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20 décembre 2014 - 07:59 | Mis à jour : 22 décembre 2014 - 19:07

Deuil périnatal : Comment venir en aide à des parents endeuillés

Véronique Veilleux

Par Véronique Veilleux, Journaliste

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Le deuil. Personne n’aime y être confronté. Dans cette situation, il arrive que les gens dans l’entourage des personnes vivant un deuil ne sachent pas toujours quoi faire pour les aider ni comment s’y prendre pour leur apporter du réconfort. Des spécialistes et des parents ayant vécu un deuil périnatal proposent différents moyens et conseils pour venir en aide aux parents qui doivent faire face au deuil.

 « Un moment donné, on s’isole beaucoup. L’extérieur [l’entourage] et la famille ne savent pas quoi nous dire. Ils sont mal à l’aise, ils n’osent pas parler. Ils nous mettent de côté. Il y en a qui parle et nous blesse sans le vouloir. Il y en a qui parlent peu. On finit par s’isoler. On reste chez nous. On ne veut pas déranger les autres avec notre peine », raconte Bianca qui a perdu deux bébés.

À propos de l’entourage et de la famille, la psychologue Amélie Mathieu des Alternatives Éducatives inc. explique que la meilleure façon qu’ils ont d’aider des parents endeuillés c’est l’écoute. « Écoute, écoute, écoute », recommande Madame Mathieu. Elle explique que l’entourage doit également reconnaître la perte et reconnaître que c’est un deuil que vivent les parents pour être en mesure de les écouter sans les juger dans leur façon de réagir à la perte. « Les gens ont besoin d’être entendus et validés », conclut la psychologue.

« J’ai beaucoup d’amis autour à qui j’ai pu en parler. Les gens n’étaient pas mal à l’aise. Je pouvais en parler », mentionne Caroline qui a eu la chance d’être de pouvoir parler de sa peine à ses amies sans se faire juger. « J’ai eu des amies en or », explique Caroline.

« J’avais une amie. Elle est venue à la maison. J’ai pu rouvrir la petite boîte de souvenirs que j’avais. Juste de rouvrir la boîte et de pleurer avec mon amie ça m’a fait un bien immense », raconte Mélissa-Ann qui a perdu Louka, décédé d’une méningite après 15 jours de vie.

« L’écoute c’est bien important. Si on s’aperçoit qu’une personne a besoin de parler, que ce soit juste une minute, c’est important de l’écouter et de ne pas le juger », commente Mario, père de Cloé qui décédée avant la naissance.

D’autres moyens pour aider

Les parents endeuillés ne sont pas prêts à parler de leur peine ? Dans ce cas, l’Association Parents Orphelins suggère d’autres façons de les aider. Préparer des petits plats, effectuer diverses tâches ménagères, garder les enfants, promener le chien, tondre la pelouse et déneiger l’entrée après une tempête de neige sont quelques moyens pour venir en aide à des parents endeuillés. Pourquoi ne pas se contenter de les laisser pleurer en votre présence ?

Il existe divers moyens pour venir en aide aux personnes vivant un deuil périnatal. Pourquoi ne pas leur rendre visite, les inviter à souper, leur téléphoner pour leur demander comment ça va, poser des gestes d’affection à leur égard ou leur envoyer un mot, soit à l’hôpital ou à leur retour à la maison.

Selon Mario, la plus belle approche c’est d’« arriver avec un “bonjour”, un “comment ça va”. Même un “Est-ce que ça te tente d’en parler”. Ça, c’est la plus belle approche qu’on peut nous faire ». 

Montrer de l’intérêt envers le bébé

L’Association Parents Orphelins propose aussi d’offrir un petit cadeau ou une œuvre en l’honneur du bébé. Nommer le bébé par son nom, s’intéresser aux objets qui ont appartenu au bébé ou aux souvenirs que les parents ont conservés de lui, poser des gestes d’affection sont également des moyens qui peuvent démontrer de l’intérêt et du support envers des parents endeuillés, tout comme souligner l’anniversaire de naissance et de décès du bébé ou encore faire un don symbolique en sa mémoire.

« Nous, notre enfant, même s’il n’a pas beaucoup existé, on veut en parler. On veut se remémorer des souvenirs. Souvent, les gens n’osent pas prononcer son nom. Nous, tout ce qu’on veut, c’est en parler », explique Mélissa-Ann. « Il faut continuer de parler de nos enfants même si la famille ne les a pas connus ou qu’ils ont vécu une courte période. Il faut en parler », ajoute Mélissa-Ann.

Des gestes qui peuvent faire la différence

Ces simples gestes peuvent parfois être d’un grand support pour les parents qui vivent un deuil. Vous n’êtes pas certains s’ils apprécient ou vous avez peur de leur réaction ? Dans ce cas, Parents Orphelins recommandent de demander aux parents s’ils aimeraient, par exemple, que vous veniez leur porter quelque chose à manger ou si vous leur téléphonez dans un bon moment.

