Modification au règlement de lotissement
Saint-Simon-les-Mines ouvre la voie à des projets résidentiels dans le secteur Cumberland
Malgré une demande de « suspendre indéfiniment » son adoption, les élus municipaux de Saint-Simon-les-Mines sont allés de l'avant, mardi soir, avec une modification au règlement de lotissement, qui ouvre la voie à du développement résidentiel dans les zones F-2 et F-3 du secteur Cumberland.
Dans les faits, la mesure permettra aux propriétaires des lots situés dans ces deux zones blanches, de construire des rues pour des projets domiciliaires, s'ils le désirent.
« Pour la santé (financière) de la municipalité dans le futur, c'est sûr que ça prend plus de maisons, qui demandent pas d'investissements à la municipalité. Ça, c'est le plus gros point », a expliqué le maire André Lapointe, lors de la consultation publique qui s'est tenue tout juste avant la séance du conseil, et portant sur la projet de règlement 311-2024. L'élu a fait cette intervention, assis dans la salle avec les citoyens, à titre de promoteur d'un éventuel projet de construction.
En effet, il possède un terrain de 360 acres (route Cumberland/Rang Chaussegros) dans le secteur visé par la modification, qu'il voudrait bien convertir en quartier résidentiel, afin de générer des recettes fiscales plus importantes pour le village. Il a rappelé que sa municipalité avait adopté un règlement stipulant que tout promoteur immobilier devait livrer, pour un projet de construction, des rues conformes aux normes et entièrement asphaltées, « ce qui coûte zéro à la municipalité. » Il estime que la localité sort gagnante dans cette approche car « il y a un chemin d'asphalte qui est amenée là, il y aurait une belle rue, il y aurait un développement. »
Comme promoteur « qui doit faire des sous », André Lapointe a signalé qu'il avait besoin de la modification au règlement, avant de s'engager dans une évaluation de rentabilité de projet domiciliaire. « Je suis le maire [...] Ça peut peut-être sembler bizarre pour certaines personnes (d'être maire et promoteur en même temps), mais c'est ça [...] Souvent les maires sont des entrepreneurs et des promoteurs », de justifier l'homme d'affaires.
Limiter l'étalement urbain
La veille du vote, l'Association pour la protection des milieux humides de la Cumberland (APMHC) avait déposé une requête au bureau municipal, demandant aux élus du conseil de « suspendre indéfiniment » l'adoption du règlement.
« Il est essentiel, afin d'assurer la pérennité des ressources naturelles, de concentrer le développement à l'intérieur des pôles urbains existants en limitant l'étalement urbain, voire l'éparpillement urbain », a indiqué le porte-parole de l'organisme, Denis Bolduc, lors de la lecture de la requête, mardi, durant la séance de consultation publique.
Le groupe se questionne « s'il est approprié et raisonnable pour une municipalité de 600 âmes d'avoir à composer avec trois secteurs résidentiels » alors que l'organisme possède des terrains limitrophes aux lots des rangs Chaussegros et Cumberland, qu'il cherche à conserver dans leur état sauvage.
Il faut également rappeler que l'association est à couteaux tirés avec l'administration de Saint-Simon-les-Mines, depuis que cette dernière a procédé, ce printemps, à une coupe forestière partielle sur un terrain à haute valeur écologique, cédé à la municipalité par le gouvernement du Québec, «à des fins de parc municipal-espace vert» (Voir la section À lire également). Pour l'instant, les travaux de coupe ont été suspendus, sur ordonnance d'Environnement Canada, et la municipalité tiendra une consultation publique cet automne sur la vocation à donner au site.
Services d'eau et d'égout
À l'heure actuelle, la municipalité est un peu coincée dans le principe de l'oeuf et de la poule pour assurer son développement.
D'une part, le conseil actuel voudrait bien doter le centre du village d'un système d'aqueduc et d'égout, un projet qui cogite depuis sept ans, afin d'attirer des promoteurs immobiliers. Mais, le petit nombre de contribuables, face aux coûts astronomiques des installations (même avec un soutien gouvernemental), agit comme un frein sur le projet. On ne veut pas répéter le scénario de Saint-Alfred.
Finalement, lors de la séance du conseil, le règlement 311-2024 a été adopté à l'unanimité, sur proposition de la conseillère Kathy Campeau et l'appui de son collègue Jean-Yves Busque.
« Mais ça veut pas dire qu'il va y avoir des projets », a aussitôt déclaré le maire Lapointe, comme pour atténuer les crainte des citoyens.
À la période des questions, il a tendu une branche d'olivier aux représentants de l'APMHC en leur proposant d'organiser une rencontre « dans la formule que vous voudrez » afin d'avoir une large discussion sur les enjeux de ce dossier. « On est ouvert à l'idée, on vous revient là-dessus », a indiqué Denis Bolduc.
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