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L'enjeu de la surpopulation féline

Qui est responsable des chats errants ?

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4 avril 2026
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Sylvio Morin
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Par Sylvio Morin, Chef des nouvelles

Il y aurait près d’un million de chats errants au Québec, vivant dans la misère et exposés à la faim, aux maladies, aux blessures et aux dangers de la rue.

Cette surpopulation féline constitue un problème social en constante augmentation, «qui exerce, tant sur le plan financier qu’émotionnel, une pression énorme sur les refuges, les organismes de sauvetage, et les bénévoles» du milieu, peut-on lire dans le texte d'une pétition qui circule à l'Assemblée nationale, et réclamant des mesures pour mettre fin à cette surpopulation.

La situation est telle que se tenait aujourd'hui une marche de mobilisation dans plusieurs villes de la province. L'opération avait notamment pour but de sensibiliser le public à la réalité des chats errants, éduquer sur les soins et la responsabilité envers les animaux de compagnie, et obtenir le soutien financier et réglementaire des villes pour la stérilisation.

Il faut comprendre que la gestion animalière est de juridiction municipale. C'est la ville qui doit assurer, par elle-même ou par délégation de contrat, l'application des règlements en la matière. 

Pour Saint-Georges, c'est l'entreprise Passeport Animal qui est le mandataire exclusif responsable du contrôle animalier sur son territoire, incluant l’application de la réglementation municipale. C’est également cet organisme qui assure le traitement des plaintes et des signalements en matière de gestion animalière.

Ce traitement des signalements par l'entreprise a été remis en question par Nancy Drouin, à la période de questions des citoyens, lors de la séance du conseil municipal de Ville Saint-Georges du 9 février dernier. 

La dame a relaté que la plupart du temps, lorsqu'un appel est logé chez Passeport Animal, pour signaler un ou des chats errants afin qu'ils soient pris en charge, la première question posée est: «Les nourrissez-vous?» Si l’appelant (ou appelante) répond par l'affirmative, on lui signalerait alors qu'il est responsable des chats, et qu’un montant de 300 $ lui sera facturé par animal récupéré. Dans la quasi-majorité des cas, indique Mme Drouin, la personne met fin à l'appel pour ne pas se retrouver à payer ces frais et, par compassion, continue à soigner ces chats «communautaires.». Ce qui, soit dit-en passant, est interdit par la loi.

Lors d'un entretien récent avec EnBeauce.com, Nancy Drouin a fait savoir que plusieurs cas similaires ont été signalés, où la même question est posée d’emblée, ce qui semble détourner la responsabilité dès le premier contact. «Cette façon de faire contribue à laisser des animaux sur place et favoriser ainsi la surpopulation des chats errants», a partagé la dame qui possède trois animaux de compagnie.

Elle soutient que, dans certains cas, la prise en charge est même refusée catégoriquement, ce qui amène les citoyens «à se tourner vers nous» — le nous étant Mme Drouin et quelques autres résidentes de Saint-Georges engagées dans le bien-être des félins — pour obtenir de l’aide. «J’ai moi-même contacté la SPA de Lévis ainsi que la SPA de Thetford, et il m’a été mentionné qu’il n’est pas rare qu’elles reçoivent des appels de citoyens de la Beauce, notamment Saint-Georges, confrontés à ce type de situation, malgré l’existence d’un contrat de gestion animalière pour les chats avec Passeport Animal», a confié l'interlocutrice durant l'entretien.

Se responsabiliser

Jointe par EnBeauce.com, la directrice générale de Passeport Animal, Andréanne Drouin, a catégoriquement nié la procédure de réception des appels décrite par la citoyenne de Saint-Georges.

«Ce n'est pas ça du tout. Cependant, ce que l'on dit rapidement lors de l'appel, c'est que les règlements interdisent de nourrir un animal errant. On fait un gros travail de sensibilisation pour faire comprendre qu'en prendre soin (de l'animal errant), ça ne fait qu'empirer la situation», a fait savoir la dirigeante, dont le service spécialisé accompagne plus d'une soixantaine de municipalités dans l’application de leurs réglementations locales en matière d’animaux domestiques.

Elle a expliqué que son entreprise dispose d'un délai de 24 heures ouvrables pour se rendre à l'endroit où la présence des chats errants a été signalée. La méthode pour les capturer consiste à installer des cages contenant des appâts de nourriture. «Les chances de les attraper sont presque nulles si les résidents dans les environs des cages continuent de leur donner de la bouffe!», rappelle la directrice générale. «Il faut que les gens se responsabilisent

Par ailleurs, elle a dit bien connaître «le petit réseau des mêmes personnes» dont fait partie Nancy Drouin, et qui n'auraient pas en haute estime le travail effectué par Passeport Animal. Nonobstant cette «appréciation», elle évalue que son service s'acquitte extrêmement bien de cette partie du contrat puisque de 60 à 80 chats errants sont capturés chaque mois sur le territoire de Saint-Georges.