Quoi ne pas faire ou dire avec un parent endeuillé

« La pire affaire à dire à une famille, c’est “Ce n’est pas grave, vous ne l’avez pas connu” », explique Mario qui ajoute aussi que des phrases telles que « Casse-toi pas la tête », « Ce serait pire s’il avait été plus vieux » ou encore « réessayez-vous dans pas long pour en faire un autre » sont également des choses à éviter de dire à des parents qui vivent un deuil.

Le père endeuillé explique aussi que l’une des pires choses à faire est de tenter de trouver mille et une raisons pour expliquer la mort du bébé. Il faut donc éviter de dire des choses comme « tu devais être trop grosse », « ce doit être parce que tu as fait trop (ou pas assez) d’exercice », « s’il est mort, ce doit être parce qu’il ne devait pas naître », « ce n’était pas son destin de venir au monde », « il devait être malade » ou encore « il devait avoir un problème » ne servent en rien à aider des parents endeuillés. À quoi bon stipuler sur les possibles causes du décès puisque, de toute façon, ça ne ramènera pas à la vie le bébé décédé.

« Dans environ la moitié des cas, il n’y a pas d’explication au décès du bébé, et lorsqu’il y en a une, cela ne constitue pas toujours une source de soulagement. Les parents endeuillés n’ont pas besoin qu’on minimise leur peine, que ce soit en trouvant une raison médicale au décès, ou en réduisant leur peine au nombre de semaines de grossesse ou au poids du bébé. Ils ont une peine immense », explique Alexandrine.

Des phrases comme « Vous êtes encore jeune, vous allez en avoir un autre » sont également à éviter. « Un autre bébé, ça ne remplacera jamais ceux qu’on a perdus », mentionne Mélanie qui a perdu six bébés. À cela, Alexandrine, mère de bébés décédés et animatrice de café-causerie pour l’Association Parents Orphelin, ajoute qu’« un bébé n’est pas bien qu’on possède et qu’on peut remplacer aisément ».

« Tout devient plus dur suite au deuil d’un enfant. Quelqu’un qui n’a pas connu ça ne peut pas savoir ce qu’on vit », mentionne le papa de Cloé. « L’entourage peut essayer de trouver 150 000 solutions pour expliquer pourquoi le bébé est décédé. Il vient un temps où, nous en tant que parent, on ne veut plus rien savoir », ajoute-t-il.

Sensibilisation

Afin de sensibiliser la population au sujet du deuil périnatal, l’Association Parents Orphelins a produit une courte vidéo qu’il est possible de visionner au http://youtu.be/_VkjLhM2k6E

Un dossier à suivre

Ne manquez pas de lire « Ces pères oubliés ». Ce dernier article de notre dossier traitant du deuil périnatal sera entièrement consacré au deuil chez le père.

Nos autres articles sur le sujet

Deuil périnatal : Quand la douleur devient trop intense

Le deuil périnatal : Comment s’en sortir

 

Des ressources pour les parents vivant un deuil périnatal

En Beauce :

Page Facebook Parents d’anges en Beauce  www.facebook.com/pabeauce

Groupe-causerie Facebook de Parents d’anges en Beauce www.facebook.com/groups/pabeauce/

Support psychologique : Amélie Mathieu psychologue chez Les alternatives éducatives inc.  www.alternativeseducatives.com/

 

Partout au Québec

Association Parents Orphelins  www.parentsorphelins.org

 

À Québec

Association Les Perséides (groupe d’entraide)  http://acclesperseides.wix.com/perseides

 

Sur internet

Portail d’information prénatale de l’Institut nationale de la santé publique du Québec  http://www.inspq.qc.ca/infoprenatale/deces-et-deuil-perinatal

Nos petits anges au Paradis  http://www.nospetitsangesauparadis.com/

 

Livres

Isabelle Clément et Manon Cyr, Fausse couche, vrai deuil, éditions Caractère, 2013

Suzy Fréchette-Piperni, Les rêves envolés: Traverser le deuil d'un tout petit bébé, éditions De Mortagne, 2011

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Vous connaissez des personnes de la Beauce qui sont inspirantes et qui ont des histoires intéressantes à raconter ou encore des parcours de vie hors du commun ? Contactez-nous par courriel à l’adresse [email protected] afin d’en discuter avec l’un de nos journalistes. Au plaisir de vous lire !

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2 réactionsCommentaire(s)
  • Très intéressant, tout le monde devrait lire ça. Cette épreuve frappe beaucoup de gens, à divers degrés et l'entourage même très proche ne sait généralement pas comment réagir. Ça fait presque aussi mal que le deuil lui-même que de le traverser seule.

    Annie Langevin - 2016-11-23 08:23
  • Je suis à la recherche de l'article sur les pères oubliés dont vous faite mention et je ne réussi pas a la trouver. pourriez vous m'aider svp

    Patricia - 2017-01-12 07:12