Pier Dutil
Un malade mental à la Maison Blanche
Par Pier Dutil
Loin de moi l’idée de jouer au psychologue à cinq sous, mais je crois qu’un simple observateur moyennement déluré de la scène politique américaine est en mesure de constater que tout ne tourne pas rond dans le ciboulot de l’actuel occupant de la Maison Blanche.
Quant à savoir si Donald Trump souffre de mégalomanie, de narcissisme ou d’autres maladies mentales, je laisse le soin aux spécialistes de choisir le ou les diagnostics.
Son nom partout
Au cours des derniers mois, Donald Trump s’est livré à des initiatives visant à attacher son nom à divers bâtiments ou utilités.
Il a congédié tous les membres du conseil d’administration (CA) du Kennedy Center à Washington pour s’autoproclamer président de ce même CA et d’y nommer de fidèles amis. Et l’une de ses premières décisions a consisté à ajouter son propre nom à l’édifice en question qui est ainsi devenu le «Trump Kennedy Center», rien de moins.
Dans une autre circonstance, il a lancé l’idée de donner son nom à des aéroports. Déjà, des démarches ont été entreprises pour que l’aéroport international de Palm Beach, en Floride, situé près de la résidence de Trump, Mar-a-Lago, soit nommé «Aéroport international Donald J. Trump.»
Et, il souhaite changer le nom de l’aéroport international Washington-Dulles, à proximité de Washington, pour y accoler également son nom.
Comme si tout cela n’était pas suffisant, voilà que l’ineffable Trump souhaite que la Réserve fédérale émette une nouvelle pièce de monnaie à son effigie pour souligner le 250e anniversaire de l’indépendance des États-Unis le 4 juillet prochain.
Donald Trump semble ne pas comprendre que ce n’est pas lui-même qui doit décider de donner son nom à des bâtiments ou à des utilités. Dans les démocraties, la toponymie est gérée par des autorités indépendantes qui décident d’honorer des personnalités en attribuant leurs noms à des bâtiments ou à des utilités diverses. Et cela se produit généralement suite au décès de la personne en question. Mais sommes-nous encore en démocratie aux USA?
Les tromperies de Trump
En déclenchant la guerre à l’Iran, poussé par le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou, Donald Trump a démontré une fois plus son manque d’équilibre mental.
Lors de sa campagne électorale de 2024, il se vantait d’être le seul Président de l’ère moderne à n’avoir déclenché aucune guerre et envoyé des soldats américains combattre dans des pays étrangers. Il avait même créé un slogan de campagne pour illustrer cet engagement : «America First» affirmant ainsi qu’il priorisait les intérêts internes des États-Unis.
Une fois élu, après quelques mois, il prétendait faussement avoir contribué à mettre fin à huit guerres un peu partout dans le monde, ce qui devrait lui permettre d’obtenir le Prix Nobel de la Paix.
En juin 2025, Trump a ordonné le bombardement de nombreuses infrastructures iraniennes devant servir à développer l’arme nucléaire. Il se réjouissait du succès de ces bombardements et proclamait qu’il avait ainsi détruit toutes les installations nucléaires iraniennes.
Pourtant, en relançant la guerre à l’Iran dernièrement, Donald Trump affirmait que le pays des ayatollahs était à quelques semaines près de disposer de l’armement nucléaire et de bombarder le territoire américain. Bien entendu, cela était faux et le reste de la planète savait qu’il en était ainsi.
Mais Trump ne semblait pas comprendre qu’en se livrant à un tel argument pour justifier sa guerre, il contredisait ses propos de juin dernier à savoir qu’il était parvenu à détruire tout l’arsenal nucléaire iranien.
D’ailleurs, cette guerre, il l’a déclarée illégalement puisque, pour déclencher une guerre, la constitution américaine exige que le Président obtienne préalablement l’accord du Congrès américain, ce qu’il n’a pas fait.
Il a lancé cette guerre sans avoir eu la moindre délicatesse de consulter ou de tout simplement aviser ses alliés. Mais, depuis son arrivée au pouvoir et ses attaques économiques et autres contre l’ensemble des pays de la planète, on peut se demander si les États-Unis ont encore des alliés.
Durée de cette guerre
Donald Trump s’est lui-même contredit dans une même phrase en déclarant après quelques jours de bombardements que la guerre était presque terminée, mais qu’elle pourrait durer quatre à cinq semaines. Pas plus tard que vendredi, Marco Rubio, le secrétaire d’état américain, déclarait que la guerre pourrait durer encore quatre à cinq semaines. Pourtant, en date d’aujourd’hui, on en est déjà au 31e jour.
Et Trump ne cesse de servir à l’Iran des menaces qu’il ne respecte pas, se ridiculisant aux yeux du monde entier.
On peut se réjouir que les bombardements américains et israéliens soient parvenus à décapiter le régime des mollahs, mais il ne faudrait pas croire pour autant que cela signifie la fin de ce régime théocratique.
Face à la résistance imprévue de l’armée iranienne et au blocus du détroit d’Ormuz empêchant la circulation de près de 20 % du pétrole mondial, voilà Donald Trump qui réclame l’aide de ses alliés, les mêmes alliés qu’il a ignorés avant le déclenchement de cette guerre.
Suite au refus de nombreux pays d’intervenir avant un cessez-le-feu, Trump, déçu, affirme subitement qu’il n’a besoin de personne. Encore là, Trump dit une chose et son contraire.
Maintenant il s’apprête à envoyer des milliers de soldats sur place, contrairement à toutes ses affirmations précédentes.
Cela lui arrive de plus en plus souvent. Dernièrement, lors d’une conférence de presse qui devait porter sur la guerre en Iran, le Président américain s’est livré à des propos confus, changeant de sujets, divaguant sur la couleur des rideaux de la Maison Blanche, se vantant même d’être celui qui en avait choisi la couleur.
Si j’étais un citoyen américain, je ne suis pas certain que je serais rassuré de savoir que mon Président, qui a créé le chaos dans le monde entier avec ses tarifs douaniers et qui est présentement embourbé dans un conflit dont personne ne voit l’issue, décide de consacrer une partie de son précieux temps pour choisir la couleur des rideaux de la Maison Blanche.
La même Maison d’ailleurs, dont il a fait démolir une section pour y aménager «la plus grande salle de bal au monde» selon ses dires. Donald Trump semble oublier qu’il n’est pas le propriétaire de la Maison Blanche; il n’en est que le locataire.
Je pourrais en ajouter à la liste des comportements inquiétants de Donald Trump, mais je crois que ceux mentionnés dans cette chronique suffisent amplement à prouver que l’actuel président américain souffre d’un déséquilibre mental inquiétant pour l’ensemble de la planète.
J’ose espérer que les quelques millions de citoyens américains qui se sont retrouvés dans les rues de nombreuses villes américaines samedi sauront faire preuve d’une certaine clairvoyance pour servir à Donald Trump une importante correction lors des prochaines élections de mi-mandat le 3 novembre prochain.
Courage
Il ne reste que 1 027 jours au mandat de Donald Trump.
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Pensée de la semaine
Je dédie la pensée de la semaine aux citoyens américains :

