Nous joindre
X
Rechercher
Publicité

Havre L'Éclaircie

Et si c’était de la violence? Les vacances de Mélanie

durée 07h00
16 août 2025
ici

commentaires

ici

likes

 

vues

imprimante
email
Par Havre l'Éclaircie

La violence conjugale peut se manifester de façon sournoise, ce qui fait en sorte qu’il est difficile pour les femmes de s’apercevoir qu’elles en sont victimes. Voici une histoire qui en témoigne.

Mélanie aurait aimé aller au Nouveau-Brunswick avec son conjoint et les enfants cette année. La première fois qu’elle en a parlé à Justin, il s’est montré fermé à l’idée. Il lui a reproché de toujours tout décider seule, ajoutant que lui aussi aimerait avoir son mot à dire. Malgré sa réticence, il a fini par lui promettre qu’ils iraient. Il a même regardé les motels et l’itinéraire avec elle. Mais au moment de réserver, Justin lui a annoncé qu’il avait déjà réservé au camping, comme à l’habitude. Selon lui, c’était suffisant. Les enfants s’amusent là-bas et aller au Nouveau-Brunswick était trop ambitieux.

Déçue, Mélanie lui a rappelé qu’il lui avait promis ce voyage et que les enfants avaient hâte. Justin a juré ne jamais avoir promis une telle chose, l’accusant d’avoir tout imaginé. Il a ajouté qu’elle aurait dû attendre avant d’en parler aux enfants et que s’ils étaient déçus, c’était entièrement de sa faute.

Mélanie se sent frustrée d’être perçue comme la “méchante” par les enfants, alors qu’elle n’a rien fait de mal. Elle exprime à Justin que, lorsqu’ils vont au camping, ce ne sont pas de vraies vacances pour elle : elle doit tout préparer, gérer les enfants 24/7, pendant que lui s’amuse avec ses amis et ne se soucie de rien. Justin lui répond qu’elle exagère toujours, qu’elle devrait arrêter de se plaindre et qu’elle est chanceuse qu’il paie ses vacances.

Les semaines passent et le départ approche. Mélanie passe la semaine à nettoyer et remplir la roulotte. Elle s’assure que tout est prêt : les vêtements des enfants, les repas, les accessoires pour la piscine, les effets de Justin… tout. Lorsqu’elle lui demande de vérifier la pression des pneus, Justin rit et lance : « Y’a rien à faire, les femmes sont jamais capables de rien. C’est toujours les hommes qui doivent tout faire. Une chance qu’on est là! »

C’est enfin le grand départ. Les enfants sont excités et ont hâte de jouer dans la piscine. Mélanie se demande si elle n’a rien oublié, car l’année précédente, Justin ne s’était pas gêné pour lui reprocher d’avoir oublié les doudous, en lui disant que seules les mauvaises mères oublient ce genre de choses.

À peine la roulotte installée, les amis de Justin arrivent et l’invitent à aller prendre une bière chez Simon. Mélanie le regarde, incertaine : elle lui avait demandé, pendant le trajet, s’ils pouvaient passer l’après-midi en famille. Justin répond à ses amis en riant : « Vous savez les gars, moi je suis un chien en laisse. Faut que je demande au chef! » Tout le monde éclate de rire. Il ajoute : « Bien non, c’t’une joke! Mélanie s’en fout, ça ne la dérange pas. » Puis, il lui donne un bisou et lui murmure : « T’inquiète, chérie, je pars juste 30 minutes. On aura notre moment en famille plus tard. » Le voilà parti, laissant Mélanie seule avec les enfants excités.

Finalement, Justin revient après le souper, accompagné de ses amis. Ils allument un feu. Mélanie, fâchée d’avoir passé l’après-midi seule à attendre Justin, à gérer les enfants et à préparer le souper, doit maintenant les laver. Malgré sa frustration, elle et les enfants vont rejoindre Justin et les autres autour du feu. 

L’ambiance est étonnamment agréable : les enfants mangent des guimauves, tout le monde semble de bonne humeur, et Justin semble enfin attentif à elle. Il propose même d’aller coucher les enfants, lui rapporte son drink préféré et s’excuse d’être arrivé aussi tard. Il lui promet que demain, sans faute, ils passeront l’après-midi à la piscine en famille. La conjointe de Simon lui dit : « En tout cas, t’es chanceuse d’avoir un chum aussi attentionné et impliqué avec les enfants. C’est pas donné à tout le monde! »

Mélanie sourit, incertaine. Elle se dit qu’au fond, c’est peut-être vrai. Il n’est pas toujours facile à vivre, mais, comme il lui répète souvent, elle non plus. Elle l’aime. Elle se dit que ça doit être comme ça dans tous les couples.

Mélanie est victime de violence conjugale, mais c’est difficile pour elle de l’identifier. Elle subit du contrôle coercitif de la part de Justin. Il utilise des stratégies subtiles comme le blâme, les décisions unilatérales, la critique, l’humiliation ou encore le gaslighting pour diminuer l’estime de soi de Mélanie et maintenir son emprise sur elle. Il recourt également à des gestes de réconciliation et d’affection pour la garder dans la relation.

Si tu vis des choses semblables à ce que Mélanie traverse et que tu as besoin d’y voir plus clair, n’hésite pas à nous contacter.

Visionnez tous les textes de Havre l'Éclaircie


Si tu te poses des questions sur ta relation et/ou sur les conséquences sur ton enfant suite à la lecture de ce texte, n’hésite pas à nous contacter. Nous sommes là pour t’aider à y voir plus clair.

☎ 418 227-1025  -  1 800 709-1025

https://havre-eclaircie.ca/

https://www.facebook.com/havreleclaircie/

https://www.instagram.com/havre_eclaircie/

RECOMMANDÉS POUR VOUS


Publié le 23 mars 2026

Rions un peu (10)

L’actualité ne nous offre pas souvent l’occasion de rire de ce temps-ci. Alors, plutôt que d’attendre après les évènements, pourquoi ne pas se taper quelques blagues recueillies ici et là.  Amusons-nous! Tu veux ou tu veux pas? Un petit garçon, François, admire son grand-frère et passe son temps à l’épier. Un soir, il voit son frère se ...

Publié le 22 mars 2026

Le ruisseau Jérôme dans l'ouest

LA SOCIÉTÉ HISTORIQUE SARTIGAN Quand j'étais jeune enfant, tout le monde disait le «Jerôme Brook». C'était le ruisseau Jérôme. On l'appela ainsi pour honorer la mémoire de M. Jérôme Rancourt, un notable qui a vécu il y a 150 ans et qui s'est beaucoup impliqué dans le développement de notre ville. En ...

Publié le 21 mars 2026

Femmes au travail : jamais au bon âge

Au travail, le vieillissement ne touche pas les femmes et les hommes de la même manière. Si l’expérience et les années sont souvent perçues comme un atout chez les hommes, elles peuvent devenir un facteur de remise en question pour les femmes. L’âgisme en emploi est profondément marqué par le genre.  Les recherches scientifiques le confirment : ...

app-store-badge google-play-badge