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La Société Historique Sartigan

La drave à Saint-Georges au siècle dernier

durée 08h00
7 juin 2026
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Par Pierre Morin

LA SOCIÉTÉ HISTORIQUE SARTIGAN

La drave, c'était autrefois le transport du bois par flottage sur les rivières jusqu'aux scieries. Tous en ont entendu parler mais bien peu l'ont vu de leurs yeux. Ce n'est pas une légende, de nombreuses et superbes photos de la première moitié du siècle dernier témoignent de l'époque où les draveurs étaient à l'oeuvre ici même à Saint-Georges. Ce fut surtout la compagnie Breakey qui utilisa pendant longtemps la drave comme moyen de transport de leur bois jusqu'à leur moulin de Breakeyville. La drave débutait dès que les glaces étaient parties, vers le début d'avril, au moment où les eaux étaient gonflées, entraînant les billots. Le bois partait d'un peu partout le long de la rivière, d'aussi loin que Saint-Martin et Saint-Côme. 

On reconnait aisément notre ville sur les quatre photos. La première a été prise au début des années '40 en plein centre-ville. L'ile qu'on y aperçoit a été enlevée en 1966 pour créer l'avenue Chaudière et le quai Pinon (aujourd'hui la Promenade Redmond). On y reconnait à droite le Grand Hôtel à l'époque où il se trouvait tout juste en bordure de la rivière. Plus loin l'Hôtel Morency (aujourd'hui la Société Microbrasserie). Et les draveurs dans la rivière, cherchant à décoincer les billots. La 2e photo, superbe, est plus ancienne, vers 1920. Elle fut prise à partir de la rive ouest en direction de l'ancien pont de fer qui fut démoli en 1929. La 3e photo, captée à peu près à partir du site de l'ancien ciné-parc, nous montre l'écoulement du bois dans le secteur qui s'appelait alors le «village Morency», dont on voit les maisons à droite. C'est aujourd'hui le secteur de l'usine de filtration sur la 1re avenue en direction de Jersey-Mills. Et la dernière photo, plus ancienne, a été prise à peu près dans le même coin, encore avec une vue plus élargie du village Morency dont on voit les maisons et même, à l'extrême gauche, un moulin qui était peut-être celui de Napoléon Gilbert qui fut érigé en 1908.

Examinez attentivement les trois premières photos, on voit des draveurs manipulant de longues perches, qu'on appelait des gaffes, pour dégager et déplacer les billots échoués ou coincés. Ces outils étaient d'une longueur de 10 à 14 pieds et étaient équipés d'un crochet à leur extrémité.

Selon le professeur Robert Bolduc, qui a écrit sur le sujet, pour les draveurs, la journée commençait très tôt, vers 4h30 du matin, après le déjeuner. À 10h a.m. et à 2h p.m., ils prenaient un lunch. Ils soupaient vers 7h le soir, après avoir terminé leur journée de travail. Pour les deux lunchs, les «cookies» leur apportaient à manger le long de la rivière dans des contenants en fer-blanc, ce qui est probablement le cas sur la 4e photo, car on constate que tous les draveurs sont sur la rive et ont dans la main un plat en métal contenant leur nourriture. C'était un travail exténuant, en plus qu'ils étaient mouillés pratiquement à longueur de journée. Pour ce rude métier, les salaires étaient de 0,75$ (75 cents) par jour en 1910 et de 3$ en 1940. 

La drave a débuté vers 1846-47 et s'est développée graduellement pour atteindre son paroxysme vers les années 1915-1940. Mais ce mode de transport entrainait des pertes importantes pour les entreprises, car beaucoup de billots étaient perdus, échoués, volés ou plusieurs n'étaient pas interceptés aux moulins concernés, surtout en cas de grosses pluies. De plus, le flottage intensif sur la rivière occasionnait des dommages à l'environnement, en plus d'entraver régulièrement l'écoulement des eaux, provoquant des inondations catastrophiques, particulièrement dans la région de Ste-Marie en 1917 et 1922, ce qui entraina des dommages considérables et même des pertes de vie. Parallèlement à ces inconvénients majeurs, le transport par train et par camion s'est progressivement développé et a entrainé le disparition graduelle de la drave. Cette activité sur notre rivière est à peu près disparue vers 1947, 100 ans après son apparition.

Photos 1 et 3 du fonds Claude Loubier. Photos 2 et 4 du fonds du Musée Méchatigan. Texte et recherches de Pierre Morin.

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Fondée en 1992, la Société Historique Sartigan est un organisme à but non-lucratif, financé par les dons, dont la mission est la protection, l'interprétation, la valorisation et la diffusion du patrimoine de Saint-Georges et de ses environs.

 


Centre culturel Marie-Fitzbach (4e étage)
250,18e Rue, CP 6
St-Georges (Qc) G5Y 4S9

418 227-6176
www.shsartigan.com  -  shsartigan@hotmail.com

facebook.com/shsartigan

 

 

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