Le temps presse pour les employés de Romaro 2000
Les 70 employés de Romaro 2000 de Saint-Victor ont obtenu l’extension voulue de trois semaines supplémentaires du syndic de faillite, Raymond Chabot. Le tout s’est concrétisé hier en fin de journée.
Pendant les trois prochaines semaines, ils devront opérer l’usine de fabrication de charpentes de bois de façon rentable pour garder leurs espoirs de racheter les installations de Romaro 2000 et conserver leurs emplois. Ce temps est aussi nécessaire pour former une coopérative.
Rappelons que l’usine appartenant à Robert Veilleux qui a déclaré faillite lundi dernier, devait fermer définitivement ses portes le 29 juin.
Un sursis
Les employés et le représentant de ceux-ci, Mario Pouliot, étaient soulagés d’avoir obtenu l’extension. Il admet que beaucoup de travail devra être abattu dans les prochaines semaines. Pendant la réunion d’hier soir devant une cinquantaine d’employés, M. Pouliot a mentionné que deux mois seront nécessaires pour former la coopérative. De plus 75 % des employés devront y participer pour espérer «acheter leurs emplois». «Je suis très encouragé de la réaction des employés. Il y en a de très bons qui travaillent ici», constate-t-il.
Pour réussir ce tour de force, les employés devront étudier la possibilité de s’allier avec le propriétaire actuel, Robert Veilleux. «J’y crois un peu à la coopérative, mais pour avoir une petite chance, il faudra faire une place à M. Veilleux», pense Mario Veilleux.
Cinquante-huit personnes demeurent en emploi présentement tandis que douze autres ont été mis à pied par le syndic. Aucun d’eux ont la certitude pour le moment de conserver leurs emplois. «C’est plate pour tout le monde. Pour ma part, je l’ai pratiquement bâti cette place-là», souligne M. Veilleux, contre-maître à l’emploi de Romaro 2000 depuis 32 ans.
En attendant, les employés seront payés par l’institution bancaire représentant la compagnie.
Des investisseurs
Des gens de Saint-Victor ont même laissé sous-entendre à M. Pouliot qu’ils seraient prêts investir de l’argent pour conserver la manufacture à Saint-Victor. Un autre investisseur local aimerait lui aussi racheter les installations, mais à condition que le propriétaire actuel ne soit pas actionnaire de la nouvelle entreprise.
Quelques ombres au tableau
Les commandes sont à la baisse chez Romaro 2000 aucune autre est prévue pour le moment. De plus, le syndic doit débloquer des fonds pour acheter l’inventaire nécessaire pour réaliser les commandes et ainsi permettre de conserver de bons liens avec la clientèle. Elle demeure essentielle à la survie du projet des employés.
Également, le syndic de faillite acceptera les offres d’achats de Romaro 2000 dès le 6 juillet. Selon les informations de M. Pouliot, un compétiteur de la région pourrait déposer une offre pour démanteler l’usine.
Rappel des faits
Le syndic de faillite avait pour mandat de liquider les installations de Romaro 2000 d'ici deux semaines. La compagnie de fabrication de produits de charpente en bois placée sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies le 7 décembre 2006. L’entreprise a obtenu trois délais avant de déclarer faillite. La liste de créanciers de 9 pages totalisent près de 12 millions $ dont le plus gros créanciers est la Banque de Montréal (5,62 M$).
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