L'ADOberge Chaudière-Appalaches
Il faut agir pour les hébergements jeunesse
L’ADOberge Chaudière-Appalaches et le Regroupement des Auberges du cœur du Québec sonnent l’alarme et rappellent au gouvernement qu’il y a urgence d’agir.
Cela en raison des problématiques vécues par les jeunes plus vulnérables qui se sont considérablement alourdies et complexifiées depuis le début de la pandémie.
En prévision du dépôt du prochain budget provincial, ils demandent un rehaussement du financement des Auberges du cœur de 25 M$ afin de leur permettre de réaliser pleinement leur mission et d’accompagner adéquatement les jeunes fréquentant ces ressources en hébergement.
Les Auberges du cœur, qui soutiennent les jeunes de 12 à 35 ans en situation d’itinérance ou vivant des difficultés, accueillent et soutiennent annuellement plus de 3 500 jeunes, mais se voient contraintes d’en refuser tout autant, faute de places et de financement.
Le recrutement au coeur du problème
Par ailleurs, dans les maisons d’hébergement jeunesse communautaires du Québec, les impacts du sous-financement et de la pénurie de main-d’œuvre sont alarmants : taux de roulement élevé, épuisement professionnel, congés de maladie, personnel insuffisant, etc.
« Ce qui est difficile, autant à Saint-Georges qu’à Lévis, c’est le recrutement du personnel », a témoigné Marc-Antoine Boisvert, directeur général de L’ADOberge Chaudière-Appalaches, lors d’un entretien téléphonique avec EnBeauce.com. « On a un haut roulement de départ et d'arrivée dans les équipes. Le problème qu’on souligne avec les Auberges du cœur c’est que notre financement ne nous permet pas d’être compétitifs avec les salaires qui sont offerts ailleurs. »
Par conséquent, nombreux sont les intervenants qui prennent de l’expérience dans cet organisme puis par la suite ils vont chercher des emplois plus payants et avec de meilleures conditions de travail. « Mais nous ça fait en sorte qu’on perde de l’expertise des intervenants qu’on forme. »
Un impact direct sur les services
Faute de personnel, plusieurs Auberges se voient contraintes de fermer des lits ou pires encore, d’arrêter complètement leurs activités. Dans la dernière année seulement, les Auberges du cœur ont été obligées de fermer une centaine de lits, pour une durée de trois jours à plus de six mois.
En ce qui concerne les lits, L’ADOberge de Saint-Georges dispose pour l’instant de quatre lits au lieu de six, mais c’est en raison de la pandémie. En effet, à cause des mesures sanitaires, les chambres doubles ne peuvent être occupées que par une seule personne.
« Il y a eu un moment l’été dernier par exemple où on a dû fermer le point de service de Saint-Georges pour amener les jeunes à l'hébergement de Lévis dans le but de n’avoir qu’un des deux points de service ouvert. L’inverse est arrivé aussi », a raconté Marc-Antoine Boisvert. « Voici un exemple. En fin de semaine, nous avons quelques employés réguliers en isolement. Devant l’impossibilité de les remplacer, nous allons devoir fermer la maison de samedi 15h à dimanche 7h. Ça arrive de plus en plus souvent, que ce soit à Lévis ou à Saint-Georges. »
Notons cependant que tous les postes sont présentement occupés à Saint-Georges, mais lorsqu’un employé doit s’absenter c’est extrêmement difficile de le remplacer et lorsqu’un intervenant part, le recrutement est très difficile.
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