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Chaudière-Appalaches

Près du tiers des professionnels en éducation songent à quitter leur emploi

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21 avril 2021
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Sylvio Morin
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Par Sylvio Morin, Chef des nouvelles

Les conditions de travail des professionnelles et professionnels de l’éducation œuvrant dans les écoles de la région de Chaudière-Appalaches ne sont pas plus faciles qu’ailleurs au Québec alors que 29 % d’entre eux songent à quitter leur emploi.

C'est ce qui ressort d’une enquête menée par la Fédération des professionnelles et professionnels de l’éducation du Québec (FPPE-CSQ) et le Syndicat du personnel professionnel de l’éducation de Chaudière-Appalaches (SPPÉCA-CSQ) auprès de leurs membres à l’emploi des centres de services scolaires de la région.

Les résultats ont été dévoilés ce matin lors d'une conférence de presse du président de la FPPE-CSQ, Jacques Landry, et du président du SPPÉCA-CSQ, Jean-François Jomphe, qui estiment que la situation est « très préoccupante. » Parmi celles et ceux qui songent à quitter leur emploi pour une autre raison que la retraite, 63 % souhaiteraient occuper un emploi similaire dans le secteur privé, alors que 37 % préféreraient un emploi différent dans le secteur public.

Jean-François Jomphe ajoute que la grande majorité des membres interrogés déplorent de ne pas pouvoir intervenir auprès de tous les élèves ayant des besoins, ni même agir dans un contexte de prévention. Cette catégorie de travailleurs fait partie du personnel dans les secteurs administratif, pédagogique et dans les services directs aux élèves (entre autres, psychologues, psychoéducatrices et psychoéducateurs, orthophonistes, conseillères et conseillers d'orientation, orthopédagogues, etc.).

Ainsi, le sondage indique que 79 % des répondantes et répondants soutiennent que seuls les élèves qui présentent les problèmes les plus urgents ont accès aux services. Autres données : 69 % disent ne pas avoir le temps de faire d’interventions préventives et 72 % reconnaissent qu’il leur est impossible de faire le nombre de suivis qu’ils jugent requis.

Toujours selon l'enquête, pour ce qui est de la surcharge de travail, 55 % des répondantes et répondants l’attribuent au fait qu’il y a un manque de ressources professionnelles, alors que 64 % précisent que c’est particulièrement le cas dans leur propre corps d’emploi.

Autre point : les personnes interrogées sont d’avis que le manque de ressources professionnelles est causé par le non-remplacement des personnes absentes (64 % des répondantes et répondants), l’incapacité à combler les postes (61 % des répondantes et répondants) et la difficulté à retenir les professionnelles et professionnels en poste (59 % des répondantes et répondants). Finalement, les personnes consultées déplorent des problèmes d’organisation du travail causés par des conflits de rôles ou des frontières de fonctions floues (selon 57 % des répondantes et répondants), par un temps trop important consacré à des tâches administratives (selon 43 % des répondantes et répondants) ou par des outils de travail et des locaux inadéquats (selon 42 % des répondantes et répondants).

Pour sa part, le président de la FPPE-CSQ soutient que la situation difficile vécue dans la région de Chaudière-Appalaches est semblable à celle vécue par le personnel professionnel partout à travers le Québec. « Notre sondage, qui a reçu plus de 3 000 réponses, indique qu’un pourcentage élevé de nos membres songe à quitter son emploi, pourcentage qui varie entre 23,5 % et 51,2 % selon les corps d’emploi. Les raisons invoquées, par ordre d’importance, sont la lourdeur du travail (63 %), le manque de reconnaissance (49 %) et le salaire (41 %). C’est dire à quel point la situation est sérieuse », de commenter Jacques Landry.

En Chaudière-Appalaches, ce sont 170 des quelque 800 membres à temps plein et à statut précaire qui ont répondu au sondage.

En terminant, Jacques Landry presse le gouvernement du Québec de profiter de la négociation en cours pour discuter sérieusement avec les porte-parole de la FPPE-CSQ afin d’identifier des mesures concrètes, notamment pour régler les problèmes urgents de manque de ressources professionnelles. « Actuellement, les discussions, aux tables de négociation, piétinent. Le gouvernement ne propose rien de concret pour améliorer la situation actuelle, qui ne cesse de se détériorer », conclut le président de la FPPE-CSQ.

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