Conflit en Iran
À quoi s’attendre pour le prix de l’essence au Québec?
Par La Presse Canadienne
Faire le plein va vraisemblablement coûter plus cher très bientôt, tandis que le conflit en Iran fait monter le prix du baril de pétrole.
La hausse est modeste pour le moment, mais les répercussions des frappes américaines et israéliennes sur l’Iran pourraient se faire sentir rapidement à la pompe, anticipe le conseiller en communication de CAA-Québec, Simon Bourassa.
«On va voir ça cette semaine, prévient-il en entrevue. Ce ne sera pas long.»
À Montréal, le prix moyen à la pompe s’est établi à 155,3 cents le litre (¢/l), lundi, soit 2,3% de plus que la moyenne de la semaine dernière, selon les données de la Régie de l’énergie.
La hausse est plus modeste que celle du prix du pétrole. Le prix du baril était à la hausse de 6,25%, ou 4,19$US, à 71,21$US à la Bourse de New York en début d’après-midi.
La hausse des prix du pétrole sera éventuellement refilée aux consommateurs, anticipe M. Bourassa.
«Du moment où le coût d’acquisition va augmenter et que les essenceries et les différents distributeurs vont devoir se réapprovisionner, bien, à ce moment-là, le prix va changer.»
Il faudra laisser un peu retomber la poussière avant de mesurer l’effet du conflit, répond le vice-président pour l’est du Canada de l’Association canadienne des carburants, Carol Montreuil.
Il fait une mise en garde à ceux qui tenteraient de faire une prévision à long terme, tandis que la situation est volatile.
Les nouvelles sont toutefois de mauvais augure pour les automobilistes. «La tendance, elle est nettement haussière», reconnaît M. Montreuil en entrevue.
Les perturbations du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz soulèvent des inquiétudes. Près de 20% de l’approvisionnement mondial en pétrole transit par ce détroit situé à l’extrémité sud du golfe Persique.
Les pétroliers qui utilisent le détroit approvisionnent majoritairement le marché asiatique.
Un blocage ne représenterait pas un risque à l’accès au carburant au Canada. «Rien (d’assez important) d’un point de vue volumétrique pour avoir un impact sur nous», explique M. Montreuil.
La situation a toutefois des répercussions sur les prix mondiaux. Même si le Canada s’approvisionne majoritairement dans les provinces de l’Ouest et aux États-Unis.
«L’impact sur les prix, il se fait sentir partout, explique M. Montreuil. Que vous soyez dans un pays autosuffisant, comme le Canada ou les États-Unis, ou un pays qui dépend des importations, le prix vous frappe de plein fouet partout.»
Stéphane Rolland, La Presse Canadienne
