Publicité
LaPlaza - Centre d'achats en ligne
18 octobre 2009 - 10:21

Lewis Pagé lègue l’une de ses œuvres cubiques à Saint-Martin

La famille de l’artiste natif de Saint-Martin, Lewis Pagé, a procédé à ses dernières volontés en léguant l’une de ses nombreuses œuvres marquantes à la municipalité. L’inauguration officielle de ce magnifique cube en aluminium a eu lieu hier après-midi au Centre municipal devant près d’une quarantaine d’invités.

À la fin de sa vie, Lewis parlait abondamment de ses années d’adolescence passées à Saint-Martin. C’est pourquoi dans un ultime geste de partage, il a légué son œuvre Introspection en souvenir de ses années vécues dans sa localité. Après avoir consacré 45 années de sa vie à la sculpture, l’artiste né en 1931 est décédé le 23 février 2007.

Le frère de Lewis, François Pagé, exécuteur testamentaire, a parlé au nom de son frère. « À la fin de ses jours, j’ai passé beaucoup de temps avec mon frère. Il savait qu’il lui restait que quelques semaines. Il me parlait avec fierté de sa vie d’artiste. Il me disait : je l’ai réussi. Quarante-cinq ans de sculpture passionné, et j’ai de beaux souvenirs. Il est resté très serein. Le Québec a choisi sa pièce pour représenter le pavillon du Québec à Osaka. C’était un bon départ pour le sculpteur. Il a été choisi pour une pièce à Sillery. Le plus souvent, il me parlait de Saint-Martin », ajoute François.

La fille unique de M. Pagé, Anne-Marie, était bien heureuse de voir les volontés de son père finalement exaucées.  « C’est un vœu que mon père avait tellement souhaité. Il en a parlé beaucoup de léguer des œuvres qui étaient importantes pour lui », partage cette dernière.

Pour le maire sortant, Jean-Marc Paquet, ce legs représente énormément pour la municipalité. « C’est important, il nous l’a légué puisqu’il a conservé un sentiment d’appartenance à sa municipalité d’enfance. C’est une belle œuvre d’art. C’est une fierté de voir un artiste de chez nous léguer une de ses œuvres », commente M. Paquet.

En plus de Saint-Martin, l’artiste a laissé sa trace aux deux autres endroits tels Québec où il a passé la majeure partie de sa vie. Il a aussi donné beaucoup à la localité de Saint-Jacques-de-Leeds où il a résidé les cinq dernières années de sa vie. « Il a produit un aigle pour cette municipalité pour le remercier de son accueil. Il a été très bien reçu, et c’était l’endroit d’origine de notre mère. Il a fait une œuvre : Les demoiselles du rang 12, trois chevreuils de 12 pieds de haut, se trouvent dans un parc », raconte François.

Saint-Georges possède aussi des œuvres de cet artiste. L’une d’elles en aluminium se trouve devant le poste de police alors qu’une autre se trouve au columbarium.

Bref, tout au long de sa vie d’artiste, Lewis Pagé avait une vision bien arrêtée pour décrire son art. « Il conjugue le figuratif, tantôt il s’en approche, tantôt il le modifie, au besoin il l’invente dans son désir de chanter le Québec, lui dire je t’aime », a indiqué François en citant son frère Lewis.

Une carrière bien remplie
Habile de ses mains Lewis s’est intéressé dès son jeune âge à la sculpture., ses huit frères et sœurs demandaient souvent à celui-ci de sculpter le bois, et ce, dès l’âge de 5 ans. « Son loisir préféré était de répondre à nos demandes d’enfant. On lui demandait de « gosser » un petit chien, un bateau… tout de suite il sortait son canif de sa poche. Puis, il le réalisait », indique ce dernier.

La vie d’artiste de Lewis a aussi été inspirée par son père, Paul-Émile Pagé, inspecteur d’école. Ce dernier fabriquait des chaloupes dans son atelier du sous-sol. Autoritaire dans son rôle d’inspecteur, dans son atelier son père devenait plus patient et très gentil, bref plus beau aux yeux de Lewis.
Francois souligne les années enrichissantes qu’a passées son frère ici en Beauce, où il a développé une forte amitié avec Iréné Drouin reconnu pour son génie et sa créativité.

Artiste prolifique, Pagé a produit d’innombrables œuvres en bois. Il a délaissé cette matière pour travailler le fer fondu et soudé. Sa première exposition en 1962 regroupait que des œuvres en métal. Puis, il a appris à tailler le granit à Saint-Sébastien.

Quelques années plus tard, il a voulu s’exprimer avec le bronze alors que les fonderies d’art sont inexistantes au Québec. Il réussit à monter sa fonderie d’art privée à Québec en 1968 après un stage en Ontario. Pour approfondir ses connaissances, il a eu l’occasion d’apprendre d’un des meilleurs fondeurs au monde lors d’un séjour à Genève en 1974. Il a appris la méthode européenne de couler le bronze.

Puis, dans les années 1980, il a expérimenté les pièces en l’aluminium. « Il a pris une affection particulière d’avoir travaillé l’aluminium puisque le Québec est la capitale mondiale de l’aluminium », commente le frère de Lewis.

De plus, il a développé une nouvelle façon de présenter ses œuvres. Il appelle sa méthode le cube en arrêt qu’il pouvait présenter sur ses six faces comme cette œuvre léguée à Saint-Martin. « L’Instrospection fait partie de plus de 70 œuvres qui sont des cubes. L’un d’eux se trouve au rond-point du Mesnil à Québec de 7,5 mètres placé sur une pièce de granit », raconte François.

« Son rêve de sculpter est né ici sur le bord de la rivière Chaudière et cela depuis sa tendre enfance. Pour nous, c’était hier », raconte François remerciant les gens présent à cette inauguration.

Au cours de sa carrière, les matériaux qu’il a utilisés, le granit, le bronze et l’aluminium, sont ceux qui subissent avec le plus de sérénité l’ouvrage des années. Une façon de faire perdurer son art encore de nombreuses années.


 

Vous avez un scoop
Vous connaissez des artistes émergents ou établis de la Beauce qui sont inspirants ou qui ont une carrière artistique hors du commun ? Vous faites partie d'un groupe de musique, êtes musicien ou chanteur, et vous avez particulièrement bien performé à un concours de talent dernièrement ? Contactez-nous par courriel à l’adresse communiques@enbeauce.com afin d’en discuter avec l’un de nos journalistes. Au plaisir de vous lire !

Publicité

Commentez cet article

Un ou plusieurs champs sont manquants ou invalides:





EnBeauce.com se réserve le droit de ne pas publier ou de retirer les propos diffamatoires, obscènes, ainsi que les commentaires discriminatoires, tout comme ceux incitant à la haine ou la violence. De plus, l'écriture phonétique et les messages écrits en lettres majuscules ne seront pas acceptés.

Vous souhaitez commenter cet article ? Faites-le de façon intelligente. Quoique certains internautes se croient à l’abri en publiant des commentaires et en nous donnant de faux courriels, il est très facile de les retracer. En cas de plainte pour diffamation ou menaces, EnBeauce.com collaborera avec les autorités en leur remettant les informations desdites personnes.