Entretien audio
En tête-à-tête avec Benoit Giraudo
Il n'est pas connu pour son exubérance, mais plutôt par sa modestie et sa discrétion, ce qui ne veut pas dire que sa présence et sa contribution ne se font pas sentir lorsqu'il s'implique, entre autres, dans le soutien communautaire.
Benoit Giraudo est né à Saint-Côme-Linière en janvier 1957, d'une mère beauceronne et d'un père français.
Il raconte que son paternel, Marcel, a immigré au Canada en 1952, dans les années de l'après Seconde guerre mondiale, et que dès qu'il a mis les pieds au pays, «la chance était vraiment avec lui.»
En effet, au lendemain de son arrivée en bateau à Québec, il commande à déjeuner au resto de l'auberge où il loge, avec son accent français méditerranéen bien prononcé, alors qu'à la table d'à côté se trouve un homme d'affaires de la Beauce. Curieux, ce dernier lui demande d'où il vient. «De Nice, en France», lui répond Marcel. Il explique qu'il a décidé de venir ici pour s'y établir, travailler et fonder une famille. L'entrepreneur lui propose sur le champ «de l'ouvrage» à son usine de Saint-Côme, dont il est le propriétaire. L'homme en question est Gustave Doyon, le président des Boulangeries Doyon.
Le jeune Marcel accepte volontiers l'offre et prend la route pour la Beauce avec son nouveau patron, qui l'héberge chez lui au départ. Il y rencontre alors Monique, une fille de M. Doyon, dont il tombe follement amoureux. «On devine la suite», partage Benoit Giraudo, qui est le troisième des quatre enfants qu'aura le couple.
La famille Giraudo déménagera à Saint-Georges à la fin des années 1960, alors que Benoit signale qu'il passera «une adolescence tranquille avec une implication dans les scouts.»
Après avoir complété son cours classique secondaire au Séminaire de Saint-Georges, où il y pratique aussi beaucoup de sports, Benoit obtiendra son diplôme en sciences humaines du cégep de l'endroit. Les années suivantes il «tâtonnera» les études, soit à l'ITA de La Pocatière, puis au cégep de Lévis-Lauzon, le tout entrecoupé de longues périodes comme simple employé à la boulangerie de son grand-père.
Finalement («Ça a été long», avoue-t-il), il obtient un certificat en administration de l'UQAR. Pendant 25 ans, il travaillera comme directeur des opérations, puis directeur des ressources humaines chez BCH Unique, une entreprise de Saint-Martin, connue aujourd'hui sous le nom d'Altrum. Il quittera pour poursuivre comme consultant dans le même domaine, pendant environ 10 ans, avant de prendre sa retraite.
Plus jeune, il s'est investi dans le mouvement scout à Saint-Georges, où il formera les bases de son réseau de connaissances et de contacts qui lui serviront plus tard dans la vie. Il est aussi dans le développement du tennis ainsi que du soccer régional.
Mais avec l'arrivée de la retraite, il s'est tourné vers le soutien «humanitaire» que procure la banque alimentaire Moisson Beauce, dont il a assuré la présidence de 2016 à 2022, et qui continue de s'impliquer comme leader de la Fondation de l'organisme.
En lien avec ce milieu, il a embarqué dans l'aventure de Cultiver pour partager, avec son ami Jean Champagne, un groupe qui vient d'ouvrir un centre maraîcher philanthropique dans l'ancienne église de Saint-Alfred.
On pourrait penser qu'il est tout-à-fait normal que le petit-fils d'un boulanger s'assure que tout un chacun, en particulier les plus démunis, puisse obtenir son pain quotidien...
Écoutez l'intégrale de l'entrevue balado avec Benoit Giraudo.
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