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Selon la Société canadienne du cancer

La désinformation sur les vaccins contre la COVID-19 persiste

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23 mars 2024
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Par La Presse Canadienne

Quiconque s'est promené sur internet a sans doute lu des messages erronés prétendant que les vaccins contre la COVID-19 représentent une menace à la santé.

L'un des mythes les plus réfutés est celui voulant que les vaccins à base d'ARNm puissent causer le cancer parce qu'ils contiendraient «un adénovirus de chimpanzé».

On a pu entendre l'an dernier de tels mythes lors d'une audience du Congrès américain sur les blessures attribuables aux vaccins, mais les autorités sanitaires, tant en Amérique du Nord et en Europe, ont souligné qu'il n'existait aucune preuve de lien causal entre les vaccins contre la COVID-19 et le cancer ou que les vaccins à base d'ARNm pouvaient modifier l'ADN des humains.

Apiramy Jeyapalan, une analyste des politiques à la Société canadienne du cancer, déplore que la désinformation puisse nuire au déploiement de traitements éprouvés.

«La désinformation peut faire hésiter davantage avant de se faire vacciner; elle peut retarder l'administration d'un traitement.»

Le fait que les cancéreux ou autres malades sont exposés à cette désinformation diffusée sur l'internet et ailleurs est très inquiétant. Le milieu médical et scientifique ne peut l'ignorer, soutient une experte de la littératie médicale, Cheryl Peters.

Les gens qui reçoivent des traitements contre le cancer sont dans une position très vulnérable, particulièrement ceux qui sont dépassés et pourraient être réceptifs à des renseignements provenant de sources douteuses.

«Nous devons savoir que ces choses circulent. Nous devons savoir que nos amis et nos proches peuvent être exposés à ces théories du complot qui peuvent leur nuire s'ils les écoutent», souligne Mme Peters.

Elle a remarqué que les détracteurs des vaccins leur attribuent toute sorte de problèmes, allant des maladies cardiaques aux morts subites. Quand on lit que les vaccins expliquent les taux supérieurs de cancer chez les plus jeunes, il faut se méfier davantage de ces racontars.

«Ce n'est pas parce qu'on a été exposé une fois à un vaccin ou autre chose que cela aura une influence négative sur notre santé. Ce n'est pas comme cela que notre biologie fonctionne», lance Mme Peters.

Aaron Schimmer, le directeur de la recherche au Princess Margaret Cancer Centre de Toronto, croit que la désinformation sur les vaccins contre la COVID a diminué, mais reconnaît qu'elle existe toujours.

«Un certain nombre de patients qui ont reçu un diagnostic de cancer à l'époque où le recours aux vaccins a commencé diront que la maladie a été causée par les vaccins. D'un point de vue biologique, c'est faux. Ces cancers ont dû se développer lentement pendant de nombreuses années», raconte-t-il.

Le Dr Schimmer dit qu'aucun de ses propres patients n'a soulevé des théories complotistes contre les vaccins et le cancer. «J'ai assurément soigné des patients qui avaient des inquiétudes sur les vaccins et leur sûreté. Ils s'interrogeaient si le cancer avait été causé par le vaccin.»

Ironie: les vaccins à base d'ARNm avaient été testés pour soigner les cancers bien avant la pandémie de la COVID-19, note-t-il. La théorie veut que l'ARNm entraîne le système immunitaire d'un malade à cibler des cellules cancéreuses spécifiques.

«Ce sont les recherches entreprises pour comprendre comment l'ARNm pouvait soigner le cancer qui nous ont permis de produire si rapidement un vaccin contre la COVID», souligne le Dr Schimmer.

Cheryl Peters croit que les vaccins à base d'ARNm sont très prometteurs pour l'avenir, mais elle se demande si la communauté scientifique a bien communiqué leur potentiel à la population.

«C'est une question un peu existentielle pour la science en général», avance-t-elle.

Samara Perez, du Centre de recherche évaluative en santé du Centre universitaire de santé McGill, dit que, chiffres à l'appui, une grande majorité de patients considèrent les médecins et les professionnels de la santé comme la source de renseignements la plus sûre.

Même si les patients peuvent réagir différemment à un diagnostic de cancer, la Dre Perez ne croit pas qu'ils soient particulièrement vulnérables à la désinformation.

«Je crois que les gens qui étaient déjà réceptifs à la désinformation avant d'avoir un cancer le seront tout autant pendant la maladie.» 

Mme Peters dit que les médecins, les scientifiques et les responsables de la santé publique doivent expliquer les rares, mais véritables, effets secondaires des vaccins. C'est cette transparence qui permet d'établir la confiance.

Selon elle, les mythes et la désinformation jouent actuellement un plus grand rôle dans les choix de la population que dans le passé. «Nous avons un accès illimité aux informations», mentionne-t-elle. Et certaines gens tentent de répandre de mauvaises informations sur internet afin de pouvoir promouvoir leur propre remède prétendument miraculeux. 

«Ce phénomène ne s'effacera pas de si tôt, souligne Mme Peters. Les gens souffrant d'un cancer et les autres ayant des problèmes chroniques ont vraiment besoin d'un appui.»

Sonja Puzic, La Presse Canadienne

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