En tout cas, la Ville de Saint-Georges semble être satisfaite car, dans un communiqué émis le 13 février sur le contrôle animalier félin, l'administration Bougie a signalé qu'«au cours des dernières semaines, Passeport Animal est intervenu dans diverses situations et poursuivra ses interventions, lorsque requis, conformément à son mandat

La stérilisation

La principale méthode pour enrayer la surpopulation féline consiste à faire stériliser les animaux. Mais à ce sujet, il y a une absence d’encadrement uniforme à l’échelle du Québec.

À Saint-Georges, c'est obligatoire. Les propriétaires de chats doivent d'ailleurs présenter une preuve de stérilisation lors du renouvellement de la licence de l’animal.

«Le problème, c'est que c'est fait en clinique vétérinaire privée, donc, avec des coûts importants. Aucun programme de stérilisation à moindre coût n’est proposé aux citoyens et aucune sensibilisation à l’importance de la stérilisation n’est réellement déployée pour freiner la situation et faire de l'éducation», a fait savoir de son côté la directrice générale bénévole de la Société de protection des animaux (SPA) Beauce-Etchemin, Brigitte Hamel.

Elle a entrepris des démarches auprès de représentants municipaux pour proposer des pistes de solutions préventives, notamment la création d'un centre régional de stérilisation.

Cela va dans le sens de la pétition provinciale pour mettre fin à la surpopulation féline qui réclame:

— de rendre obligatoire la stérilisation des chats ayant un propriétaire, à coûts réduits, dans un cadre réglementé à l’échelle du Québec;
— d’assurer la stérilisation gratuite de tous les chats errants sur l’ensemble du territoire québécois;
— d’accorder un soutien financier du gouvernement provincial aux municipalités afin d’appuyer leurs programmes de stérilisation;
— de rendre obligatoire l’identification des chats ayant un propriétaire par micropuce;
— de mettre en place une campagne provinciale de sensibilisation et de conscientisation citoyenne sur la surpopulation féline et l’adoption responsable.

«Si on veut éviter les souffrances inutiles des animaux, on doit travailler en amont, faire de l'éducation. Faire comprendre aussi qu'abandonner une bête est un geste totalement irresponsable», de s'indigner Mme Hamel, qui a pris part au projet pilote de Saint-Gédéon dont il est question ci-bas

L'approche de Saint-Gédéon

Depuis février 2024, la Municipalité de Saint-Gédéon-de-Beauce a amorcé un projet pilote en gestion animalière afin d’offrir localement un service mieux adapté aux besoins de la communauté et des animaux.

Ce projet a d’abord pris forme grâce à un accompagnement en mentorat assuré par Brigit Hamel, puis s’est enrichi de la collaboration de la Société protectrice des animaux Beauce-Etchemin (SPABE).

L’implication de la SPABE a permis d’appuyer la municipalité dans sa démarche de contrôle et de stérilisation des chats errants, en ouvrant la possibilité pour les citoyens de la Beauce de faire stériliser leur chat à faible coût. Ce partenariat a aussi permis à la municipalité de Saint-Gédéon-de-Beauce de bénéficier de services concrets pour les chats errants, notamment:

- 36 stérilisations soutenues par la SPABE;
- le passage de la clinique de Stérilisation mobile du Québec, soutenu par la SPABE;
- 26 prises en charge temporaires en attendant une place d’adoption auprès de l’Association des Chats Sans Abri (ACSA), qui collabore également au projet.

À ce jour, c’est un total de 82 chats pris en charge par la Municipalité depuis le début du projet, dont 78 errants et quatre abandons.

Le soutien de la SPABE est estimé à plus de 10 000 $, incluant le don d’équipement (cages de transport, condo de quarantaine, trousses de soins, formation, etc.) et les services vétérinaires rendus.

Du côté municipal, les revenus générés par la gestion animalière – principalement issus des médailles pour chats et chiens ainsi que des adoptions locales – s’élèvent à 7 941 $, alors que les dépenses totales atteignent 13 947 $. À titre comparatif, la municipalité estime qu’un contrat avec une entreprise externe aurait représenté un coût annuel d’environ 9 000 $, en plus d’impliquer la cession des revenus de médailles et la poursuite de la gestion des chats errants sur le territoire. qui ne sont pas systématiquement prises en charge par les ressources externes.

Dans son rapport rendu public, la directrice générale de Saint-Gédéon, Érika Ouellet estime que «le succès de ce projet repose en grande partie sur l’implication active de la municipalité en étroite collaboration avec un comité bénévole dévoué, composé de citoyens engagés qui consacrent temps et expertise pour soutenir la municipalité. Ce comité joue un rôle clé dans la réflexion stratégique, la sensibilisation de la population, la mise en œuvre des actions concrètes pour le bien-être animal et la gestion du processus d’adoption.»

Elle ajoute que les résultats du projet témoignent d’un engagement collectif fort envers le bien-être des animaux et la cohabitation harmonieuse entre citoyens et animaux sur le territoire. «Selon les orientations qui seront discutées au sein du conseil municipal, la municipalité évaluera la possibilité de maintenir et d’adapter ce modèle de gestion animalière au cours des prochaines années

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