors de la consultation), "On veut sauver des jobs (malgré les pertes), on continue à le faire. Rendu-là, c'est du patriotisme. Mais pour combien de temps?" », a partagé l'élu lors d'un entretien téléphonique avec EnBeauce.com.
Rappelons que c'est aujourd'hui en Beauce que le Parti conservateur du Canada lançait sa tournée de consultation économique du Québec. Outre le député Groleau, le chef conservateur, Pierre Poilievre, a désigné son lieutenant politique pour le Québec, Pierre Paul-Hus, et la députée Shelby Kramp-Neuman, critique de l'opposition du Commerce canado-américain, comme émissaires de la consultation.
Environ une dizaine d'acteurs des secteurs manufacturier, agroalimentaire, du bois d'oeuvre et de l'acier ont participé à une table ronde, ce matin au Georgesville, qui a été suivie d'échanges sur une base individuelle.
À titre d'exemple sur la teneur des discussions, Jason Groleau rapporte que, dans le contexte actuel, les entreprises du bois d'oeuvre «ne sont plus rentables. Ils perdent de l'argent tous les jours. S'ils mettent la clé dans la porte, ce sont les employés qui vont souffrir. Donc, ils continuent à produire pour garder les jobs en Beauce. Mais ça peut pas tenir vingt ans. À long terme, ça marchera pas. »
Des industriels ont avoué avoir déjà transféré une partie de leur production dans des usines qu'ils possèdent du côté américain. « La crainte, c'est qu'à un moment donné, on va produire plus aux États-Unis qu'ici Beauce. Ça, c'est un enjeu majeur! », a laissé tomber le député fédéral.
Alors que le président Donald Trump vient d'en ajouter une couche, en menaçant d'imposer des droits de douane supplémentaires de 10 % au Canada et à d'autres pays, l'élu beauceron déplore la «mollesse» du premier ministre Mark Carney dans sa réponse aux tarifs de la Chine sur les produits canadiens. « Les Chinois nous envoient du "cheap". Ils inondent notre marché canadien parce que nos contre-tarifs ne sont pas assez forts. »
La délégation conservatrice poursuivra sa consultation cette semaine, en se rendant à La Pocatière, Saguenay et Québec, avant de continuer dans la grande région montréalaise au cours les prochaines semaines.
Les observations et les témoignages colligés au cours de cette tournée contribueront aux travaux des députés conservateurs à Ottawa sur toutes les questions des relations commerciales.
