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La saga du B737 Max

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31 janvier 2021
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La saga du B737 Max

Tout le monde a entendu parler du Boeing 737 MAX, mais qu’en est-il exactement ?

Que vous le vouliez ou non, il est fort possible que lorsque la vie normale reprendra, vous preniez place à bord de cet avion lors de vos prochains voyages dans le Sud ou ailleurs en Amérique du Nord. Westjet, Sunwing et Air Canada possèdent tous des B737 MAX. Donc, il me semble important de clarifier certaines choses.

En effet, deux malheureux accidents, impliquant ce B737 MAX, ont eu lieu à moins de cinq mois d’intervalle, soit en octobre 2018 et mars 2019, tuant 346 personnes.

Exception faite de ces deux accidents, le B737 avait un dossier de sécurité très élevé. En fait, juste avant ces accidents, un B737 décollait de quelque part dans le monde à toutes les trois secondes …, ce qui fait près de 29,000 décollages par jour, soit 10 500 000 décollages par année. De plus, le B737 compte 14 modèles différents depuis ses tous débuts.

Les fabricants d’avion sont toujours à la recherche du meilleur avion possible, tant du côté de la consommation de carburant, du confort des passagers ou du faible niveau de bruit. Le marché est énorme puisqu’il y a très peu de gros fabricants d’avions de ligne, Boeing et Airbus se séparant le gros de ce marché très lucratif.

Boeing a voulu damer le pion à Airbus qui vend un avion très populaire (Airbus 318-319-320), concurrent direct du B737. Ce faisant, il a apporté d’importantes modifications à l’avion, spécialement aux moteurs, plus puissants, plus silencieux et surtout moins gourmands.
Cockpit du B737 MAX

Une problématique s’est posée rapidement aux ingénieurs de Boeing: la grosseur des moteurs ne permettait plus qu'on les place sous les ailes, mais plutôt en avant afin de respecter un minimum de garde au sol . Les photos qui suivent montrent bien la différence entre le B737 -800 et le B737 MAX.

B737-800

 
B737 MAX

On peut très bien y noter que les moteurs du  B737 MAX  sont bien plus avancés et plus hauts que sur le B737 régulier. Vous allez me dire: «Qu’est ce que ça change ???»

Ça change que les moteurs sont situés en avant du  centre de gravité de l’avion. Cela a un impact important sur la réaction de l’avion. Quand on applique plein pouvoir, l’avion va avoir tendance à piquer vers le haut, ce qui peut entraîner une diminution de la vitesse qui elle va entraîner un décrochage si rien n’est fait.

Les ingénieurs ont donc installé des sensors/sondes qui détectent cette situation et qui poussent sur le manche indépendamment des réactions du pilote afin de baisser le nez de l’avion pour qu’il reprenne de la vitesse et ainsi une attitude de vol normale. Ce bidule très complexe s’appelle le MCAS (Maneuvering Characteristics Augmentation System).

C’est là que les choses se compliquent
Pour favoriser les ventes du B737 MAX , Boeing vendait son avion en affirmant que l’appareil était comme les autres modèles et que les pilotes n’avaient pas à suivre une formation spéciale . Argument très sensible aux oreilles des dirigeants des compagnies aériennes qui comprennent rapidement qu’ils n’auront pas à payer pour des formations très dispendieuses pour leurs pilotes et en plus, ces derniers seront polyvalents sur tous les types de B737 que la compagnie possède. Boeing a tellement fait un bon travail de vente que les pilotes des lignes aériennes qui possédaient déjà des B737 ont commencé à voler sur le B737 MAX, comme si c’était un B737 normal. Le problème qui vient avec cela est que ces pilotes ignoraient l’existence même du  MCAS. 

Dans les deux accidents reliés au B737 MAX, le MCAS s’est mis en fonction et a fait piquer le nez de l’avion, les pilotes essayaient du mieux qu’ils le pouvaient pour redresser le nez, mais rien n’y faisait. Ces pilotes n’ont jamais su ce qu’ils leur arrivait. Dans les deux cas, les sondes ou sensors ont envoyé des informations fausses, c’est-à-dire que le nez de l’avion ne pointait pas exagérément vers le cie, ni sa vitesse trop basse. Une mauvaise lecture de ces sondes a déclenché le MCAS et la suite a tourné en tragédie. Les enquêtes des autorités aériennes ont confirmé ces points.

Plus de 400 appareils B737 Max sont sur le tarmac en attente mais le 18 novembre 2020 , la FAA a donné son accord pour les vols du B737 MAX à certaines conditions.

Voici les conditions pour remettre en vol les B737 MAX

1- Simulateur obligatoire pour tous les pilotes incluant la formation sur le MCAS 

 
Cela va entraîner un petit problème -) 15,000 pilotes devront passer au simulateur et il n’y en a pas assez présentement. L’entreprise CAE, établie à Montréal, très important fabricant de simulateurs a reçu des commandes pour 48 simulateurs de B737 MAX, il en a livré 37 en 2020 et il lui en reste encore 20 à produire.

2- Instauration d’une procédure de sécurité pour désactiver le système en cas de conflit avec les lectures des instruments.

3-  Modifications du système MCAS (trop grande proximité des câbles électriques qui auraient pu générer des interférences et ainsi fausser les données).

4- Présence de 3 sondes qui calculeront séparément les paramètres qui activent le système MCAS et en cas de conflit , aviseront les pilotes de cet état de fait.

Boeing a en main un carnet de commandes de 4,100 appareils B737 Max. Ce n’est pas rien.

Pour avoir discuté avec des pilotes de B737MAX lors d’un vol dans le Sud  à l’automne 2018, ces derniers avaient déjà reçu une formation approfondie de système MCAS et connaissaient les procédures pour annuler le système en cas d’urgence.

La saga du B737 MAX est une leçon non pas seulement pour Boeing mais bien pour toute entreprise qui veut faire passer le profit avant la sécurité.

Pour ma part, je ne ressens aucune crainte à voler de nouveau sur B737MAX. La technologie, la qualité des matériaux, la fiabilité des moteurs et la formation des pilotes sont des éléments à tenir compte lors de votre prochain embarquement sur le B737MAX.
 

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