Après l'annonce d'Ottawa
Travailleurs étrangers: des réactions mitigées au sursis fédéral
Plusieurs organisations économiques et municipales du Québec saluent le sursis d’un an annoncé par le gouvernement fédéral, ce vendredi 13 mars, pour certains travailleurs étrangers temporaires, tout en estimant que cette mesure demeure insuffisante pour répondre aux besoins des entreprises et des régions.
La Chambre de commerce et d’industrie Nouvelle-Beauce (CCINB), la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ), l’Union des municipalités du Québec (UMQ) et la Fédération québécoise des municipalités (FQM) ont toutes réagi à l’annonce d’Ottawa concernant le dossier des travailleurs étrangers temporaires.
La mesure fédérale prévoit notamment un délai supplémentaire d’un an pour certains travailleurs afin de faciliter leur transition vers la résidence permanente, dans un contexte marqué par la fin du Programme de l’expérience québécoise (PEQ) et l’entrée en vigueur du Programme de sélection des travailleurs qualifiés (PSTQ). Des ajustements ont également été annoncés dans le Programme des travailleurs étrangers temporaires.
Un répit jugé utile, mais temporaire
Pour la Chambre de commerce et d’industrie Nouvelle-Beauce, ce sursis pourrait aider certaines entreprises de la région à court terme, mais il ne règle pas le problème de fond.
« L’annonce de ce matin est un pas dans la bonne direction. Ce sursis d’un an donnera un coup de main précieux à plusieurs entreprises de la Nouvelle-Beauce. Toutefois, il s’agit d’un allègement temporaire. Nos entrepreneurs ont besoin de prévisibilité et de stabilité pour planifier leurs opérations. Sans solution durable, on risque simplement de repousser la même crise à l’an prochain », affirme Marie-Christine Lavoie, présidente-directrice générale de la CCINB.
La FCCQ partage cette analyse et estime que les mesures arrivent tardivement et demeurent limitées.
« L’annonce d’aujourd’hui arrive très tard et est limitée dans son ampleur, mais elle témoigne d’une prise de conscience qui est bienvenue. En revanche, ce que dont les entreprises et les travailleurs ont besoin, c’est de la prévisibilité, et un sursis d’une année seulement ne leur offre pas cela », souligne Véronique Proulx, présidente-directrice générale de la FCCQ.
Les deux organisations estiment que le gouvernement fédéral devrait prolonger les permis de travail des travailleurs étrangers déjà en emploi tant que les entreprises en ont besoin.
Des municipalités également préoccupées
Du côté municipal, l’Union des municipalités du Québec considère l’annonce comme un premier geste, mais juge qu’elle ne répond que partiellement aux demandes formulées par les régions.
« Aujourd’hui, le gouvernement du Canada répond à certaines demandes portées par les élues et élus municipaux, mais ce n’est pas suffisant pour plusieurs régions du Québec », affirme Guillaume Tremblay, président de l’UMQ et maire de Mascouche.
Selon l’organisation, plusieurs entreprises pourraient continuer de faire face à des pénuries de main-d’œuvre, notamment en raison des restrictions toujours en place dans le Programme des travailleurs étrangers temporaires.
La Fédération québécoise des municipalités estime également que les mesures annoncées demeurent partielles et temporaires. « Il s’agit d’un baume partiel, une première étape qui devra être suivie par d’autres pour répondre aux demandes de nos communautés », affirme Jacques Demers, président de la FQM.
L’organisation souhaite notamment un relèvement du plafond de travailleurs étrangers temporaires dans certains secteurs et davantage de prévisibilité pour les employeurs en région.
Le dossier des travailleurs étrangers temporaires demeure un enjeu majeur pour plusieurs entreprises du Québec, notamment dans les régions comme la Beauce et plus généralement Chaudière-Appalaches, où de nombreux secteurs économiques dépendent de cette main-d’œuvre.
Plusieurs organisations appellent maintenant les gouvernements fédéral et provincial à apporter des solutions plus durables afin d’assurer la stabilité des entreprises et de permettre aux travailleurs étrangers de poursuivre leur parcours vers la résidence permanente.
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