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Négociations des conventions collectives

Pas d'entente en vue chez Olymel

durée 12h00
15 juillet 2021
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Léa Arnaud
Par Léa Arnaud, Journaliste

Il n’y a toujours pas eu d’entente conclue entre les deux parties lors des dernières rencontres de négociations pour la convention collective des employés de l’usine Olymel à Vallée-Jonction, qui ont eu lieu lundi 12 et mardi 13 juillet.

Rappelons d’abord que les membres du Syndicat des travailleurs d'Olymel Vallée-Jonction-CSN (STOVJ-CSN) ont manifesté la semaine passée à Québec pour demander au conciliateur de forcer l'employeur à revenir à la table après que ce dernier ait demandé une longue « période de réflexion ». Chose faite, les parties se sont donc retrouvées en ce début de semaine, pour de longues journées (et nuits) de négociations.

« On pensait vraiment avoir une entente en s'asseyant à la table. Mais là ça fait quatre rencontres où l’employeur ne dépose rien du point de vue monétaire. Alors nous on a refait un dépôt, mais selon eux on est encore loin, ils disent que ça n’a pas de bon sens », a témoigné Martin Maurice, président du STOVJ-CSN. 

Ce à quoi l’employeur répond que, malgré le fait que les deux parties aient travaillées fort, bien que le syndicat dise le contraire, les écarts sont encore trop significatifs pour conclure une entente.

« Il faut garder à l’esprit qu’au déclenchement de la grève, on était en négociation sur le normatif et ce n’était pas critique. Aussi, à ce moment-là, les employés étaient payés déjà 18 % de plus que la compétition, donc il n’y avait pas de questions de rattrapage », a précisé Paul Beauchamp, 1er vice-président d’Olymel.

Ce dernier rappelle également qu’au premier dépôt du salarial, les membres syndiqués demandaient 35 % la première année et 51 $ pour une convention de trois ans et demi. « Alors, oui ils ne sont peut-être plus à ce niveau-là, mais il n’en demeure pas moins qu’on est parti à 18 % de plus que la compétition canadienne d’Olymel. Alors quand on veut en rajouter il faut être raisonnable, le temps ne rendra pas cela acceptable, non, l’écart est trop significatif. »

Les grévistes manifestent donc aujourd’hui à l’usine de Princeville afin de témoigner à l’employeur qu’ils sont toujours aussi déterminés que lorsqu’ils ont commencé le 28 avril dernier. 

« On négocie tout seul, l’employeur ne fait rien. Là c’est assez, alors c’est pour ça qu’on à Princeville aujourd’hui, on veut montrer notre mécontentement. Il faut que l’employeur négocie pour de vrai, là il est comme une image, il fait seulement acte de présence », a indiqué Martin Maurice, révolté par la situation.

Cependant, la partie patronale ne compte pas céder à la pression. « On ne dira pas oui à leur demande, on n'a pas les moyens de le faire. Ce serait facile, mais ce serait aussi irresponsable », d’expliquer Paul Beauchamp.

L’employeur se dit investi et volontaire pour régler ce conflit, tant que cela reste « raisonnable ». 

« On fait aussi du travail exploratoire avec le conciliateur sur différents éléments. Mais il faut aussi mentionner qu’on a fait trois propositions salariales auxquelles on n'a eu aucun retour. L’employeur ne peut pas que donner, donner, jusqu’à ce que le syndicat dise que c’est suffisant », a ajouté le 1er vice-président. « Dans l'établissement d’une convention collective, tout n’est pas réglé parce qu’on parle de salaire.  Il y avait aussi une question d'horaire de vacances, de durée, une question de faire des semaines de 4 jours. On tente d’être imaginatif dans notre approche pour créer un milieu de travail attractif au-delà des conditions monétaires, car il y a une limite à ce qu’on peut payer. »

À ce jour, les deux parties sont donc figés sur leurs idées respectives. 

« C’est une situation qui n’est pas facile, mais une chose est sûre ce n’est pas le temps qui fera que l’employeur en mettra plus sur la table. Il y a une limite à ce qu’on est capable de payer et aux maintiens des opérations », de conclure la direction d’Olymel.

« On a dit au conciliateur que si pour la prochaine rencontre, le 19 juillet, il n’y a pas de dépôt de l’employeur, le syndicat ne s’assiera pas pour négocier », a terminé pour sa part le syndicat.

En ce qui concerne la gestion des porcs, la situation est une préoccupation première pour l'entreprise qui semble plutôt bien gérer les choses jusqu'à présent.

« On vend environ 23 000 porcs par semaine à l’extérieur du Québec pour gérer un peu la pression. On a entrepris aussi la vente de porcelet, ceux qui arriveraient en abattages dans plusieurs mois. On regarde différents scénarios pour essayer de réduire l'arrivage des porcs de l’Ontario et favoriser l’abattage de porcs du Québec », a énoncé Paul Beauchamp. 

Fort d'avoir traversé la pandémie en évitant l'euthanasie, la direction travaille avec les éleveurs de porcs du Québec pour éviter à tout prix l’euthanasie.

À lire également:
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